En tant qu’animal nocturne, je traîne dans les salles lyonnaises depuis des années bouchons dans les oreilles, souvent à la recherche de la future pépite du coin. Du bar où on tient à trente collés-serrés jusqu’à l’arena de 16 000 places, chaque lieu a sa jauge, son son, sa lumière et sa façon de vivre un concert. Voici ma carte des salles où le Rock, le Metal et tout ce qui gravite autour se jouent à Lyon, avec les chiffres utiles et surtout ce que j’en pense.
Les salles en un coup d’œil
| Salle | Où | Jauge | Couleur musicale |
|---|---|---|---|
| Rock’n’Eat | Lyon 9e | 300 (2 salles) | Metal, Rock |
| Trokson | Lyon 1er | env. 30 | Psyché, Garage |
| Kraspek Myzik | Lyon 1er | 70 à 80 | Post-Punk, Indie Rock |
| La Pente | Lyon 1er | 50 à 60 | Éclectique |
| Toï Toï Le Zinc | Villeurbanne | NC | Jazz Rock, Punk, Stoner |
| La Boulangerie du Prado | Lyon 7e | env. 40 | De la Folk au Metal |
| Bar des Capucins | Lyon 1er | NC | Garage Punk |
| Le Groom | Lyon 1er | NC | Indie Rock |
| Warm Audio | Décines-Charpieu | 250 à 300 | Pépites à découvrir |
| Le Périscope | Lyon 2e | env. 190 | Jazz Fusion, Prog |
| Marché Gare | Lyon 2e | 400 | Rock, Metal, Jazz |
| Ô Totem Live | Rillieux-la-Pape | 400 debout | Metal, Rock |
| Jack Jack | Bron | NC | Rock, Metal |
| L’Épicerie Moderne | Feyzin | jusqu’à 750 | Psyché, éclectique |
| La Rayonne | Villeurbanne | 1 000 debout + mezzanine | Rock, Metal, Eclectique |
| Le Transbordeur | Villeurbanne | 1 800 + Club 600 | Têtes d’affiche |
| Radiant-Bellevue | Caluire-et-Cuire | 650 à 2 450 | Éclectique |
| FIDUCIAL Astéria | Décines-Charpieu | jusqu’à 3 500 | Têtes d’affiche |
| Halle Tony Garnier | Lyon 7e | 3 000 à 17 000 | Grands shows |
| LDLC Arena | Décines-Charpieu | 16 000 | Grands shows |
La carte des salles
Mon QG, le Rock'n'Eat (Lyon 9e)
Jauge deux salles, jusqu’à 300 spectateurs
Où 32 quai Arloing, Lyon 9e
Je ne vais pas faire semblant d’être objectif, le Rock’n’Eat c’est ma deuxième maison. La programmation balaie tout le spectre, du petit groupe local qui joue sa première vraie date jusqu’à des formations internationales en tournée européenne. On y trouve des formations du Metal Symphonique jusqu’au Metal le plus extrême, comme le prouvent les dernières affiches avec Xandria, Horskh ou Onslaught.
Ce qui fait la différence ici, c’est l’ambiance. On y croise souvent les mêmes têtes, et soirée après soirée, on finit par se connaître entre habitués du premier rang et piliers du comptoir. Parlons-en d’ailleurs, du comptoir. La Rock’n’Drink est l’une de mes bière maison favorite, et l’équipe du Rock’n’Eat est géniale.
Bref, si vous ne deviez retenir qu’une adresse pour traîner dans les salles Metal de Lyon, c’est celle-là. Il suffit de voir le nombre de soirées que j’y ai couvertes, de Versatile, Je et Chiaroscvro à Dragunov, Havenfall et Inner Landscape, en passant par Faetooth, Ponte Del Diavolo ou Skaphos.
Les micro-salles et bars concerts pour l'underground
Le Trokson (Lyon 1er, pentes de la Croix-Rousse)
Le Trokson, c’est un café-concert rock installé depuis 2005 sur la montée de la Grande-Côte, avec trois espaces, le bar, la salle de concert et la terrasse. La salle est une cave voûtée en sous-sol, et le lieu accueille des concerts plusieurs soirs par semaine, souvent gratuits, avec une couleur Garage, Surf et Psyché.
C’est tout petit, et quand c’est plein, c’est un enfer. Mais le Trokson reste un lieu iconique de la scène rock lyonnaise. On y trouve surtout des groupes émergents, et parfois quelques formations plus établies. J’y ai vu Daevar, ou encore les locaux de The Wow Signal il y a quelque temps. Petit conseil d’ami, si vous avez soif, mieux vaut anticiper votre commande d’un ou deux morceaux. Je dis ça, je dis rien.
Kraspek Myzik (Lyon 1er, pentes de la Croix-Rousse)
Jauge 70 à 80 personnes
Où 20 montée Saint-Sébastien, métro C Croix-Paquet
Derrière le Kraspek, il y a l’association Lerockepamort, née en 2003, qui s’est installée en 2005 dans les anciens locaux du Kafé Myzik. Le lieu cumule les casquettes, disquaire spécialisé dans l’indépendant et l’autoproduit, bar associatif et point de billetterie.
Côté programmation, on est sur du Post-Punk, de l’Indie Rock et consorts. Une petite pépite cachée des pentes, et clairement une salle où je ne vais pas assez souvent.
La Pente, anciennement Le Farmer (Lyon 1er)
Jauge 50 à 60 personnes à vue d’œil
Où 14 montée des Carmélites
La Pente se présente comme un bar culturel indépendant, ouvert du mercredi au samedi, avec une programmation très large qui va des concerts aux DJ sets en passant par les drag shows et les scènes ouvertes.
Ça fait un moment que je n’y suis pas retourné et la programmation a pas mal changé, donc je ne suis peut-être plus tout à fait à jour. À l’époque où j’y allais souvent, on oscillait entre Psyché et Post-Rock / Post-Metal (R.I.P. Post Lyon). Mon souvenir le plus dingue, c’est d’y avoir vu Brutus quelques semaines après les avoir vus remplir une Warzone au Hellfest. Le genre de décalage qui n’arrive que dans ces petits lieux.
Toï Toï Le Zinc (Villeurbanne)
Où 17-19 rue Marcel Dutartre, tram T1 arrêt INSA Einstein
Le Toï Toï a investi un ancien garage dans le quartier Croix-Luizet pour en faire un lieu alternatif, salle de spectacle, espace de résidence, bar, restaurant. Près de 200 groupes locaux et compagnies y passent chaque année. Le bar a sa mezzanine avec canapés, un jardin et même un terrain de pétanque.
L’esprit est celui d’un café culturel, associatif et militant. C’est une très bonne petite salle, avec une programmation qui va du Jazz Rock au Punk en passant par le Stoner, souvent avec des groupes de qualité. J’y ai couvert une soirée « 50 nuances de punk » avec Diaemus, P.E.R.F, Gagner de l’Argent et Penser Saboter, et je garde en tête ce final où le public s’était installé tout autour du batteur de Penser Saboter, pour entendre une batterie acoustique d’aussi près, presque sans amplification. Un lieu où on se sent bien et en sécurité. On peut même y louer un barbecue, c’est dire.
La Boulangerie du Prado (Lyon 7e, Guillotière)
Jauge une quarantaine de personnes
Où 69 rue Sébastien Gryphe, métro B ou D Saxe-Gambetta
C’était autrefois un vrai atelier de panification près de la place du Prado. C’est aujourd’hui une association culturelle pluridisciplinaire qui tourne sans subvention, grâce aux recettes du bar et aux adhésions, et ce depuis plus de vingt ans. Les entrées sont gratuites avec une carte d’adhérent à partir de 2 euros, valable toute l’année.
La programmation est variée, de la Folk jusqu’au Metal. C’est tranquille, posé, le genre d’endroit où on découvre un groupe sans pression et sans se ruiner.
Le Bar des Capucins (Lyon 1er)
Où 5 place des Capucins, métro A Hôtel de Ville
Ambiance Garage Punk authentique, concerts réguliers et petits prix. Les concerts ont lieu dans la salle du bas, retransmis sur écran en haut. J’y vais rarement, mais c’est un lieu qui fait partie de l’ADN des pentes.
Le Groom (Lyon 1er)
Un bar qui accueille de temps en temps quelques concerts Indie Rock. À garder dans un coin de la tête quand on cherche une soirée sans prise de tête.
Les salles intermédiaires
Warm Audio (Décines-Charpieu)
Jauge env. 250
Où 29 rue Wilson
Un peu éloignée du centre, la salle sert aussi de lieu de répétition, ce qui lui donne un côté atelier assez attachant. C’est surtout une adresse à surveiller de près, parce que de vraies pépites y passent avant d’exploser. J’y ai vu Imperial Triumphant à l’époque où ils étaient bien moins connus, et David Maxim Micic, l’un de mes gratteux favoris. Je checke leur programmation régulièrement, et je vous conseille d’en faire autant.
Le Périscope (Lyon 2e, Perrache)
Jauge autour de 190 places
Où 13 rue Delandine
Un de mes gros coups de cœur à Lyon. Le Périscope a ouvert en décembre 2007 derrière la gare de Perrache. La salle organise environ 150 concerts par an. L’ADN est Jazz et musiques improvisées, mais la ligne artistique déborde largement vers l’électro, l’expérimental, le Rock et le Noise.
Pour moi, c’est une salle qui va du Jazz Fusion jusqu’au Prog le plus intense. C’est aussi le cœur du festival Récif, lancé en 2024 avec BAAM Productions. J’y ai couvert l’ouverture de l’édition 2026 avec Zu, De Mond et Nina Garcia, une programmation audacieuse qui m’avait mis une sacrée claque, et j’y ai aussi vu Sarab. Une salle exigeante dans ses choix artistiques, et c’est exactement pour ça que j’y reviens.
Marché Gare (Lyon 2e, Confluence)
Jauge 400 places
Où 34 rue Casimir Périer, tram T1 arrêt Sainte-Blandine
Ouvert en 2006 dans un bâtiment de l’ancien marché de gros, le Marché Gare a fermé en 2018 pour quatre ans de travaux, avant de rouvrir en septembre 2022 avec une jauge passée de 300 à 400 places. La salle rénovée a été pensée pour l’acoustique, des sols jusqu’au plafond. Labellisée SMAC, elle reste un pilier des musiques actuelles à Lyon.
La programmation y est assez large, Rock, Metal, mais pas que, on y trouve aussi des sonorités plus jazzy. Avec le Périscope et l’Épicerie Moderne, le Marché Gare forme un trio de salles alternatives qui fait un bien fou à la ville. J’y ai notamment chroniqué Psychonaut et This Will Destroy You.
Ô Totem Live (Rillieux-la-Pape)
Jauge 400 places debout
Où 9 bis avenue Général Leclerc, bus C5 arrêt MJC/CCN
La salle fait partie de la MJC Ô Totem, construite fin 2000s selon une démarche Haute Qualité Environnementale. Seul vrai défaut, c’est pas mal excentré. Mais je l’aime bien, notamment pour un détail qui change tout, la salle est en légère pente descendante, ce qui améliore nettement la vision de la scène. Même planqué au fond, on voit ce qui se passe.
La programmation Metal y est solide. J’y ai vu Cynic, Der Weg Einer Freiheit, Klone ou encore Myrath, et Kalandra. À l’affiche prochainement, on retrouve ma muse de toujours Anneke van Giersbergen.
Jack Jack (Bron)
Où 16 allée Gaillard Romanet, MJC Louis Aragon
Le Jack Jack est l’espace musiques actuelles de la MJC Louis Aragon de Bron. Sa programmation cherche à dénicher les tendances Rock du moment, entre confirmations et révélations, et le lieu accompagne aussi les groupes avec des résidences, des répétitions accompagnées et des formations.
C’est là que se tient le Rituale Lugdunum Fest, organisé par Kaonoir. J’ai couvert la 5e édition avec Chiaroscvro, Decline of the I, Les Chants de Nihil et Hegemon, après avoir déjà vécu la 4e où Corpus Diavolis m’avait marqué. Un public de connaisseurs et de visages familiers, par pur bonheur j’ai eu l’occasion d’y voir jouer de grands musiciens comme Patrick Rondat ou Erric Serra !
L'Épicerie Moderne (Feyzin)
Jauge jusqu’à 750 places selon la configuration (avec une estrade)
Où place René Lescot, bus 60 arrêt La Bégude
Ouverte en 2005 au cœur du centre culturel Léonard de Vinci, l’Épicerie Moderne ne fait pas que des concerts. Elle propose aussi des expositions tournées vers les artistes régionaux, et une vraie programmation jeune public que je valide avec mon gosse. Pas de tram ou métro pour y aller, c’est bagnole ou bus à l’aller comme au retour.
La programmation est variée, avec une vraie touche Psyché qu’on ne retrouve nulle part ailleurs dans la métropole. J’y suis adhérent, et c’est un bon plan avec un concert offert par trimestre. J’y ai vu Witch Club Satan, Elder, The Notwist, Fuzz ou encore Osees.
Les salles des grands soirs
La Rayonne, CCO (Villeurbanne)
Jauge jusqu’à 1 000 personnes debout, plus une mezzanine de belle capacité
Où quartier de la Soie, métro A Vaulx-en-Velin La Soie
Le grand bâtiment rouge de la Rayonne a été ouvert à la limite de Vaulx-en-Velin. Une salle récente que je trouve très agréable à vivre en concert, avec une très bonne visibilité. Il y a un petit extérieur sympa avec food truck, et une soirée à la Rayonne, c’est souvent chouette.
C’est aussi là que Sounds Like Hell Productions programme pas mal de ses dates, et c’est forcément un tampon de qualité. La programmation va sans doute évoluer prochainement avec l’arrivée d’un nouveau directeur de programmation. J’y ai vu de super groupes comme Blues Pills, Karnivool, Paradise Lost et Messa ou Alcest et Bruit ≤. Et Kalandra y est attendu le 25 mars 2027.
Le Transbordeur (Villeurbanne)
Jauge le Club de 600 places et la grande salle de 1 800 places
Où 3 boulevard de Stalingrad, bus C1, C4, C5 arrêt Cité Internationale
Le Transbo a ouvert le 21 janvier 1989 avec New Order (un concert devenu mythique tant apparemment ça a été un bordel d’organisation), dans une ancienne usine de traitement des eaux. Le Club accueille les artistes de notoriété montante et la scène locale, la grande salle est réservée pour les têtes d’affiche internationales. La société qui l’exploite a vu sa délégation prolongée jusqu’en 2036, donc la maison n’est pas près de fermer, voilà déjà un bon soulagement.
J’adore le son de cette salle. Et quand un groupe joue au Transbo, c’est souvent un événement. J’y ai vu une bonne partie de mes groupes favoris, Opeth (avec Cynic et The Ocean en ouverture, rien que ça), The Gathering, Leprous, Chelsea Wolfe, Haken ou Kalandra.
Radiant-Bellevue (Caluire-et-Cuire)
Jauge de 650 à 2 450 places pour la grande salle, 80 à 240 pour la petite salle Bellevue
Où 1 rue Jean Moulin, métro C arrêt Cuire
Rouvert en 2013 après deux ans et demi de travaux menés par Victor Bosch (le créateur du Transbordeur), le Radiant-Bellevue a deux salles et un bar avec terrasse panoramique sur la Saône.
J’y mets rarement les pieds, la programmation très éclectique (humour, chanson française, théâtre) ne me correspond pas toujours. J’y ai quand même vu des groupes incroyables comme Marillion ou Anathema.
Les grandes jauges
FIDUCIAL Astéria (Décines, OL Vallée)
Jauge jusqu’à 3 500 spectateurs
Où 5 avenue Simone Veil
Une salle de concert pensée pour rapprocher les artistes de leur public, au cœur d’OL Vallée. C’est tout récent et je n’y ai pas encore mis les pieds. Avatar y a joué il n’y a pas longtemps, je la garde à l’œil.
Halle Tony Garnier (Lyon 7e)
Jauge de 3 000 à 17 000 places en configuration mixte
Où 20 place Docteurs Mérieux, tram T1 ou métro B Debourg
Ouverte aux concerts depuis 1988, la Halle impressionne par son architecture, 210 mètres de long et 22 arches métalliques qui franchissent 80 mètres sans aucun pilier. Je ne suis pas fan de l’acoustique et j’évite d’y aller en général, mais ça reste un lieu emblématique. J’y ai vu Eivør et Heilung.
LDLC Arena (Décines)
Jauge 16 000 places en configuration concert
Où 5 avenue Simone Veil, tram T7 Décines OL Vallée
Inaugurée en novembre 2023, c’est la deuxième plus grande arena de France. Son directeur explique que sa fosse est plus petite que celle de la Halle, et que l’arena prend le relais pour les concerts au-delà de 6 000 billets. Une salle moderne, évidemment, et bien foutue. Elle rend très bien pour les shows démesurés, et j’y ai vu le show dantesque de Gojira.

Originaire des Pyrénées, je traine mes pattes dans la scène Rock depuis plus de 20 ans. Je couvre les concerts avec mon vieux réflex d’une main et mon stylo de l’autre, toujours prêt à partager mon opinion. Que ce soit sur scène ou en festival, je balance mes chroniques et live reports capturant l’essence de ma propre expérience.




