Une soirée avec un sacré plateau à la Rayonne en ce 21/10/25, et ça s’est senti dès l’entrée car on était à deux doigts du sold-out. La salle était pleine à craquer, l’ambiance moite, et cette excitation palpable qu’on ressent avant les grands soirs. Voilà donc dans quelle atmosphère je me lance pour capturer au mieux cette soirée et vous la retranscrire à travers ce live report.
Lacrimas Profundere
Une formation germanique que j’ai toujours loupée malgré leurs trente ans d’existence. Ce soir, c’est donc plus un ressenti brut qu’une analyse morceau par morceau. Sur scène, le son est résolument moderne avec un metal teinté de goth rock, mais étonnamment lumineux par moments. Les lances-fumées tournent à plein régime, et le groupe livre une prestation bien plus musclée que ce à quoi je m’attendais.
Julian, au chant, a une excellente gueulante, et une voix sombre, profonde dans les passages plus calmes. Le gars est une pile électrique, du genre à occuper toute la scène sans jamais s’arrêter, à genoux un instant, debout sur le bord de scène le suivant, hurlant sur les spectateurs du premier rang. On se croirait presque dans un concert de metalcore. Il a aussi un sacré look, entre ses tattoo bien visibles et ses lentilles façon vampire. Et ce qui m’a surpris, c’est une partie du public qui m’a semblé être de vrais die-hard fans ! On sent que l’arrivée de Julian en 2018 a injecté du sang neuf, rajeuni le public et donné au groupe une nouvelle énergie.
À un moment, il parle du côté multigénérationnel de la salle, salue la diversité du public et invite même une jeune fille sur scène. Vu son sourire et ses pas de danse, elle semblait vivre un moment gravé à vie, probablement la plus jeune metalleuse présente ce soir, le paternel a chaudement remercié Julian et c’était un moment agréable, sincère et bienveillant. Un set très dynamique donc, et une entrée en matière qui a bien chauffé la Rayonne.
Messa
Après leur prestation magistrale au Hellfest et leur album The Spin que je n’arrive toujours pas à décrocher de mes playlists, je dois admettre que mon objectivité frôlait le zéro avant même le premier accord. Cette formation transalpine est devenue, avec le temps, l’un de mes plus gros coups de cœur.
Sara, dans sa tenue noire, classieuse et presque cérémonielle, a porté sa voix de prêtresse tout au long du set. Et quel set ! Centré sur The Spin, ce qui, forcément, m’a ravi. D’ailleurs, un gars derrière moi à la fin du show lâchera en rigolant : « Non, faut encore jouer, il reste des morceaux de The Spin ! ». Je me suis retourné avec un sourire, heureux de ne pas être le seul à rêver d’un concert intégralement dédié à cet album.
Le doom de Messa est infiniment élégant, jazzy, progressif, bref, il coche toutes les cases de ce que j’aime. Ce groupe a une façon unique de faire sonner l’imperfection : tout n’est pas milimétré, et c’est justement ça qui crée cette magie organique.
La voix de Sara est précise sans être chirurgicale, la basse de Marco est carrée mais parfois légèrement en décalage, la guitare d’Alberto vit sa propre vie. Et ce guitariste… quel musicien ! Ce type est le patron du jazz, du blues et du doom en même temps, et il arbore en plus une moustache magnifique. Il fait chanter sa Telecaster sur un Vox AC30 (si mes yeux ne me trahissent pas), et ce son… wow.
La setlist a été parfaite. Fire on the Roof pour démarrer, et dès le refrain, la voix de Sara te file des frissons. At Races enchaîne, une claque monumentale (le morceau préféré de mon gamin). Ses riffs qui flirtent avec le shoegaze me mettent littéralement en transe. Et puis The Dress… quelle merveille. Ce morceau atteint un degré de grâce que peu de groupes tutoient. Quand Alberto part sur son solo, je n’ai plus de souffle. Je dois lutter discrètement pour que mes émotions ne m’empêchent pas d’écouter dans de bonnes conditions.
Et là, impossible de ne pas en parler : Alberto. Ce mec est un extraterrestre. Il te balance des solos d’une fluidité absolue, puis t’enchaîne des envolées jazz fusion ou blues au bottleneck, avant de te replonger dans des riffs lourds, mystiques, vibrants. À chaque note, j’ai l’impression qu’il me reprogramme les neurones.
Le set se termine sur Thicker Blood, où Sara déploie toute la puissance de sa voix, dans un registre plus doux, mais toujours envoûtant. Marco à la basse reste irréprochable, solide, complice, et Rocco, un peu planqué derrière ses fûts, assure un groove de fer. Merci Messa pour cette claque en bonne et due forme.
Paradise Lost
Impossible pour moi d’entendre ce nom sans replonger direct en adolescence, à l’époque bénie où les Peaceville Three ( Paradise Lost, Anathema, My Dying Bride) régnaient sur le doom gothique des années 90. Sauf que là, c’est la première fois que je les vois sur leur propre tournée. En festival, c’est toujours un peu différent, souvent plus court, moins dense. Ce soir, je sais que je vais enfin les voir dans leur élément.
Les Anglais jouent beaucoup, et j’avoue que je ne reconnais pas tout. Il faut dire que je n’ai pas toujours été assidu à leurs dernières sorties. Mais peu importe. La salle est compacte, dense, et la présence de la tête d’affiche se fait sentir à chaque instant. Les lights sont parfaites, elles créent une ambiance tamisée où la lumière n’est jamais vraiment définie, et cela crée beaucoup de mystère.
Le concert s’ouvre avec Serpent on the Cross, tiré du dernier album Ascension. Placé juste devant Gregor Mackintosh, je suis captivé par son jeu. Ce type a un son unique, reconnaissable entre mille, et son usage de la Wah Morley reste un délice. En plus, il dégage cette classe tranquille, enveloppé dans un clair-obscur de lumières blanches et ombres.
Je profite pleinement du moment, surtout quand résonne Faith Divides Us – Death Unites Us, mon titre et mon album préférés. Je prends ma dose de frissons, et je vois autour de moi le public réagir pareil. C’est ce genre de communion rare qui rappelle pourquoi ce groupe reste iconique.
Longue pause avant le rappel, à l’ancienne, quand les bons groupes savaient se faire désirer. Et pour finir, Silence Like The Grave du dernier album, avec un riffing tranchant et massif, presque thrash, qui n’aurait pas dépareillé sur un album de Kreator ou Slayer, mais avec cette touche mélodique inimitable de Paradise Lost. Une vraie démonstration de force.
Un show dense, puissant, et une belle piqûre de rappel de ce que représente encore Paradise Lost aujourd’hui : un pilier, un repère, un poids lourd du genre.
Merci infiniment à Sounds Like Hell pour l’invitation et l’organisation de ce superbe plateau. Trois générations de metal gothique réunies dans la même salle, et pourtant, une ambiance étonnamment joyeuse. Voir tous ces visages rayonnants, ces fans de doom heureux, c’était beau à vivre. Moi aussi, j’ai quitté la salle le sourire aux lèvres !
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Originaire des Pyrénées, je traine mes pattes dans la scène Rock depuis plus de 20 ans. Je couvre les concerts avec mon vieux réflex d’une main et mon stylo de l’autre, toujours prêt à partager mon opinion. Que ce soit sur scène ou en festival, je balance mes chroniques et live reports capturant l’essence de ma propre expérience.


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