Un beau plateau ce soir à l’Épicerie Moderne, avec du Doom, du Black et encore du Doom. Un curieux choix de programmation quand on pense aux esthétiques si différentes, mais perso, c’était une date que j’attendais de pied ferme. Trois formations qui ont du fond, du cœur et du son. L’ouverture des portes est un peu tôt pour un jeudi soir, les TCL font des leurs, et le public arrive au compte-gouttes. Pas grave, je suis venu pour la zik, alors on y va pour ce live report, le 02/10/2025 avec Occult Hand Order + Witch Club Satan + Mars Red Sky.
Occult Hand Order
Les locaux de l’étape, apparemment fidèles de leur fuzz granuleuse. Leur Doom transpire de chaleur et belles influences Prog 70’s, ça groove et ça pèse, sans jamais tomber dans la boue. Par moments, une touche Stoner bien velue, parfois des effluves plus Post, presque contemplatives.
Le trio ouvre la soirée avec un set qui est propre et habité. Leur science du riffing est indéniable, c’est lourd et efficace, mais avec cette petite touche aérienne qui les distingue. Le chant se balade entre douceur et moments plus vénères mais toujours juste. Et j’ai particulièrement apprécié le son de gratte avec cette texture de vieux Vox AC30 (je crois). Belle perf sur le titre Sailors qui donne envie de se laisser embarquer sans hésiter.
Un set contrasté, plaisant, bien foutu, avec des compos qui respirent. J’ai vraiment apprécié cette entrée en matière. J’irai les revoir avec plaisir, histoire de plonger un peu plus profond dans leur univers que je ne maîtrise pas encore assez. Avant de quitter la scène, les gars remercient chaleureusement l’Épicerie Moderne qui les a longuement accompagnés, et on sent que la gratitude est sincère.
Witch Club Satan
Comment être objectif après une telle débauche d’énergie. J’ai pris une gifle monumentale, le genre qui te laissent des acouphènes dans le crâne longtemps après la fin du set (pas pour moi, les miens sont déjà permanents). Witch Club Satan, ce n’est pas juste un groupe de Black lambda, c’est un rituel, une performance totale. Le trio norvégien déverse son Black Metal féministe et viscéral sans la moindre retenue.
La salle s’emplit d’un brouillard épais, les lumières rouges s’allument, et les trois sorcières apparaissent, silhouettes à peine perceptibles dans la fumée. Dans leurs mains, de la sauge ou de l’eucalyptus, impossible à dire, je ne suis pas botaniste, désolé, ça brûle et ça sent le rituel. Elles tendent leur encens du soir au public, regard fixe, hypnotique, presque dérangeant. Et puis tout démarre.
Le set s’ouvre sur Birth je crois, Johanna derrière les fûts balance ses blasts avec une précision chirurgicale et une intensité hallucinante. Et ça ne faiblira jamais ce soir. Sur Mother Sea, moment solennel que je qualifierai même de recueil, les trois voix se mêlent dans un chœur d’une beauté désarmante, doux mais puissant à la fois, très émotionnel. Puis Your Wilderness débarque sans sommation, c’est violent et impossible de rester calme. Les phrases résonnent encore dans ma tête « You don’t give up », « You keep fighting » c’est brut, humain, viscéralement vrai. Les lights blanches sur scène rappellent l’univers du clip, cette dualité entre noirceur de fond et éclat à l’image.
On a eu droit a Fresh Blood, Fresh Pussy, autre titre dont l’intensité folle et le riffing plus traditionnel a vraiment un certain cachet. Au chant ça hurle telle une succube, ouais c’est intense.
Sur Luft, les voix s’entremêlent à nouveau, majestueuses. Victoria à la basse prend la parole pour rappeler qu’elles sont cinq sur scène, enceinte de jumeaux, et franchement, ce moment-là m’a cloué. Nikoline à la gratte, rage au ventre, balance un « Silence is a crime » qui fuse comme un coup de poing. Gros discours engagé/énervé, les fascistes en prennent pour leur grade et Netanyahu prend une balle au passage. Les mots claquent.
Le show s’est découpé en trois actes, trois tenues, trois atmosphères. Johanna finit par se jeter dans la foule pour un crowd-surfing enragé, gueulant dans le micro avec la grâce d’un démon en transe. C’est sauvage, total, et impossible à oublier. Witch Club Satan ne peut pas laisser indifférent, mais ce soir elles ont confirmé tout ce que j’avais entendu sur leur intensité. J’en ressors secoué, fasciné, et curieux de voir leur évolution future ! Un seul album sous les bras, à peine plus de trois ans d’existence, la hype autour de ce jeune groupe est pour moi amplement méritée !
Mars Red Sky
Changement d’univers. L’ambiance retombe, ou plutôt se dilate. Mars Red Sky, c’est ce moment où ton corps se met à flotter à quelques centimètres du sol. On a rapidement eu droit à Alien Grounds / Apex III, peut-être mon morceau collector de la formation, celui qui te propulse dans les couches quasi stratosphériques martiennes. Suivi de Maps of Inferno et sa gratte octavée. Ce titre déploie toute la grâce de la voix de Julien, perchée et douce là-haut.
Entre deux morceaux, le groupe balance quelques vannes. Ils annoncent qu’ils vont jouer un morceau de trois heures du dernier album, « celui-là c’est pour nous », ce qui fait rire l’audience. Jimmy en profite pour glisser un « à chaque fois qu’on joue à Saint-Étienne, il se passe quelque chose ». Il ajoutera qu’ils joueront la prochaine fois à Valence, mais mon préféré restera le fameux « vive la Catalogne libre ! », forcément, chauvin comme je suis, je ne peux que valider. Les blagues géographiques, ils aiment ça, et moi aussi.
Ensuite petit voyage à travers The Final Round, avec Mathieu derrière les fûts qui s’en donne à cœur joie. Sur ce titre, Jimmy prendra le relais au chant avec une voix plus solennelle, donnant le ton d’un final en apothéose qui fera réagir le public avec véhémence entre des « yeah » et « allez ! » lancés dans la salle. Quinze ans qu’ils n’étaient pas repassés à l’Épicerie Moderne, et ils semblaient vraiment ravis d’y remettre les pieds.
Long solo cosmique de Julien sur The Light Beyond, un morceau qui a déployé son Doom à la louche Prog comme j’aime. Sur les premières lignes de basse de Strong Reflection, le public pousse, forcément : ce morceau est toujours aussi attendu et efficace depuis leurs débuts. Et pour moi, il a un goût particulier de nostalgie, car c’est avec lui que j’ai découvert la formation bordelaise.
C’est là qu’on arrive à la fin du set, Jimmy nous dit qu’ils doivent aller prendre le bus… bref, j’avais déjà kiffé leur passage au Hellfest cette année, et là encore, rien à jeter. Leur discographie regorge de morceaux hyper solides, ça va devenir compliqué d’en éliminer pour laisser la place aux prochains titres. Leur ingé son Pierre, fidèle depuis le début, et leur ingé light assurent un rendu chirurgical, parfaitement maîtrisé. Ils auront droit à leurs remerciements, tout comme le reste du crew.
Encore une soirée dantesque, trois trios, trois mondes, trois façons d’envoyer du lourd. Entre la fuzz granuleuse d’Occult Hand Order, la transe viscérale de Witch Club Satan et le voyage cosmique de Mars Red Sky, l’Épicerie Moderne a vécu une sacrée soirée. Merci infiniment pour l’invitation, des dates comme celle-là, j’en reprends tous les jours.
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Originaire des Pyrénées, je traine mes pattes dans la scène Rock depuis plus de 20 ans. Je couvre les concerts avec mon vieux réflex d’une main et mon stylo de l’autre, toujours prêt à partager mon opinion. Que ce soit sur scène ou en festival, je balance mes chroniques et live reports capturant l’essence de ma propre expérience.


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