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Accueil Live Reports

[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City

Djam - Progressive Metalhead par Djam - Progressive Metalhead
02/07/2026
dans Live Reports, Dossiers, News
Temp de lecture: 66 minutes
[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City
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Il y a des endroits qui semblent vivre dans une autre dimension. Clisson en fait partie. Pendant quelques jours, les pavés de cette petite ville n’appartiennent plus vraiment à la Loire-Atlantique mais à une immense communauté venue célébrer ce qui la rassemble depuis des années. Dès le mercredi, les premiers riffs annoncent la couleur. Le Hellfest ne se résume plus à un simple week-end, il s’étire désormais sur près de cinq jours, comme s’il refusait de laisser le silence reprendre ses droits.

Chaque journée voit près de 60 000 passionnés franchir les portes du site. Certains viennent retrouver leurs groupes de cœur, d’autres pour enfin découvrir cette terre de légende, beaucoup simplement pour revivre cette sensation si particulière que l’on ne retrouve nulle part ailleurs. Ici, les styles se croisent, les générations se mélangent et les barrières tombent naturellement. Le Metal n’a jamais autant ressemblé à une immense famille.

Pour ma neuvième édition, j’ai pourtant ressenti cette même émotion au moment de pénétrer sur le site. Comme si chaque retour effaçait le précédent. Les décors monumentaux, les flammes qui éclairent la nuit, les sourires échangés entre inconnus, cette impression étrange d’être exactement à sa place… Le Hellfest possède ce pouvoir rare de rendre l’extraordinaire presque naturel. Pendant quelques jours, le monde extérieur continue de tourner, mais il paraît soudain bien loin. Il ne reste plus que la musique, les rencontres, les kilomètres avalés entre les scènes et cette envie permanente de ne rien manquer.

Puis vient inévitablement le dernier concert, celui qui rappelle que cette parenthèse touche déjà à sa fin. C’est sans doute là toute la magie du Hellfest. On repart fatigué, couvert de poussière, avec des mollets en feu et quelques heures de sommeil en moins, mais aussi avec la certitude d’avoir vécu bien plus qu’une succession de concerts. Une nouvelle fois, Clisson aura été le théâtre d’une épopée autant humaine que musicale… Les souvenirs finiront par s’estomper, la poussière retombera et les amplis se tairont. Mais avant que tout cela ne devienne de simples réminiscences, je vais tenter de vous retranscrire, avec mes images, mon oreille de passionné et les émotions encore brûlantes, ce que j’ai vécu au cœur de cette édition 2026, celle qu’on surnomme Tales from the Pit. 

Jour 1

  • Violence
  • Healer
  • Ash Twin Project
  • Perchta
  • Elder
  • Rivers of Nihil
  • Borknagar
  • Uncle Acid and the Deadbeats
  • Igorrr

Jour 2

  • Impureza
  • Mourir
  • Esodic
  • Rezn
  • Ponte Del Diavolo
  • Conjurer
  • Dying Wish
  • Torche
  • Loathe
  • Opeth
  • Periphery
  • Blood Incantation
  • The Gathering

Jour 3

  • Bruit
  • Fange
  • Psychonaut
  • Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs
  • God Is An Astronaut
  • Oranssi Pazuzu
  • Septicflesh
  • Carcass

Jour 4

  • Silhouette
  • Bloodstain
  • Gnome
  • Soilent Green
  • Eyehategod
  • Wolves in the Throne Room
  • Acid Bath
  • Napalm Death
  • Mayhem

Live Report Before Hellfest

Le mercredi me paraît être désormais une vraie journée de festival, avec des scènes annexes comme la Hell Stage ou la Purple House déjà bien chargées. C’est d’ailleurs l’un des signes de la mue permanente du Hellfest, ce qui était autrefois une simple soirée d’échauffement pour les campeurs les plus pressés est devenu un rendez-vous à part entière, avec sa propre programmation et ses propres pépites à dénicher. Pour ma part, l’édition a failli commencer par une frustration monumentale avec deux heures de retard SNCF qui m’ont fait rater No Terror in the Bang, un groupe de Metal Prog qui me hype énormément. J’étais furieux, et je le suis encore un peu en écrivant ces lignes. Venez jouer à Lyon les gars, qu’on répare cette injustice ! Heureusement, la soirée me réservait de quoi évacuer toute cette frustration à grands coups de décibels.

Violence – Purple House

Pour lancer cette édition 2026, aucune subtilité inutile, juste l’impact. Violence porte bien son nom, et ça tombe bien, je n’étais pas venu chercher de la dentelle. Sous la Purple House, encore toute jeune dans la géographie du festival, le groupe pose le décor avec des riffs qui écrasent tout sur leur passage, une section rythmique bien lourde qui te compresse la cage thoracique et un chant qui balance sa rage sans filtre.

Ce qui frappe, c’est cette capacité à transformer la tension, la colère et le chaos en une décharge brutale et parfaitement efficace. Pas de faux-semblants, pas de posture, là on parle de claque en pleine face assumée du début à la fin. Il y a quelque chose d’assez brutal dans cette approche, le mercredi soir, après des heures de route ou de train, le festivalier n’a pas besoin qu’on lui raconte une histoire, il a besoin qu’on le secoue pour lui rappeler pourquoi il est venu. Mission accomplie. Après ma journée de galères ferroviaires, c’était exactement la thérapie dont j’avais besoin. Le ton de l’édition était donné, et quelle meilleure façon d’ouvrir le bal que de se faire décapiter proprement dès le mercredi soir.

Violence Hellfest 2026
Violence Hellfest 2026
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Violence Hellfest 2026

Live Report Hellfest Jour 1

Première vraie grosse journée, et déjà un programme qui annonce la couleur de cette édition : du Prog, du Black, du Doom, et des découvertes à la pelle. Le soleil cogne déjà sérieusement sur Clisson, la poussière commence à s’installer dans les gorges, et moi je dégaine l’appareil photo avec l’appétit d’un gamin le matin de Noël.

Ash Twin Project – Hellstage

Du Metal Prog pour démarrer, et probablement l’une des très belles surprises progressives de ce Hellfest 2026. La jeune formation française a tout compris de ce qui fait la beauté du genre entre envolées atmosphériques, mélodies soignées et montées en puissance parfaitement maîtrisées, le groupe a livré une prestation aussi élégante qu’intense.

Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est ce choix assumé de privilégier l’émotion à la démonstration. Dans un genre où la surenchère technique devient parfois une fin en soi, voir de jeunes musiciens mettre leur virtuosité au service du ressenti plutôt que de l’étalage, ça fait un bien fou. Et c’est aussi ça, la force du Hellfest nouvelle formule, offrir des créneaux sur les scènes annexes à la jeune garde française, qui peut ainsi se confronter à un public de festival exigeant et curieux. La Hellstage a offert un écrin parfait à cette proposition, et je peux vous garantir que ce nom-là, vous allez certainement le recroiser. Une entrée en matière idéale pour la journée.

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Healer - Purple House

La Purple House avait déjà pris la température en début de journée, et Healer n’est pas venu pour la faire baisser. Le groupe a fait chauffer la tente avec un Stoner bien en place, généreux et gras comme il faut, sans chichi ni prétention, juste des riffs qui s’installent, qui prennent leur temps, et qui finissent par te rouler dessus avant même que tu t’en rendes compte.

Des titres efficaces comme Shadow Racer ou encore Heart in a Cage ont parfaitement illustré ce que le groupe sait faire, construire une lourdeur organique qui groove autant qu’elle écrase. La Purple a vibré avec un son grassouillet à souhait, le genre de mur de fuzz qui te colle les semelles au sol et t’invite à ne plus bouger pendant toute la durée du set. Une belle mise en bouche stonérienne avant l’intensité rituelle qui allait suivre avec Perchta.

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Perchta - Temple

Perchta a totalement habité la Temple ce jour-là, et le verbe « habiter » n’est pas choisi au hasard. Le projet, qui puise son nom et son imaginaire dans le folklore alpin, propose un Black Pagan viscéral et parfaitement maîtrisé, où chaque élément scénique participe à la construction d’un véritable rituel. On est loin du simple concert, c’est une cérémonie, pensée comme telle, où costumes, gestuelle et instruments traditionnels convergent vers une même incantation.

Au centre de tout, Frau Percht dévore la scène, tantôt terrifiante tantôt envoûtante, incarnation parfaite de cette figure à double visage. Le hammered dulcimer apporte cette touche aérienne et cristalline qui contraste magnifiquement avec des riffs bien agressifs, créant cette tension permanente entre beauté ancestrale et violence brute qui fait tout le sel du Pagan bien exécuté. Petit détail qui m’a fait sourire au milieu de toute cette solennité, la chanteuse joue aussi de la guimbarde, c’est fun et ça ajoute encore une couleur à une palette déjà bien fournie. La Temple, avec son ambiance de cathédrale sombre, reste décidément le lieu idéal pour ce genre de propositions si particulières. Un rituel unique, une prestation grandiose, on était nombreux à en vouloir encore.

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Elder – Valley

Musique d’intro avant le concert : du Rush, Tom Sawyer. Forcément, ça me parle tout de suite, et ça en dit long sur l’ADN du groupe. Quand tu choisis les Canadiens pour chauffer la Valley, tu annonces clairement tes ambitions. Ici, on ne vient pas juste empiler des riffs, on vient construire des montagnes de son.

Elder a déployé son Stoner Prog sur une Valley bien remplie, et le moins qu’on puisse dire c’est que la foule a pris son pied. Le groupe fait partie de ces formations qui ont fait évoluer le Stoner bien au-delà de ses fondations là où tant de leurs collègues restent fidèles au riff fuzzy répété en boucle, les Américains y injectent des structures progressives ambitieuses et des développements instrumentaux qui s’étirent dans des moments ultra immersifs. C’est toute la différence entre un groupe qui joue fort et un groupe qui compose grand. Nick, absolument impérial à la gratte, confirme une fois de plus pourquoi le groupe est une référence du genre. Chaque phrasé transpire le talent, chaque solo raconte quelque chose, de la virtuosité à tous les niveaux.

Une performance ample, planante, maîtrisée de bout en bout, où les morceaux s’enchaînent comme les chapitres d’un même voyage. Et le final sur le titre Halcyon a été une pure envolée de Prog, de celles qui te font fermer les yeux et oublier où tu te trouves. Quel pied !

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Rivers of Nihil - Altar

Set attendu que celui de Rivers of Nihil, une formation que je désirais voir depuis longtemps. Les Américains ont bâti leur réputation sur un Prog Death bien technique qui n’hésite pas à sortir des sentiers battus, notamment avec ce saxophone devenu leur signature, qui fait ici quelques apparitions bien senties au milieu des blasts et des riffs alambiqués. Sur disque, cette approche a contribué à élargir considérablement les horizons du Death moderne, en prouvant qu’on pouvait être à la fois brutal et texturé.

Alors pourquoi pas la grosse claque attendue ? D’abord, le son n’était pas incroyable et j’étais mal placé, ce qui ne pardonne pas avec une musique aussi dense où chaque détail compte. Ensuite, et c’est entièrement de ma faute, la setlist était majoritairement composée de morceaux du dernier album, que je ne connais pas encore. Je suis resté bloqué sur l’album de 2018, celui qui m’avait fait découvrir le groupe, et dont deux morceaux ont tout de même été joués pendant le set, mes deux bouées de sauvetage du concert. J’ai apprécié, indéniablement, mais avec cette petite frustration de celui qui assiste à une conversation dont il ne maîtrise pas toutes les références. Il ne me reste plus qu’à réviser et à retenter l’expérience.

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Borknagar – Temple

Un vent frais venu du Nord a soufflé sur la Temple avec Borknagar, et croyez-moi, par cette chaleur, il était le bienvenu. Les Norvégiens, vétérans d’une scène qu’ils sillonnent depuis les années 90, pratiquent un Black aux relents Prog et Pagan qui évoque les grands espaces scandinaves, entre fureur glaciale et envolées majestueuses. Une formation qui a toujours préféré la grandeur des paysages à la noirceur des caves, ce qui la place un peu à part dans la généalogie du Black norvégien.

Voilà un groupe qu’on m’a souvent recommandé, et je dois avouer que j’étais totalement passé à côté jusqu’ici, une lacune que je traînais comme une petite honte de Proggeux. La prestation du soir, solide et pleinement maîtrisée, m’a fait comprendre pourquoi tant de monde m’en parlait. Les alternances entre chants clair, épique et hurlements écorchés, les claviers qui élargissent l’horizon, tout respire une maîtrise tranquille de musiciens qui n’ont plus rien à prouver. Un public visiblement totalement conquis, et pour cause. Tusen takk, et promis, je rattrape la discographie.

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Uncle Acid and the Deadbeats – Valley

Soleil rasant sur la Valley pour Uncle Acid & the Deadbeats, et franchement, difficile d’imaginer meilleur décor pour les Anglais. Leur Doom psychédélique, biberonné aux années 70 et aux vieilles bandes de films d’horreur, s’est déployé dans cette lumière dorée de fin de journée comme s’il avait été composé pour elle. Une ambiance résolument planante, presque cinématographique, où les mélodies vocales vaporeuses flottent au-dessus de riffs psychés.

Petit bonus pour les fans, un morceau inédit a été glissé dans le set. Et puis un détail qui parlera aux gratteux, on entend pas mal le souffle de la gratte entre les morceaux, pas de noise gate visiblement, les gars gardent certainement le signal le plus pur possible. C’est un choix, celui de l’authenticité vintage jusqu’au bout de la chaîne sonore, et ça colle parfaitement à leur esthétique. Chez Uncle Acid, même les imperfections font partie du charme, comme le craquement d’un vinyle. Parmi les titres joués, I’ll Cut You Down et Death’s Door ont été particulièrement marquants, deux moments où la Valley entière semblait onduler au même tempo.

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Igorrr - Altar

Gros morceau que ce set ! Il y avait un monde de dingue sous la Altar, et vu la quantité de photographes présents dans le pit, nul doute qu’on va avoir pas mal de belles images de cette performance. Il faut dire que le projet baroque et détraqué d’Igorrr, ce laboratoire fou où se percutent musique classique, électro déglinguée et Metal extrême, est devenu un incontournable des grandes scènes, et ça se comprend car peu de groupes offrent un spectacle aussi total. Et quelle fierté de voir un projet français aussi singulier s’imposer à ce niveau, sans jamais avoir lissé sa proposition pour y parvenir, bien au contraire.

Setlist concentrée sur les derniers albums, logique, mais il y a tellement de bangers dans le lot que personne ne va s’en plaindre. Entre un Downgrade Desert, un Himalaya Massive Ritual ou encore un Opus Brain pour t’arracher les dernières neurones encore en place, c’était vraiment le feu. Mention spéciale à Gerda Igushi, la nouvelle chanteuse, qui m’a impressionné. Sa voix navigue du lyrique au démoniaque avec une aisance déconcertante, et elle a aussi un sacré look qui complète parfaitement l’univers visuel du groupe. Une machine de guerre scénique, tout simplement, et une belle façon de refermer ce jeudi déjà bien chargé.

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Live Report Hellfest Jour 2

Spoiler alert, comme je l’écrivais dans mes notes à chaud, ce vendredi sera la meilleure journée du fest. Un enchainement de sets qui commence dès le matin et ne me laissera quasiment aucun répit jusqu’à une soirée qui restera gravée très, très longtemps dans ma mémoire. Treize groupes au compteur, des découvertes, des retrouvailles, des clashs cornéliens et une conclusion en larmes. Accrochez-vous, c’est dense.

Impureza – Altar

Set matinal mais ô combien attendu. C’était l’une des formations qui me hypaient le plus sur cette édition. Sur le papier, le concept d’Impureza pourrait sembler improbable, un Metal Extrême aux sonorités flamenco, où les blasts côtoient les phrasés de guitare ibériques. Dans les faits, ça combine furieusement bien, et pour moi c’est même doublement personnel puisque ça fait dialoguer ma passion pour le Metal avec les influences ibériques de mes racines. Ce genre de fusion réussie est d’ailleurs l’une des choses les plus difficiles à accomplir dans nos musiques. Combien de groupes se sont cassé les dents en collant artificiellement un instrument folklorique sur des riffs, là où Impureza fait naître les deux langages de façon cohérente et soignée.

Quel concert délicieux. Des musiciens techniquement irréprochables, capables de passer d’une rythmique Death dévastatrice à une envolée flamenca sans que jamais la couture ne se voie, et une énergie scénique impeccable du premier au dernier titre. Bonus qui m’a particulièrement embarqué, la danseuse espagnole qui a fait quelques apparitions pendant le set, apportant une dimension visuelle qui m’a rappelé les shows de Myrath et cette manière d’incarner physiquement la fusion des cultures. Quand ta journée commence comme ça, tu sais que ça va bien se passer…

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Mourir – Temple

Quand j’ai su qu’ils étaient de Toulouse, je suis allé voir direct, sans même savoir à quoi m’attendre. Il faut dire que la scène toulousaine est absolument dingue en ce moment, une véritable pépinière qui aligne les projets passionnants dans tous les registres, du Post au Psych en passant par les musiques extrêmes, et la ville rose mériterait presque un article à elle seule. Le pari de la confiance aveugle a été récompensé.

En quelques secondes, j’ai reconnu Théophile de Bruit ≤ en charge de la basse, preuve s’il en fallait que cette scène fonctionne comme un écosystème où les talents circulent de projet en projet, chacun nourrissant l’autre. Côté son, on est sur un Black Metal assez traditionnel dans les structures, mais porté par une atmosphère bien haineuse qui fait tout le travail. Pas de fioritures, pas de compromis, juste cette noirceur dense et étouffante que la Temple sait si bien accueillir. Une proposition radicale et honnête, et une raison de plus de garder un œil sur tout ce qui sort de Toulouse.

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Esodic – Altar

Invitation au voyage avec une formation née en Jordanie, mais pas le genre de voyage pépère et relaxant, là on est sur du Death pur jus, solos de grattes au poil, blast beats salasses, l’artillerie complète exécutée avec une conviction palpable. À un moment, plus de son en façade, et c’est dans ce silence technique imprévu qu’on réalise à quel point la voix du chanteur est puissante, capable de porter seule sans le mur d’amplis derrière.

Mais le moment le plus fort du set n’était pas musical. Un court message a été adressé au public, expliquant qu’ils se faisaient violenter pour le Metal il y a quelques décennies dans leur région. Ça remet les choses en perspective, pendant qu’on débat de running orders et de clashs de programmation, ailleurs, écouter cette musique a pu être un acte de courage. Les musiques extrêmes restent encore un sujet sensible au Moyen-Orient, et voir Esodic fouler la scène de l’Altar prend dès lors une dimension presque symbolique. Celle d’une communauté mondiale qui finit toujours par se retrouver, peu importe les obstacles. On a eu droit à une reprise de Metallica avec Battery, et pour être honnête, j’ai beaucoup apprécié cette version, jouée avec les tripes de ceux qui savent ce que cette musique leur a coûté.

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Rezn – Valley

L’histoire de ma découverte de Rezn résume bien comment fonctionne la curiosité dans nos milieux. J’ai découvert cette formation Doom de Chicago uniquement parce que la chanteuse de Coltaine portait un t-shirt à leur nom. Le meilleur algorithme de recommandation reste un t-shirt porté par quelqu’un dont on respecte le goût, et aucun algo ne remplacera ça. Du coup j’avais écouté ça entre-temps et j’ai pas mal adhéré, me voilà encore en pleine période découverte du groupe.

À la Valley, c’était parfait pour plonger dans leur univers, un Doom épais et vaporeux qui privilégie l’immersion à l’agression, quelque part entre les nappes planantes du Psyché et la lourdeur assumée du Doom. Le morceau Cloudfall m’a bien fait vibrer, tout comme Stasis avec son saxo qui donne une belle saveur et élargit considérablement la palette du groupe, l’instrument se fondant dans les nappes plutôt que de jouer les intrus. Scéniquement ça reste assez sobre, mais je suis habitué à ce genre d’ambiance posée sans folies . Dans ce registre contemplatif, la musique fait le spectacle. Le set m’a vraiment parlé et m’a donné envie de me plonger plus en profondeur dans leur discographie.

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Ponte Del Diavolo – Temple

J’ai eu la chance de couvrir leur première date française au Rock’n’Eat de Lyon en début d’année, alors je savais à quoi m’attendre. Et puis leur dernier album De Venom Natura est absolument magique, l’une de mes pépites de l’année jusqu’ici, un disque qui confirme que la scène italienne est en train de vivre quelque chose de spécial. Passer de petites salles à la Temple du Hellfest en quelques mois, c’est aussi ça la trajectoire d’un groupe qui monte vite et fort, et j’avoue une petite fierté de chroniqueur à les avoir vus « avant ».

Alors que dire… Déjà, la formation attise un certain intérêt avec deux bassistes sur scène, une configuration rare qui donne à leur son cette assise grave si particulière. Et nouveauté pour moi cette fois-ci, un tromboniste s’est joint aux Turinois, ajoutant encore une couleur inattendue à leur palette déjà si savoureuse. Au centre de tout, Erba Del Diavolo, véritablement impériale. Elle a une aura mystique avec un regard perçant et des sourires malicieux, cette capacité rare à passer de la menace à la séduction en une fraction de seconde. Un régal à photographier comme à regarder.

Je me revois chanter comme un dingue sur Every Tongue Has Its Thorns ou carrément bouger sur Il Veleno della Natura, et qu’est-ce que j’aime ces morceaux chantés en italien, la langue ajoute une théâtralité que l’anglais ne pourra jamais offrir. Le final sur Covenant est absolument jouissif. Si vous ne connaissez pas la formation, jetez-y rapidement une oreille, on a un mix de Black/Death avec du Doom et du Post Punk, c’est unique, inclassable, et les musiciens sont super attachants. Un super groupe, un super show dans le cadre du Hellfest, c’était parfait.

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Conjurer – Valley

Ça faisait quelques années que je n’avais pas recroisé leur chemin, et pourtant j’en garde encore un souvenir bien vivace. Leur Post/Sludge est d’excellente facture, de ceux qui t’écrasent sans jamais devenir monotones. Les Anglais ont ce don particulier de construire des morceaux qui fonctionnent par vagues, alternant écrasement total et respirations atmosphériques, ce qui rend leur lourdeur d’autant plus percutante quand elle retombe. Pour autant, la setlist a enchaîné des titres que je ne connaissais pas, et j’ai fini par capter en plein set qu’ils avaient sorti un album en 2025… Disons au moins que j’ai pu le découvrir live, ce qui n’est pas la pire des manières.

D’un point de vue scénique et sonore, on navigue dans du bien lourd, du très bien lourd même, avec cette production de scène dense où chaque accord semble peser une tonne. Le bassiste me fait toujours autant délirer avec son headbang légendaire, un vrai ventilateur humain, et vu les températures du jour, il y en avait besoin ! À un moment, sans que je comprenne bien pourquoi, j’entends un petit « fucking Landmarks » lâché sur scène. Très certainement que les Anglais ne rigolent pas avec la musique extrême.

Un set vraiment massif, ténébreux, il y a un truc XXL avec Conjurer qui te prend aux tripes et ne te lâche qu’au dernier accord. Superbe expérience, sans oublier une Valley qui a bien bougé avec de bons Wall of Death des familles, chose pas si courante sur cette scène plutôt contemplative d’habitude.

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Dying Wish – Warzone

Ce n’est pas nouveau que je mette rarement, voire jamais, les pieds à la Warzone, mes affinités musicales me tirant naturellement ailleurs. Mais on m’avait recommandé la formation de Portland, et la curiosité a fait le reste. Du gros Metalcore à frontwoman plutôt énergique, voilà ce qu’on m’avait vendu.

La réalité s’est avérée plus riche que le pitch. Étonnant mélange de beats et riffs Hardcore avec un côté presque Djent par moment, des cassures rythmiques travaillées, une vraie recherche dans les arrangements. Sur scène, ça bouge fort, l’énergie est communicative et le public de la Warzone répond au quart de tour, avec cette ferveur physique propre à cette scène que je redécouvre à chaque incursion. Si je m’attendais à un truc plutôt rentre-dedans et « simple », en fait non, c’était très varié et travaillé. Et la vraie révélation, c’est Emma au chant. Elle a une superbe voix, capable de passer du hurlement le plus féroce à un timbre étonnamment doux lors de ses passages en chant clair. Une découverte sympa qui me rappelle qu’il faut parfois sortir de sa zone de confort, d’autant plus à la Warzone.

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Live Report Hellfest 2026-236
Live Report Hellfest 2026-229
Live Report Hellfest 2026-230
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Live Report Hellfest 2026-226
Live Report Hellfest 2026-223
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Torche – Valley

Je ne m’attendais certainement pas à les voir ici. Pas d’album depuis 7 ou 8 ans, un hiatus depuis 2022, à vrai dire je les avais un peu oubliés, comme on oublie un bon bouquin rangé trop haut dans la bibliothèque. Alors savoir qu’ils allaient poser leurs valises sur la Valley, ça a forcément attisé ma curiosité, avec cette petite excitation particulière des retrouvailles inespérées. C’est d’ailleurs l’une des forces du booking de cette édition , aller chercher des noms qu’on ne pensait plus jamais voir à l’affiche.

C’était donc ma première fois à voir ce que la bande à Steve Brooks avait dans sa besace, et ce fut un set sobre mais efficace. Leur recette est original dans le paysage avec des riffs lourds, épais, qui se combinent à un chant plutôt lumineux, presque mélodique, là où tant de leurs collègues choisissent la noirceur intégrale. Il y a un côté assez facile d’accès dans la proposition des Américains, une porte d’entrée idéale vers les musiques lourdes, et parfois ça m’a rappelé un bon Slomosa dans cette manière de rendre la fuzz accueillante. Chouette set, et bon retour parmi nous les gars.

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Loathe – Valley

Gros clash avec Opeth qui n’allait pas tarder à commencer, deux groupes de Prog qui se marchaient dessus, c’était peut-être pas la meilleure idée du running order, et mon petit cœur de Proggeux a dû trancher dans le vif. Mais je me suis dit que j’allais quand même écouter le début du set, la formation britannique ayant été l’un de mes coups de cœur de l’édition 2023, et ces choses-là ne s’oublient pas.

Kadeem prend une nouvelle fois place devant la scène avec son charisme incroyable et son accent bien trempé de Liverpool, véritable aimant à regards. Mais celui qui ne cesse de m’impressionner reste Erik à la gratte et au second chant, il a une voix très planante qui me rappelle certains passages de Deftones, cette manière de faire flotter la mélodie au-dessus du chaos instrumental. C’est ce contraste permanent entre brutalité et apesanteur qui fait toute la signature de Loathe, et qui explique pourquoi le groupe fédère bien au-delà des frontières de son genre d’origine. Bref, un set bien trop vite écourté pour moi, la mort dans l’âme, mais du peu que j’en ai vu, c’était bien cool. À charge de revanche.

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Opeth – Mainstage 2

Impossible de louper la bande à Miguelito, et c’est donc en arborant fièrement mon t-shirt Blackwater Park (l’un des meilleurs albums de tous les temps, je ne débattrai pas là-dessus) que je me rends sur la Mainstage. Trente ans que les Suédois redessinent les frontières entre Death et Prog, et chaque passage en France reste un évènement pour le fan absolu que je suis.

La setlist a été bien évidemment trop courte… On a eu droit à § 1 et § 7 de l’excellent dernier album The Last Will and Testament, puis un somptueux The Drapery Falls et en final, l’apothéose, le kiff absolu, Deliverance, avec ce riff de fin qui reste l’un des moments les plus jouissifs jamais écrits dans le genre. Comme toujours, mes oreilles se délectent des sons de Mellotron de Joakim, cette texture vintage qui fait tout le charme de l’ère actuelle du groupe. Martin, avec sa Jazzbass et son petit chapeau, dégageait une classe folle. Les PRS de Mikael et Fredrik, tout simplement somptueuses, de vrais bijoux de lutherie.

Pourtant, tout n’était pas parfait, loin de là. Je n’ai pas trouvé la Mainstage blindée de public, qui semblait plutôt patienter en attendant Iron Maiden, et j’ai pu facilement circuler pour me rapprocher de la scène, ce qui en dit long. Globalement, je regrette l’époque où Opeth se produisait sous tente comme en 2017. Cette musique de clair-obscur a besoin d’un écrin, pas d’un boulevard. Autre bémol lié à la courte durée du set, Mikael a dû écourter ses légendaires vannes et phases de storytelling, qui font pourtant partie intégrante de l’expérience Opeth, et l’audience n’était franchement pas très réceptive. Et pour le photographe que je suis, la scène de la MS2 étant très haute, il est presque impossible d’obtenir des clichés corrects depuis le pit photo.

Verdict ? Le fan absolu d’Opeth que je suis a quand même pris son pied, ces morceaux restent des monuments quoi qu’il arrive. Mais si je devais retranscrire les choses de façon plus objective, je pense que le set du soir n’a pas trouvé son public, coincé entre un créneau ingrat et une scène inadaptée. C’est toute la question du placement des groupes de niche devenus grands. Opeth remplit des salles entières en headliner, mais sur une Mainstage de festival entre deux mastodontes du Heavy traditionnel, la magie opère difficilement. Mettez-moi 2h d’Opeth sous la Temple, s’il vous plaît !

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Periphery – Altar

J’ai fait l’impasse sur Slift, que je suis depuis leurs tout débuts, car je vais bientôt les revoir, pour aller me délecter de la technique de ces monstres de la gratte que sont Misha Mansoor et Mark Holcomb. Sans être un fan ultime de ce que produisent les Américains, j’y vois quand même une proposition sacrément intéressante. Après tout, ce sont des mastodontes de la mouvance Djent, de ceux qui ont contribué à transformer une esthétique de forum de geeks de la gratte en genre à part entière.

Et justement, pour l’anecdote, je suis Misha depuis ses tout débuts, à l’époque où il était encore un amateur planqué dans sa piaule à poster des enregistrements sur le forum sevenstring.org. Voir le chemin parcouru depuis ces démos de chambre jusqu’à l’Altar du Hellfest, ça a quelque chose de vertigineux, et ça raconte toute une époque de la musique sur internet. Celle où une génération entière de guitaristes a appris, composé et produit depuis sa piaule, avant de redéfinir complètement le son du Metal moderne.

Sur scène, le niveau est indécent. Son ultra tight de gratte évidemment, chaque palm mute calé au micropoil, et oublie la basse : les mecs slappent leurs grattes. Meilleur son du festival globalement, une précision de studio en plein air, et Matt Halpern derrière les fûts en état de grâce, quel niveau le bonhomme ! À un moment pendant le set, un sample jazz sexy de quelques secondes est venu casser l’ambiance, c’était drôle et ça résume bien l’humour  du groupe. Setlist plutôt cohérente même si axée sur les récentes sorties, et comme j’ai quasi stoppé d’écouter depuis Select Difficulty en 2016, quand on a eu droit à Marigold, ça a particulièrement bien fonctionné sur moi. Solide set !

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Blood Incantation – Altar

Certainement le plus gros clash du week-end entre Mastodon à la Valley ou Blood Incantation sous la Altar. Cornélien sur le papier, évident dans mon cœur, mon choix s’est orienté vers les créateurs de la pépite Absolute Elsewhere, qui n’est autre que l’un des meilleurs albums de Prog des dernières années, un disque qui a réconcilié les puristes du Death et les rêveurs cosmiques. Et pour nous faire kiffer jusqu’au bout, ils nous l’ont joué en intégralité ! Le concept de l’album joué intégralement en festival reste un pari audacieux, le public de passage n’étant pas toujours prêt à s’engager dans un voyage sans escale, mais quand l’œuvre est de cette trempe, le pari devient une évidence.

La recette, sur le papier, ne devrait pas fonctionner. Tu prends du Pink Floyd, du Death technique, des saveurs de Prog 70’s intelligemment disséminées, tu mixes le tout et t’as Blood Incantation. Sauf que chez eux, ces mondes ne se juxtaposent pas, ils fusionnent et les synthés planétants ne sont jamais un simple interlude entre deux déluges de riffs, ils font partie du même voyage. Ce soir ils ont été taille patron, quelle classe !

Visuellement aussi, le set était pensé avec des obélisques façon Égypte antique qui trônaient sur scène, et l’ambiance était particulière avec des lumières assez diffuses donnant une saveur mystique à l’ensemble, comme si l’Altar s’était transformée en temple d’une civilisation disparue. Le public a répondu présent, et quand je voyais toutes ces têtes se balancer et planer autour de moi, unies dans la même transe, ça filait des frissons. Que dire à part que ces mecs sont des magiciens… Une des plus belles claques de cette édition.

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The Gathering – Temple

Je clôturais mon report de 2025 par mon rêve de voir The Gathering au Hellfest avec Anneke de retour dans la formation. Mon vœu a été exaucé, et il faut croire que les dieux du metal lisent mes live reports. Ce moment, je l’ai attendu, et même si j’avais eu la chance de chroniquer leur date au Transbordeur de Lyon le mois dernier, je savais que The Gathering dans l’environnement du Hellfest allait être un moment particulièrement fort. Comme attendu, l’album Mandylion a eu la faveur du soir, puisqu’on fêtait ses 30 ans, trois décennies d’un disque qui a marqué toute une génération et ouvert tant de portes, et auquel j’avais d’ailleurs consacré une chronique rétro complète il y a quelques mois, histoire de me préparer spirituellement.

Et comme attendu aussi, je n’ai pas vu grand-chose du concert. Enfin si, peut-être Eléanor et Fear the Sea, puis à partir d’In Motion j’avais une gêne oculaire, un liquide un peu salé obstruait ma vue… J’ai dû me concentrer sur l’audition, et quelle audition. Caresse sur caresse, que ce soit Probably Built in the Fifties, Sand and Mercury et sa longue interlude instrumentale suspendue hors du temps, ou encore On Most Surfaces avec ces paroles qui sortaient si faiblement de mon corps tant j’étais submergé par l’émotion, « The frost hits me in the eye and wakes me… ». Moment de délire total sur Strange Machines, le titre qui m’aura fait tomber amoureux du groupe il y a bien longtemps.

Fin du set sur Saturnine, où toute la tente a applaudi et chanté. Non, je ne plaisante pas… toute la tente. Des milliers de voix dans la nuit de Clisson, absolument incroyable et immersif, un de ces instants où la frontière entre la scène et le public s’efface complètement. On sentait vraiment les émotions d’Anneke, qui semblait profondément touchée par l’amour envoyé par le public, elle dont la carrière solo continue par ailleurs de me toucher en plein cœur. Même René à la gratte, habituellement d’une sobriété toute néerlandaise, m’a semblé particulièrement en joie et touché par l’échange avec l’audience.

À la fin du concert, ce n’est plus des larmes qu’il fallait essuyer mais plutôt des sanglots que j’ai eu bien du mal à calmer. Et puis je pensais à ma fille qui vient de naître et qui pourra arborer un joli Anneke parmi ses prénoms, forcément j’allais être touché… Certains concerts s’écoutent, d’autres se vivent. Celui-là restera dans la deuxième catégorie pour toujours.

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Live Report Hellfest Jour 3

Après l’ouragan émotionnel de la veille, le samedi s’annonce comme une journée de résidence quasi permanente à la Valley, ma scène de cœur, avec quelques échappées vers la Temple et l’Altar. La chaleur monte encore d’un cran, les gourdes se vident à vitesse grand V, mais la programmation ne laisse aucune chance au repos.

Bruit ≤ – Valley

La formation toulousaine n’en est pas à son coup d’essai quand il s’agit de faire beaucoup de bruit… Je les suis depuis leurs tout débuts, depuis leurs premières dates, et je me délecte toujours à l’idée de voir autour de moi des gens qui les découvrent et qui en tombent totalement ébahis devant la performance. Car oui, Bruit ≤ c’est quand même un groupe à part dans le paysage français, et même au-delà. Rares sont les formations hexagonales de Post à avoir acquis une telle aura sans jamais rien céder sur leurs principes.

Ils sont à part musicalement, mais aussi humainement. Très engagé déjà, totalement anti-stream ou plus largement contre le technofascisme, le groupe assume des positions rares dans une industrie où tout le monde court après les playlists. Et ce sont aussi des gars posés, quand tu regardes leurs interviews, ça transpire la clarté d’esprit, le bon sens et la bienveillance. Une cohérence totale entre le discours et la musique, chose suffisamment rare pour être soulignée.

Sur scène, malgré un set sous la lumière de midi qui ne leur rend pas justice, leur musique appelant plutôt la pénombre et les jeux de lumière, c’est grandiose. Bah oui, quand tu introduis ton set avec l’immense Ephemeral et son violoncelle qui tire l’ambiance en longueur, ça déboîte d’entrée. Sur Technoslavery / Vandalism, c’est des gros frissons, il y a une saveur de je-ne-sais-quoi qui me plonge dans un sentiment de nostalgie, et voir ce quatuor magnifier sa musique sur scène, ça fait quelque chose. Final grandiose sur The Machine is Burning, un titre qui me fait toujours un effet énorme, c’est un morceau « cathédrale », c’est beau, c’est immense, c’est imposant, une architecture sonore qui s’élève couche après couche jusqu’à l’écrasement final. Franchement bravo les gars. Je continuerai de vous suivre longtemps, peu importe votre chemin, je sais que ça continuera de me prendre aux tripes.

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Fange – Valley

Ça me fait toujours sourire, les groupes que tu as l’occasion de voir dans de toutes petites salles avant de les retrouver sur les grandes scènes. Pour le coup je repense à cette date en 2023 où ils ouvraient pour Imperial Triumphant à Décines, on devait être 60 ou 70 dans la salle… Leur musique et leur style jusqu’au-boutiste m’avaient sacrément marqué ce soir-là, de ces concerts où tu sens que le groupe jouerait avec la même intensité devant 10 personnes ou 10 000.

Les revoir à la Valley, c’était forcément un autre délire, et la montée en échelle ne leur a rien fait perdre.J’ai trouvé leur set franchement opulent, très incisif, très rentre-dedans, et toujours aussi déluré. Déjà, les gars ont un look, une identité visuelle qui claque. Le frontman est totalement possédé, limite il fait peur, habité par quelque chose qu’on préfère ne pas trop identifier, et le bassiste bouge comme un sauvage. Particularité qui intrigue toujours les nouveaux venus, il n’y a pas de batteur sur scène, la section rythmique est remplacée par des beats industriels qui me rappellent le délire de Bong-Ra, et qui donnent à leur son cette froideur mécanique implacable, comme une machine qui aurait appris à haïr. C’est un choix radical qui divise, mais qui donne au groupe une identité immédiatement reconnaissable, chose précieuse dans un paysage extrême parfois uniforme.

Bref, chouette moment avec ce groupe fan de la lettre P (les noms d’albums démarrent toujours par P, vérifiez, c’est cadeau).

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Psychonaut – Valley

Certainement l’une des formations les plus kiffantes de ces dernières années. Les Belges ont tout pour eux, un univers musical riche oscillant entre Post Metal et Prog, du talent à tous les étages, et une notoriété montante loin d’être volée, construite date après date à la force du live et d’albums qui sont sans exeptions juste excellents. Ce qui impressionne chez eux, c’est cette capacité à faire sonner un simple trio comme un orchestre, chaque zikos occupant l’espace sonore avec une intelligence rare. J’avais d’ailleurs eu la chance de les chroniquer au Marché Gare de Lyon en avril dernier, et voir la même intensité se déployer sur la grande scène de la Valley confirme tout le bien que je pense de leur trajectoire.

Aujourd’hui à la Valley, le trio nous a fait profiter d’une setlist qui a visité l’ensemble de leur discographie, un parcours idéal pour les découvreurs comme pour les fidèles. Gros moment sur Endless Currents et son riff introductif iconique (et bien technique aussi, essayez donc de le jouer), pendant que les voix de Stefan et Thomas s’envolent au-dessus de la Valley, en harmonies parfaites. C’est beau, c’est planant, c’est exactement ce pour quoi cette scène existe.

Thomas et Stefan étaient bien en forme sur le devant de la scène, avec un petit clin d’œil aux dates françaises où ils sont passés, toujours agréable de sentir que la France compte pour eux. Final sur You Are the Sky puis Everything Else is Just the Weather, grandiose ! Et visiblement le trio a su attirer le chaland, le public était arrivé en masse. La trajectoire ascendante continue, et elle est amplement méritée.

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Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs – Valley

Ça faisait quelques années que j’attendais de les voir se produire sur scène. Sans être grand connaisseur de leurs œuvres, j’avais quand même un a priori positif, et le nom à rallonge des Anglais intrigue suffisamment pour qu’on ait envie de vérifier par soi-même ce qui se cache derrière ces sept cochons.

Matthew en frontman attire forcément les regards. Le gars a un style bien particulier et il est plus qu’à fond dans son rôle, avec une présence totalement délirante qui oscille entre le prêcheur illuminé et le showman déchaîné. Sa voix rocailleuse me rappellerait presque un jeune Lemmy, c’est dire le niveau de gouaille. Niveau son, c’est plutôt étonnant, ça fuzz à mort avec ce style Stoner bien lourd, mais il y a un côté parfois Punk et rentre-dedans qui fait toute la patte de Pigs x7, une urgence, une crasse assumée qui les distingue des formations plus contemplatives du genre. Là où beaucoup de groupes de Stoner invitent à planer, les Anglais te secouent, et ce positionnement hybride explique sans doute pourquoi ils touchent autant les publics Rock que Metal.

Malgré la chaleur extrême, et Matthew a mentionné qu’en tant qu’Anglais ils n’étaient pas habitués à ces températures, on veut bien le croire, nos voisins d’outre-Manche ont fait le job, et bien fait !

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God Is An Astronaut – Valley

Ça faisait déjà quelques années que je n’avais pas eu l’occasion de les revoir, de reprendre cet envol vers des cieux différents… C’est la promesse de God Is An Astronaut depuis toujours avec une patte instrumentale qui raconte, qui élève sans effort apparent. Les Irlandais font partie de ces pionniers qui ont démontré qu’on pouvait remplir des salles sans la présence de vrai chanteurs (les voix filtrées de GIAA résonnent plus comme des synthés), uniquement à la force des atmosphères, et dans cette Valley pleine à craquer, nul doute que le voyage allait bien se passer.

Déjà, belle surprise de voir que la sublime Jo Quail a rejoint la formation irlandaise avec son violoncelle électrique. Sa prestation a véritablement enrichi le set du jour, apportant une profondeur organique aux textures du groupe, c’était parfait. Pour ma part, j’ai particulièrement apprécié les morceaux de l’album All Is Violent, All Is Bright, sommet émotionnel de leur discographie à mes oreilles, connaissant moins le reste de leur imposant catalogue.

Un set couronné de succès avec une audience réceptive, et c’est là la vraie surprise, vu les températures extérieures et le calme relatif de la musique de God Is An Astronaut, on aurait pu craindre une torpeur générale, mais non, le public a plongé dans le voyage avec eux. Comme quoi, même en pleine canicule, la beauté trouve toujours son chemin.

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Oranssi Pazuzu – Temple

J’attendais beaucoup de ce set. J’adore cette formation finlandaise qui est unique en son genre. Elle tisse un tableau mélangeant Black Metal et musiques psychédéliques et progressives, un vortex sonore où les repères traditionnels du genre se dissolvent dans des nappes hallucinées. Sur le papier, c’est le genre de groupe qui colle à 100% à la ligne éditoriale du média, le pont parfait entre mes obsessions extrêmes et mes amours progressistes, et je les avais d’ailleurs bien notés dans mon programme Prog de l’édition.

Gros moment sur Uusi Teknokratia, dont la progression te fait rentrer tête la première dans leur univers, cette lente montée hypnotique qui fonctionne comme un rituel d’initiation. Sur scène, Juho (gratteux chanteur) reste un long moment bras levés, figure hiératique au milieu du chaos, tandis que Ikon, l’autre gratte, comme à son habitude, ne tient pas en place. Beau bordel sur Bioalkemisti, qui déménage pas mal, mais sous une Temple brûlante, le public restait globalement contemplatif, écrasé autant par la musique que par le mercure.

Un set plaisant donc, mais difficile à vivre dans la fournaise sans air de la Temple. J’ai préféré passer mon concert plus éloigné, proche des courants d’air, tant pis pour l’immersion. C’est le paradoxe de cette édition caniculaire, les musiques les plus immersives se sont parfois heurtées aux limites du corps humain.

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Septicflesh – Altar

Les Grecs ont pulvérisé la Altar avec un public très largement conquis, on voyait beaucoup de horns en l’air ! Pour ma part, Septicflesh c’est du vu, revu et re-revu, mais j’y retourne toujours tant je passe un bon moment. Phénomène étrange d’ailleurs ,je n’écoute quasiment jamais le groupe à la maison, c’est donc une formation que je ne connais plutôt qu’en live. Il faut croire que leur Death Symphonique, avec ses ambiances grandiloquentes et ses chœurs épiques, est taillé pour la scène avant tout, là où la puissance orchestrale prend toute sa dimension physique. C’est un cas d’école intéressant, certains groupes s’apprécient au casque, d’autres n’existent vraiment que dans le partage collectif, et les Grecs appartiennent pour moi clairement à la deuxième famille.

Ce soir encore, c’était bien prenant. Seth (qui joue sur une basse Vigier, lutherie française s’il vous plaît) en frontman me fait toujours marrer avec ses phrases type « Are you ready my friends ? », ce côté bonhomme chaleureux qui contraste délicieusement avec la noirceur monumentale de leur musique. Parmi les titres qui m’ont bien embarqué, il y a très certainement Anubis avec ce chœur chanté en masse par le public, un titre taillé pour la scène, touché par la grâce tant il est efficace, mais aussi Neuromancer, lancé en début de set avec un riff bien agressif qui a mis tout le monde d’accord d’entrée.

Un beau moment de Death, de symphonique et de partage, c’était ambiance « Brothers and Sisters » jusqu’au bout.

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Carcass – Altar

J’adore ces mecs. Bill Steer à la gratte est tellement sous-côté, ce type c’est la science du riff en personne, un mec qui a participé à poser les fondations de tout un pan du Metal extrême et qui continue de donner des cours magistraux à chaque concert. Excusez-moi de passer pour un boomer, mais ces anciens-là, quand ils claquent du riff, tu peux me mettre tous les groupes tendance Metalcore du moment, on est à plusieurs unités astronomiques de distance… Bref, j’arrête de tailler gratuitement, chacun ses amours.

Ce set de Carcass a été l’un des moments les plus plaisants du week-end ! Des titres de dingues se sont enchaînés, comme l’un de mes hymnes personnels, Buried Dreams, et son groove imparable. Mention très spéciale à Daniel derrière les fûts, chirurgical, et je ne pense pas qu’il ait demandé une autorisation à qui que ce soit pour avoir un tel son de caisse claire… Tu sais, quand chaque frappe te titille le fond des tympans tellement ça fouette et ça claque, magnifique, le genre de son de batterie qui te réconcilie avec la vie.

Bref, les anciens ont envoyé du massif, un son de dingue, un groove de malade, c’était du bonheur du début à la fin, et la preuve éclatante que la classe ne prend pas de rides. Ah, et pour info, le live est disponible sur Arte, merci à eux, foncez vérifier tout ce que je viens de raconter !

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Dernier jour, et pas n’importe lequel. C’est le pic de la canicule. L’air chaud tape au-delà des 42/43° à l’ombre, le public se fait plus épars, les organismes tirent la langue. Mais la programmation du jour, entre légendes ressuscitées et valeurs sûres de l’extrême, mérite bien qu’on serre les dents une dernière fois.

Silhouette – Temple

Une formation montpelliéraine dont j’ai entendu le plus grand bien, et grand bien m’a fait d’aller me plonger dans ce voyage sombre et atmosphérique matinal. Leur Black Metal Atmosphérique, qui tend parfois vers le Post, est très musical, privilégiant la mélodie et l’émotion à la seule agression, ce qui rappelle forcément parfois Alcest, référence inévitable mais méritée quand on évolue à ce niveau d’élégance. La France est décidément devenue une terre d’excellence pour ce registre, et Silhouette s’inscrit dans cette lignée avec une identité déjà bien affirmée.

La grande force du groupe réside dans son duo vocal avec Ondine et Yharnam qui font magnifiquement s’opposer puis se combiner leurs voix éthérées et saturées, créant ce dialogue permanent entre lumière et ténèbres qui structure toute leur musique. Les zikos sur scène transpirent une certaine élégance, leurs mouvements et l’ambiance générale ont rendu ce moment vraiment plaisant, une parenthèse de grâce avant la fournaise de l’après-midi.

Un bon moment de découverte, et la scène française confirme encore sa santé insolente. Je coche déjà notre prochain rendez-vous au Rock’n’Eat en octobre, en configuration club cette fois, hâte de voir ce que ça donne.

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Bloodstain – Altar

La description sur l’appli Hellfest m’a donné envie d’aller jeter une oreille à cette formation, la promesse étant simple, du bon vieux Thrash à l’ancienne. Eh bien pour un jeune groupe qui a à peine deux ou trois ans d’existence, le rendu est plutôt impressionnant ! Tous les codes du vieux Thrash sont respectés avec une application d’orfèvre . Le look évidemment, le son, les solos enflammés et le côté enjoué des zikos sur scène, cette énergie juvénile qui rappelle pourquoi ce genre a conquis le monde il y a quarante ans. Le revival Thrash n’est pas nouveau, mais chaque génération produit son lot de jeunes pousses qui redécouvrent la formule avec une sincérité désarmante, et c’est toujours un plaisir de voir la flamme se transmettre.

Ça bouge, ça riffe, et accessoirement c’est une bande de beaux gosses avec des chevelures à faire pâlir les influenceuses beauté, le headbang comme argument capillaire. Les morceaux s’enchaînent rapidement, sans temps mort, dans la plus pure tradition du genre. Un moment sympa, bien que pas des plus originaux, mais après tout le Thrash n’a jamais eu vocation à réinventer la roue, il a vocation à la faire tourner à 200 km/h, et là-dessus, contrat rempli.

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Gnome – Valley

Le mercure cogne déjà bien violemment et c’est donc un petit défi que de se ramener à cette heure sous le soleil de la Valley. Et étonnamment, le public s’est rassemblé en masse devant cette formation belge assez intrigante, preuve que le bouche-à-oreille fonctionne à plein régime autour d’eux. Décidément, entre eux et Psychonaut la veille, le plat pays confirme qu’il est en train de devenir l’un des viviers les plus excitants d’Europe pour les musiques lourdes.

Premièrement, jolie coup de génie marketing et scénique avec des chapeaux rouges pointus qui sont massivement distribués dans le public, excellente idée qui donne un côté secte/culte à ce set, une marée de gnomes headbanguant sous le soleil de Clisson. Une image totalement surréaliste et parfaitement réussie ! Le trio a envoyé la sauce avec des riffs bien lourds et ultra engageants qui donnent naturellement envie de bouger la tête ou de jumper, ce Stoner ludique et fédérateur qui ne se prend pas au sérieux tout en étant exécuté avec un sérieux redoutable.

Pour l’ambiance et le set de feu, c’était assurément l’un des shows du jour.

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Soilent Green – Valley

Un vieux nom que je n’avais pas vu tourner depuis un sacré moment. Sauf erreur de ma part, ça fait facile 15 ans qu’ils n’ont pas joué dans l’Hexagone, autant dire une éternité, et toute une génération de festivaliers qui ne les a jamais vus. Du coup je ne savais pas trop à quoi m’attendre et j’ai été très agréablement surpris.

Le frontman Ben est hyper énergique et charismatique, véritable locomotive du set. À la gratte, on retrouve aussi el famoso Brian Patton, qui officiera plus tard dans l’après-midi avec Eyehategod, double service sous la canicule, respect. Côté son, c’est surprenamment violent, une sorte de Grind bien salasse avec cette patte Sludge ricaine bien savoureuse, ce mélange typique du Sud des États-Unis où la vitesse extrême percute la lourdeur poisseuse. Cette scène de la Nouvelle-Orléans, décidément bien représentée sur ce dimanche, a développé un langage à part dans le Metal américain, moite et vénéneux comme les bayous qui l’ont vue naître.

Vu qu’on était en plein pic de chaleur, il n’y avait pas trop de vaillants sous le soleil de la Valley, et pour être honnête, je ne faisais pas le fier non plus, caché derrière mes objectifs et ma gourde. Heureusement, sur scène c’était tellement puissant que j’ai vraiment passé un bon moment. Les retours d’exil, quand ils sont de cette trempe, valent tous les sacrifices thermiques.

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Eyehategod – Valley

Enfin ! Je n’avais jusqu’à ce jour jamais eu l’occasion de croiser la route des Américains, quand bien même ils ont souvent foulé les terres clissonnaises. Les pionniers du Sludge le plus crasseux faisaient partie de ces cases jamais cochées de ma carte de festivalier, alors ce set à la Valley, je l’attendais avec pas mal de curiosité, et j’ai été plutôt récompensé. Suite logique de Soilent Green quelques heures plus tôt, avec Brian Patton qui rempile le même jour, il y avait quelque chose de cérémonieux là-dedans.

Sur scène, tu sens les mecs qui n’en ont rien à foutre, et c’est exactement ce qu’on attend d’eux. Jimmy Bower à la gratte, clope au bec, nous accueille avec de jolis doigts d’honneur, le protocole de bienvenue maison. Mike Williams, le frontman, paraît en lévitation totale, complètement dans son univers, quelque part entre ici et ailleurs, mais pourtant il tient plutôt bien la baraque ! C’est tout le paradoxe fascinant de ce groupe. Une désinvolture totale en apparence, et derrière, des décennies de métier qui font que ça groove salement quoi qu’il arrive. L’école de la Nouvelle-Orléans dans toute sa splendeur… Des déglingués…

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Wolves in the Throne Room – Temple

Grosse attente pour le Black très atmo des Américains, aux relents parfois Prog et aux titres qui s’étirent en longueur, cette école du Black Metal contemplatif qui transforme la fureur en méditation. Les frères de l’État de Washington ont pratiquement inventé un sous-genre à eux seuls, ce Black organique et tellurique connecté aux forêts du Nord-Ouest américain, et leur influence s’entend aujourd’hui chez des dizaines de formations. Sur le papier, l’un des rendez-vous du dimanche pour l’amateur d’ambiances que je suis.

Toutefois, ce n’était pas évident de rentrer dans leur univers. Le sauna qu’était la Temple avait visiblement eu le dessus sur moi comme sur bon nombre de festivaliers, c’était un peu clairsemé là-dessous, et il faut bien admettre qu’une musique qui exige un tel abandon se heurte frontalement à un corps en surchauffe. Quelques moments de flottement et pépins techniques ont fini de créer une barrière entre moi et ce que la formation avait à proposer, la magie ne demandant qu’à opérer sans jamais vraiment y parvenir.

Quelques moments de plaisir tout de même sur les morceaux de l’album Two Hunters qui ont été joués, une petite douceur nostalgique bienvenue qui m’a rappelé pourquoi ce disque compte tant dans l’histoire du genre. Partie remise, dans des conditions plus clémentes j’espère.

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Acid Bath – Valley

Retour à la Valley pour l’un des groupes les plus attendus de l’édition, et le mot est faible. Forcément, après presque 30 ans de hiatus, la formation a développé une forme de mythe autour d’elle, alimenté par la rareté et le bouche-à-oreille de générations de metalleux. Qui aurait pu deviner ça avec seulement deux albums dans les bagages ? C’est bien la preuve que la qualité finit toujours par traverser le temps, et que certaines discographies courtes pèsent plus lourd que des carrières entières.

Pour ma part, Acid Bath c’est surtout l’album When the Kite String Pops (avec ce foutu clown sur la pochette, impossible à oublier une fois qu’on l’a vu), qui m’a bercé pendant ma période Alice in Chains, groupe avec lequel je trouve pas mal de similarités dans ces harmonies vocales vénéneuses, en version un peu plus énervée et poisseuse, marinade louisianaise oblige. Troisième représentant de la filière New Orleans de la journée après Soilent Green et Eyehategod, et pas des moindres, ce dimanche la Valley ressemblait décidément à une convention du bayou.

Sur scène, les patrons ont fait le taf, pas de souci à ce niveau là. La double pédale rend le tout parfois pas très lisible, mais on ne s’attend pas à du chirurgical devant un show d’Acid Bath, ce serait presque trahir l’esprit. En dehors de ce petit détail, c’était clean. Des titres bien fédérateurs ont été balancés comme Venus Blue, où Dax a pu faire entendre toute sa palette vocale, du velours au vitriol on peut dire, ce qu’il réitérera pendant le set sur des moments acoustiques. Bon moment de kiff sur The Mortician’s Flame avec ses riffs bien nerveux, presque Thrash. Dans l’audience, visiblement ça a bien marché !

Niveau de satisfaction très élevé après avoir vu une bonne partie du set, avec cette sensation rare d’avoir eu la chance de voir un groupe devenu iconique, de ceux dont on dira dans dix ans « j’y étais ».

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Napalm Death – Altar

Jamais, ô grand jamais, je n’ai été déçu par un show des Anglais, et cette édition n’allait pas briser la série. Barney et ses potes sont des bêtes de scène, littéralement, et le cardio de notre frontman, à presque 60 balais, me rend bigrement jaloux . Le bonhomme traverse la scène comme d’autres traversent leur salon, en sprint permanent, avec cette gestuelle inimitable de pantin électrocuté.

Sur scène, c’est forcément claque sur claque, du Grind qui te prend et ne te relâche jamais, une patte Death technique et incisive à souhait, un joyeux bordel en somme, mais un bordel millimétré par des décennies de pratique. Comme toujours, et ça fait partie de la patte des Britanniques depuis leurs débuts, quelques messages engagés sont glissés entre certains morceaux, et avec eux j’ai toujours trouvé que ça avait du sens. Pas de posture, une colère politique sincère qui irrigue la musique depuis le premier jour, et qui rappelle que le Grind est né comme un cri social avant d’être un exercice de vitesse. J’ai particulièrement souri sur « Religion is a waste of mind fucking time », du Barney dans le texte.

Encore un show légendaire. Avec déjà 45 ans de carrière, j’ai rarement vu des mecs donner des leçons pareilles sur scène, fucking legends !

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Mayhem – Temple

Hésitation cruelle entre Down et Mayhem pour clôturer mon festival. Ayant vu les premiers récemment, je me suis laissé tenter par les mythiques Norvégiens, monument du Black Metal dont l’histoire, entre légende noire et discographie fondatrice, n’a plus besoin d’être racontée. Une formation que j’ai finalement assez peu écoutée, étant plutôt team Emperor dans mon jeune âge, chacun sa chapelle norvégienne, donc à part les deux premiers albums, j’étais plutôt en quête de découverte ce soir.

Premièrement, le show a quelque chose de grandiose. Scéniquement ça en jete, le son est massif, et le grand écran en fond diffuse des images ténébreuses et prophétiques tout en alternant avec des photos d’époque, manière élégante de convoquer le poids de l’histoire sans s’y enfermer. Autre découverte, la variété étonnante du set, alors que je m’attendais à du vieux Black Metal bien tradi, à l’ancienne, j’ai trouvé l’ensemble assez diversifié, y compris sur les parties vocales qui peuvent parfois s’aventurer sur des fréquences bien hautes, ce qui détonne habituellement avec le genre. Void au chant alterne les tenues et sa présence assez mystique sur scène accentue encore le côté théâtral des Norvégiens, véritable cérémonie plus que simple concert.

Je n’en attendais rien d’extraordinaire et pourtant j’ai été agréablement surpris par la proposition du soir, entre Black rentre-dedans, envolées plus mélodiques et jeu de scène travaillé. Une clôture de Temple réussie avec brio, et une belle manière de refermer mon édition.

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Hellfest 2026 – Bilan d'une édition de transition

Que dire encore une fois sur ce festival hors norme. Le Hellfest 2026, avec son affiche de haut vol (sans déconner, cette année la programmation était extrêmement pointue, avec une densité de découvertes et de valeurs sûres rarement atteinte), a tenu toutes ses promesses ! Et pourtant, avec les annonces faites en fin de festival (j’y reviens plus bas), je me rends compte que ce n’était finalement qu’une année de transition. Le festival se tient désormais sur plus de quatre jours si l’on n’omet pas le mercredi, déjà bien chargé sur les scènes annexes comme la Hell Stage ou la Purple House ! 

Des aménagements assez cools cette année, comme les bornes éthylotests présentes sur le site, ou un stand calme derrière la Valley avec des casques anti-bruit disponibles, initiative bienvenue quand les tympans et le cerveau réclament une trêve. De manière générale, c’était un super spot pour se poser entre deux concerts, ou boire une bière comme à l’apéro du poto Musinc par exemple.

Cette année, je n’ai quasiment pas vu la Mainstage, à part Opeth et A Perfect Circle en mode pause repas au loin, la programmation de la Valley (décidément toujours au top), de la Temple ou de l’Altar m’a tenu éloigné des autres scènes. J’ai trouvé ça plutôt positif, ça m’a permis de retrouver les mêmes « têtes » régulièrement, particulièrement sur la Valley, où je dirais presque que c’est un fest dans le fest. Il y a vraiment un esprit et une ambiance à part sur cette scène, une communauté de connaisseurs bienveillants, ce qui en fait de loin ma préférée. D’ailleurs, petit conseil d’habitué : il y a toujours de la place à droite de la scène à la Valley, par contre à l’entrée c’est souvent plein à craquer. Pour les non-initiés, je vous invite donc à faire le tour par derrière le bar, les conditions de l’autre côté sont largement plus agréables.

Point de vue forcément personnel, mais j’ai passé pas mal de concerts dans de mauvaises positions. C’est le jeu quand tu vas prendre des photos et que tu ressors tout derrière. Sur certains slots où le public est massivement présent, tu te retrouves au fond avec rarement les meilleures conditions son/vue. Sans oublier qu’à partir d’une certaine heure, avec la foule, les trajets Valley – Temple/Altar prennent un peu plus de temps que prévu, m’obligeant à écourter certains shows pour être sûr de pouvoir immortaliser le suivant, là encore c’est un peu le jeu. Ce qui me fait forcément penser à cet arbitrage éternel entre « vouloir tout voir » et « prendre le temps de profiter » . Avec tant de groupes alléchants cette année, j’ai plus penché vers la première option, ce qui a fatalement rendu certaines expériences inachevées ou privées de leur conclusion. C’est donc certainement une recommandation que je ferais à tout futur Hellbanger. N’hésitez pas parfois à « sauter » un groupe ou deux si ça permet de mieux profiter d’un groupe qui compte vraiment pour vous, et par la même occasion ça permet de ne pas trop taper dans sa barre d’énergie !

Cette année j’ai pris le temps de prendre en photo quelques festivaliers et bénévoles, dont voici une petite sélection : 

[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City 1
[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City 2
[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City 3
[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City 4
[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City 5
[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City 6
[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City 7
[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City 8
[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City 9
[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City 10
[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City 11
[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City 12
[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City 13
[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City 14
[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City 15
[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City 16
[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City 17
[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City 18
[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City 19
[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City 20
[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City 21
[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City 22
[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City 23
[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City 24
[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City 25
[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City 26
[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City 27
[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City 28
[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City 29
[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City 30
[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City 31
[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City 32
[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City 33
[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City 34
[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City 35
[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City 36

Nouveautés et canicule

La statue d’Ozzy, très attendue, me paraît moins impressionnante que celle de Lemmy, cela dit ça reste un bel accueil pour les festivaliers, et le ponton qui mène à l’entrée me semble également tout nouveau. Quelques pubs dans la Hell City ont eu droit à quelques retouches. Il y a aussi un vitrail avec Brent Hinds (R.I.P – Gratteux de Mastodon) quelque part sur le site, bel hommage, mais je n’ai jamais su où il se trouvait, avis aux festivaliers plus observateurs que moi.

La canicule a été particulièrement sévère cette année, rendant l’expérience du festival parfois à la limite du supportable (et pas de tartare de bœuf disponible à cause de la chaleur, anecdotique mais c’était mon petit rituel quotidien, et les rituels, au Hellfest, c’est sacré). Heureusement, l’équipe du Hellfest, déjà bien expérimentée sur le sujet, sort le matos à coups de gros canons brumisateurs et de bénévoles pour rafraîchir le metalleux suintant (bon, moi je préfère éviter, de peur de retrouver une belle trace d’humidité dans mes objectifs, déformation professionnelle). Malgré cette cagne difficile à encaisser, ça n’a pas tant démonté la motivation des festivaliers… jusqu’au dimanche, pic de la canicule, où le public s’est fait bien plus épars, et je peux comprendre avec un air chaud qui tapait au-delà des 40° à l’ombre. Autre point compliqué lors des vagues de chaleur, le duo Altar/Temple car le manque de ventilation transforme ces scènes en hammam géant, la seule astuce étant de se rapprocher des entrées d’air pour profiter d’une petite brise.

Autrement, les conditions du Hellfest restent encore cinq étoiles, que ce soit pour l’ambiance générale, les décorations ou les groupes de dingues présents, c’est vraiment la bulle annuelle que j’attends avec impatience. J’ai trouvé une certaine fluidité pendant tout le week-end, que ce soit dans les déplacements ou pour passer commande dans les offres bars et restauration. Aussi j’aime tellement cet univers que je me refuse encore, après tant d’éditions, à quitter le camping du fest à l’ancienne (mais Blue Camp hein, j’évite le White/Red, on sait pourquoi) avec la bande des Graous que je retrouve chaque année. Vivre ça en communion avec les copains, bref, vivre le Hellfest comme il se doit.

Toujours autant de plaisir à se poser et observer autour de soi aussi. Les décors, l’ambiance, c’est cet ensemble qui rend le festival si unique. 

[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City 37
[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City 38
[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City 39
[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City 40
[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City 41
[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City 42
[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City 43
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[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City 69
[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City 70

Mes tops de cette édition

Sans ordre particulier, sauf pour les Néerlandais qui trustent la première place de cette liste :

  • The Gathering : la classe ultime, la charge émotionnelle au max, une Anneke qui tient son public dans la paume de la main… Rien, absolument rien ne pouvait égaler cet évènement, je leur en veux presque de me démolir comme ça.
  • Elder : la claque Prog du week-end, un Nick qui fait parler sa virtuosité, un son impeccable et des envolées psychédéliques délicieuses, le show a été une véritable leçon.
  • Impureza : ravi d’avoir pu les découvrir sur scène, ça faisait déjà quelques mois que je suivais cette formation qui a tout pour elle, des compos chiadées, un univers avec beaucoup de saveurs, et forcément mon côté ibérique a adoré, à quand la prochaine tournée ?
  • Ponte Del Diavolo : forcément, avec un album prodigieux tout neuf, les Turinois allaient m’avoir dans leur poche. Et Erba, quelle magnifique frontwoman, elle a un charisme naturel qui ne peut laisser personne de marbre. Un groupe qui, je n’ai aucun doute là-dessus, va continuer de percer et sera un fer de lance de la scène italienne au même titre que Messa par exemple.
  • Blood Incantation : je suis progueux, ils sont progueux, on aime les riffs qui tapent et on aime visiblement autant les flûtes jouées au mellotron. Bref, que dire à part que voir devant soi l’album Absolute Elsewhere se dérouler, c’est du prime time pour les binoclards comme moi en manque d’envolées progressistes. Un set parfait de bout en bout.

Les promesses pour 2027

Vous avez sûrement déjà vu passer l’info un peu partout, mais je vous en parle quand même. Pour ses 20 ans, le Hellfest voit les choses en grand avec 300 groupes répartis sur 10 scènes ! La Valley sera épaulée par l’Abyss, l’Altar par la Forge, le Temple par la Crypt et la Warzone par la Riot. De quoi imaginer des affiches encore plus pointues, avec davantage de place pour les découvertes et les groupes les plus underground, exactement le genre de programmation qui fait vibrer nos colonnes. Le site va également être entièrement repensé, à l’exception des deux Mainstages, afin d’intégrer ces nouvelles scènes sans augmenter la jauge, qui restera fixée à 60 000 festivaliers par jour. Le camping, lui, ne bouge pas, ce qui pour ma part est plutôt bienvenu, car j’ai toujours trouvé que la proximité du camping est un atout du Hellfest (d’autres grands festivals ne peuvent pas se targuer d’avoir un camping relativement aussi proche des scènes). Quant au pass 4 jours, il passe à 389 € (hors frais de gestion de 10 boules), soit une augmentation plutôt mesurée compte tenu de ces changements et de la quantité de groupes attendus !

Qu’en penser ? Il allait forcément se passer un truc pour cette 20e édition, mais je ne m’attendais quand même pas à une telle démesure. Il y a forcément de l’excitation autour de cette info, mais aussi des craintes légitimes. Comment ça va se passer concrètement sur le terrain ? Encore plus de clashs de programmation, alors que j’en ai déjà souffert cette année ? Ou alors la fluidité du trafic sera-t-elle encore meilleure grâce à la réorganisation, permettant de passer de scène en scène plus facilement ? Ou est-ce que les doublettes de scènes deviendront des mini festivals dans le festival, à l’image de ce que la Valley représente déjà pour moi ? Allez savoir. Je suis quand même extrêmement curieux et impatient de voir ce que ce projet va nous offrir… Maintenant, il ne reste plus qu’à patienter jusqu’à la fin de l’année pour découvrir une programmation qui s’annonce complètement folle, et voir si les rumeurs autour de Gojira pour cette édition anniversaire se confirment. Rendez-vous pris, et d’ici là, je tâcherai de continuer à vibrer au rythme des salles et des festoches cet été. À l’année prochaine, Clisson.

Hellfest - Aftermovie

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Djamel Profil
Djam - Progressive Metalhead

Originaire des Pyrénées, je traine mes pattes dans la scène Rock depuis plus de 20 ans. Je couvre les concerts avec mon vieux réflex d’une main et mon stylo de l’autre, toujours prêt à partager mon opinion. Que ce soit sur scène ou en festival, je balance mes chroniques et live reports capturant l’essence de ma propre expérience.

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[Live Report] Hellfest 2026 – Tales from the Pit @Clisson Rock City

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02/07/2026

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