Je débarque à l’Antirouille à Montpellier avec cette petite excitation que je connais trop bien, celle des soirs où je sais que je vais prendre quelque chose en pleine face. Pas juste un concert vu et revu, mais une vraie expérience, celle qui est rare et qui te marque un bon moment. L’orga de What The Fest a encore flairé le bon filon, avec une affiche qui ne fait aucun compromis entre radicalité et proposition artistique, pour moi c’est forcément une date à ne pas manquer.
Toward the Throne
Le souvenir de leur passage avec Der Weg Einer Freiheit était encore vif, et force est de constater que Toward the Throne n’a rien perdu de sa superbe. Le groupe confirme sa montée en puissance avec une prestation qui ne laisse aucun répit.
Dès l’entame, on est percuté par leur Blackened Death nerveux, d’une efficacité redoutable. Les riffs s’enchaînent avec une urgence constante, portés par une section rythmique qui frôle la démonstration de force à chaque instant.
Ayant désormais le dernier album bien en tête, l’immersion est d’autant plus brutale. La familiarité avec des titres comme “Midnight“ ou “Caught Between Breaths“ permet de saisir toute leur complexité et en live, leur dimension épique prend une envergure encore plus incroyable.
Sur le front de scène, Gauthier impose son style. Loin de rester dans l’ombre, sa basse fracasse et ses assauts vocaux apportent ce surplus de rage indispensable à l’ensemble. Les grattes, quant à elles, naviguent avec une aisance folle entre une technicité pure et des passages plus Atmos, ça crée un équilibre parfait entre violence et moments plus contemplatifs.
Ce qui fait la force des frenchies, c’est aussi de bonnes idées de compos. Les touches Prog, les cassures de rythme et les respirations bien placées viennent aérer un set qui reste globalement massif.
Visuellement, le groupe dégage une assurance naturelle sans avoir besoin d’en faire trop. C’est carré, c’est puissant, et ça lance la soirée sur des bases extrêmement solides. Une ouverture d’une efficacité redoutable !
Bong-Ra
Je toujours un œil attentif quand je tombe sur un dreadeux sur scène vu qu’on partage la même passion capillaire… Alors forcément, quand Bong-Ra débarque avec Jason Köhnen aux commandes, ma curiosité est de mise.
Et le mot est faible.
Ce set, c’est une plongée dans un cauchemar industriel. Une masse sonore hybride où le Black Metal, le Doom, le Breakcore et les sonorités électroniques se percutent dans une espèce de magma sonore totalement imprévisible.
On retrouve cette signature sonore ultra reconnaissable, ce poids dans les basses fréquences qui te fais comprendre rapidement que ça crache fort. Les textures sont denses, presque monolithiques. Ça sonne même ritualiste, avec des nappes qui évoquent autant un univers noir qu’un rituel occulte.
Il y a quelque chose d’assez cinématographique dans la manière dont les morceaux se déploient. Des montées en tension, des ruptures, puis des explosions plus brutales qui viennent t’écraser.
Je suis partagé entre fascination et désorientation. C’est vrai que ça sort de ma zone de confort, j’ai rarement écouté des sons aussi curieux. Mon cerveau essaie de comprendre pendant que mon corps encaisse, un peu à la façon d’un Igorrr mais avec une touche industrielle bien plus marquée (et sans la patte parfois lyrique ou orchestrale). Et c’est exactement ce que j’attends d’un projet comme celui-ci. Une expérience totale. Pas forcément accessible, mais terriblement marquante !
Thy Catafalque
Et puis vient le moment que j’attendais depuis… une bonne décennie. Thy Catafalque.
Je les avais vus lors du dernier Hellfest, et c’était déjà un moment fort. Mais comme toujours un set en festival, c’est pas suffisant. Là, dans une salle comme l’Antirouille, il y a quelque chose de plus intime, de plus immersif. Et surtout, cette sensation de vivre enfin un concert que j’ai attendu pendant des années.
Parce qu’il faut le rappeler, voir le projet de Tamas Katai sur scène reste un petit miracle. Un projet studio pendant plus de vingt ans, qui ne prend vie en live que récemment… et seulement accessible depuis deux ans en France.
Et dès les premières notes de “Néma Vermek”, je comprends que la soirée va basculer. Ce riffing entêtant, cette ambiance Post Black atmosphérique… ça t’attrape immédiatement. Même sensation sur “Szarvas”, cette manière de construire des paysages sonores à la fois bruts et hypnotiques.
Sur scène, c’est une véritable escouade. Plusieurs chanteurs, plusieurs personnalités, et pourtant une cohérence totale. Et là, je ne peux pas m’empêcher de faire le parallèle que je traîne depuis des années avec Ayreon. Même approche kaléidoscopique, même richesse vocale, même capacité à raconter des histoires en multipliant les points de vue.
Mais Thy Catafalque, c’est autre chose. Une identité profondément européenne centrale et de l’Est, une saveur unique.
Et cette saveur, elle explose littéralement sur “Embersólyom”.
L’intro aux sonorités hongroises me colle des frissons immédiats. Et quand Ivett et Martina prennent le devant de la scène… c’est une autre dimension. Leurs mouvements sont organiques, fluides, presque naturels, loin des clichés scéniques qu’on voit trop souvent. Il y a quelque chose de profondément authentique dans leur présence.
Le chant aussi. Cette manière presque parlée par moments, avec un vibrato léger, une articulation nette… on est à des années-lumière du chant lyrique occidental. Ça sonne vrai, ça sonne ancré, et ça me connecte instantanément à cette culture.
Je ne vais pas mentir, je suis totalement fanboy de Martina Horvath dont j’apprécié particulièrement le projet The Answer Lies in the Black Void (avec Jason de Bong-Ra…), ça ajoute encore une couche de fascination. Ivett, de son côté, brille sur “Töltés”. Une vraie démonstration. Présence scénique, maîtrise vocale, tout y est.
Puis arrive “Vasgyár”. Et là, changement de décor. Ça blaste, ça growl, ça devient brutal. Une claque. Même constat sur “Jura”, plus ancien, mais avec cette saveur Black Metal toujours aussi efficace.
Et puis il y a “A gyönyörű álmok ezután jönnek”. Je me souviens très bien de ma première écoute de ce morceau à sa sortie il y a 2 ans. J’étais perplexe. Aujourd’hui, c’est tout l’inverse. La mélodie est ancrée dans mon cerveau, impossible de passer à côté. En live, c’est fédérateur, presque euphorisant.
La setlist est un véritable voyage. Une traversée de la discographie, entre Black Metal, Folk, Prog, envolées symphoniques et expérimentations. Chaque moment raconte quelque chose.
Et derrière tout ça, il y a ce génie. Tamas Katai. Un compositeur capable de fusionner la puissance du Metal avec l’émotion que me procure les musiques traditionnelles hongroises. Ça me ramène forcément à mes premières amours pour la musique de ce bout d’Europe, Bela Bartok en tête.
Bref, sur scène, tout est maîtrisé et rien n’est laissé au hasard, je ressors de là, la tête dans les étoiles. Une petite décennie que j’attendais ça. Et franchement, ça valait chaque seconde.
Une soirée qui résume parfaitement pourquoi je continue à traîner mes pompes dans les salles sombres. Pour ces moments inoubliables ! Et ce soir-là, à Montpellier, Thy Catafalque a tout simplement livré du bonheur par kilos. Et pour ne rien gâcher, les zikos sont parfaitement accessibles après le concert et ravis d’échanger et partager quelques photos ! Un immense merci à What The Fest / EX Tenebris LUX pour l’invitation, il est fort probable que l’on se revoit bientôt !
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Originaire des Pyrénées, je traine mes pattes dans la scène Rock depuis plus de 20 ans. Je couvre les concerts avec mon vieux réflex d’une main et mon stylo de l’autre, toujours prêt à partager mon opinion. Que ce soit sur scène ou en festival, je balance mes chroniques et live reports capturant l’essence de ma propre expérience.


![[Live Report] Thy Catafalque + Bong-Ra + Toward The Throne - 27/03/2026 @Antirouille, Montpellier 1 [Live Report] Thy Catafalque + Bong-Ra + Toward The Throne - 27_03_2026 @Antirouille, Montpellier](https://www.noise-injection.com/wp-content/uploads/2026/04/Live-Report-Thy-Catafalque-Bong-Ra-Toward-The-Throne-27_03_2026-@Antirouille-Montpellier-1140x641.jpg)

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