Live Reports

[Live Report] Hellfest 2022 – La fête en enfer @Clisson Rock City

Trois longues années d’attentes. Le Hellfest  est de retour, la session 2022 a tout pour faire saigner les oreilles, ça mérite bien un live report des familles. Sur ce week-end où le mercure a décidé de faire mal, surtout les vendredi et samedi, il fallait être vaillant pour headbanger. J’ai encore trouvé l’organisation du festival impeccable, ce fest c’est quand même plus de 180000 chevelus et moins chevelus sur 3 jours et 420000 sur les 2 week-ends, il faut quand même savoir gérer une petite ville pour que tout se passe bien.  
Avant de démarrer officiellement les festivités, ça se passe au Metal Corner le jeudi soir. Le temps d’installer sa tente et de prendre l’apéro avec ses voisins de camping, et c’est parti. Au menu on a eu le groupe de reprise de Philippe Etchebest, j’ai bien aimé les types qui gueulait PHILIIIIPE, inspiré du meme internet . On a eu également droit à Frog Leap, un groupe qui cartonne sur Youtube grâce a des reprises de morceaux Pop plutôt réussies. Une entrée en matière permettant de prendre ses marques.

Hellfest Day 1

Mephorash - Temple

Pour démarrer le Hellfest de la meilleure des manières, rien de mieux qu’un groupe obscur de Black Metal suédois. Mephorash a fait une belle prestation, je découvrais totalement. J’ai bien aimé les quelques passages presque Atmosphériques, cela a permis d’éviter de tomber dans l’écueil du groupe de black bête et méchant. Bon après peut être que je suis pas assez trve mais moi j’aime mieux quand c’est varié, et Mephorash a très bien bossé sa partition.

Leprous – Mainstage 02

Des norvégiens du même village qu’Ihsahn le leader d’Emperor. Forcément ça peut être que quali, et c’est peu de le dire, même si leur discographie récente peut faire des déçus. Sur le moment j’étais très enthousiaste, j’attendais une prestation aussi balèze qu’il y a 6 mois à Lyon (Live report dispo ici) car il me paraissait évident que Leprous allait jouer des morceaux phares pour le Hellfest. Si le démarrage avec Out of Here, un morceau pas terrible m’a légèrement refroidi, c’est bien heureusement que les nordiques ont insérés des titres qui plaisent aux fans de la première heure, comme The Price ou Slave. Encore un peu méconnu, mais le batteur, Baard Kolstad est, je crois, en train de devenir un des top drummer de la sphère Metal Progressif. Un set que le public a globalement apprécié sans pour autant soulever un enthousiasme extraordinaire, pour ma part mes émotions ont fait le yoyo entre l’euphorie et la retenue. Au moment de poser ces quelques mots, j’en conclu finalement que je suis resté sur ma faim, l’un des concerts les moins percutants que j’ai eu de Leprous, et je les ai vus 5 fois.

Witchcraft - Valley

Witchcraft c’était l’occasion de prendre mon shoot de Doom Psychédélique. J’ai jamais écouté alors j’espérais avoir une découverte positive. Alternant moments relax et riffs typés Hard Rock, les suédois ont proposé un set relativement homogène bien que ça manquait de peps à mon goût. Je ne dirai pas que la lassitude s’installe mais on en est pas loin. Et ça s’arrange pas avec une présence scénique anémique, des pains ici et là (mais à la limite on s’en fout, c’est du Doom).

Mordred - Warzone

Premier et dernier tour à la Warzone, le Hardcore et le Punk n’étant pas ma came, c’est clairement la scène que je délaisse volontiers. Cette année je fais un écart donc, pour Mordred, du Thrash Metal un peu Fusion, assez original avec des inserts de Funk et un DJ derrière les platines. C’est des américains de San Francisco et ils poncent leur son depuis les années 80. Je vais pas raconter des salades en disant que je suis un fan ultime car je connais vaguement ce qu’ils font, mais l’occasion fait le larron alors let’s go pour voir ce que nos gars ont dans le ventre. J’ai pas été déçu, ça pousse bien, le chanteur est plutôt dynamique et ne rechigne pas à l’effort. Un set riche en qualité que j’ai du écourté car tu comprends, y’a Opeth bientôt, et faut se taper tout le chemin pour quitter ce nid à punk qu’est la Warzone

Opeth – Mainstage 02

Que puis-je dire, Opeth fait partie de mes groupes favoris alors je ne pourrai évidemment pas être objectif sur la performance des suédois. Déjà, nos Death Metalleux Progressif ont décidé de varier la discographie présentée sur scène, merci. En démarrant par un morceau du dernier album In Cauda Venenum, Akerfeldt a chanté la version suédoise, autrement plus originale que la version anglaise, merci. Puis en plus, ils ont joué The Drapery Falls de l’album merveilleux Blackwater Park, merci. Et en plus en final, ils ont jeté un ptit Deliverance, oh my god… Je rajouterai que la voix d’Akerfeldt m’a semblé meilleure qu’à l’accoutumée. Un concert à la hauteur de la prestance du groupe. 

Mastodon – Mainstage 02 

Pour l’histoire, Mastodon est un groupe bien connu de la sphère Metal Progressif, même un leader du mouvement avec son Prog Stoner. Mastodon, pour moi c’est mi figue mi raison, j’écoute de temps en temps mais ça me casse pas le popotin quoi. Donc c’est avec un intérêt tout mesuré que je me rends sur la Mainstage 02 et me positionne à distance histoire de pouvoir m’enfuir si j’adhère pas.

Bilan ? Quelle claque ! Les types ont littéralement cassé le game. By the way, ils sont combien à chanter la dedans ? Même le batteur s’y met, et c’est franchement propre. Les gars d’Atlanta ont une grosse expérience scénique et ça se voit. Et quel final sur Blood and Thunder, j’en vois pas mal qui ont perdu leurs cervicales, les riffs sont ultra tranchants, dios mio c’est promis on refait la fête ensemble lors de votre prochaine tournée.

Baroness - Valley

En 2018 je les avais classés dans mes flops du Hellfest, c’était pas de leur faute, un évènement malheureux de dernière minute a fait que le groupe a du improviser un set acoustique. Je voulais absolument les voir une première fois dans les meilleures conditions, j’avais donc rapidement fais l’impasse sur leur set. Cette année, j’ai pris soin de cocher Baroness dans mon running order, un concert que je ne pouvais louper pour aucunes raisons. Je me suis régalé.

Take my bones away pour démarrer, ça me fait kiffer, dès le départ on voit que nos américains sont très motivés. John en lead singer chante avec une maîtrise impeccable. La présence scénique de Gina Gleason à la guitare est époustouflante, putain tu tombes vite sous le charme.. J’ai pris des méchants frissons sur Tourniquet, que ce morceau est fabuleux… Il m’accompagne à toutes les occasions même s’il ne faut pas être dépressif, on va dire que les paroles ne sont pas des plus joyeuses (cœur brisé, etc.). Autre morceau complètement dingue, Shock Me, qu’est ce que c’est bon. Baroness a vraiment foutu la barre haute sur ce set. A la fin du concert, c’était la détresse autour de moi, ça hurlait pour que ça continu, un vrai délire.

Si tu ne connais pas (encore) le meilleur Stoner Progressif que tu puisse ajouter dans ta playlist, je recommande à 100%.

Deftones - Mainstage 01 

Y’a ce gros classique du Nu Metal qui passe sur la Mainstage, j’y passe en coup de vent car je vais voir Electric Wizard qui démarre sous peu à la Valley. Un petit quart d’heure pour profiter de Chino Moreno et sa bande. Finalement j’ai pas été emballé des masses, le son était pas top, la voix comme la caisse claire était à la rue. Dommage car sur l’édition 2018 ils avaient posé du gros niveau.

Electric Wizard - Valley

Le mur du son c’était Electric Wizard, lourd, gras, hypnotique, planant, nombreuses sont les étiquettes que l’on peut poser sur la performance des britanniques. Un Doom Metal comme j’aime, sans gènes et avec du charactère. C’était tard et pas facile après une journée en plein cagnard, mais la perf attendue a été largement exécutée. Mention spéciale pour les visuels psychédéliques pendant la durée du set, j’étais en plein voyage.

Hellfest Day 2

Duel - Valley

Après une première journée éprouvante mais riche en bons riffs de guitares, je me lance sur la Valley avec Duel. Jamais entendu, mais le p’tit descriptif sur le site du Hellfest m’a donné envie. Eux la canicule ça leur pose pas de problèmes, je les ai trouvé très chauds de bon matin. Les gars viennent apparemment d’Austin au Texas, bien entendu ils jouent du Doom Psychédélique, ça me fait un peu penser au festival Levitation tout ça, je dis ça je dis rien. A l’heure de faire les comptes je dirai que j’ai passé un bon moment, sans être inoubliable.

Rectal Smegma - Altar

Après Duel, je savais pas quoi foutre alors j’ai erré dans le fest à la recherche d’un son à me mettre sous la dent. J’ai trouvé. Amis poètes et esthètes, Rectal Smegma vous a rendu hommage. C’est quoi ce son de débiles ? Franchement j’ai autant ri qu’apprécié les gros riffs bien violents et les gueulantes dantesque du chanteur. En fait le Grindcore ça passe bien en live, j’ai perdu un peu de QI mais pas grave, ça en valait la peine. Chant guttural, riffs bestiaux, ce groupe n’est pas venu pour faire plaisir, il est venu pour casser des bouches et je peux attester qu’il a réussi sa mission.

Helheim - Temple

La Temple m’a semblé assez pleine pour acceuillir Helheim. Pas de surprises, on est en présence d’un groupe de Black Metal Norvégien de la belle époque. J’ai trouvé ça assez facile d’accès, parfois même penchant vers le Death Metal. Ici, pas de doubles pédales à outrance et des riffs ultra rapides joués en palm muting (y’en a quand même, mais je veux dire par là que les gars savent poser une ambiance et ne font pas que blaster comme des porcinets). Non franchement Helheim y’a un truc 100% viking que je valide scandinavement.

The Darkness – Mainstage 02

J’attendais les anglais avec beaucoup d’entrain, The Darkness ça m’a bercé pendant mes jeunes années, ce chant avec des vocalises qui partent super haut ça m’a toujours vendu du rêve. Nos amis d’outre-manche ont fait le taf, du bon Hard Rock British avec une bonne énergie. Je peux dire que je me suis pas senti volé, les gars ont joué majoritairement leur premier album (qui a fait leur succès). Déjà pour commencer, Growing on me, m’a foutu direct dans l’ambiance, Givin’up c’est la même, excellent retour du public. Prestation vocale pas facile mais maîtrisée avec brio sur Get Your Hands Off My Woman. Quand j’ai entendu ce track pour la première fois, je me suis dit « No way il peut chanter comme ça en live » croyant là à « la magie du studio ». Bah non, pour Justin Hawkins qui maîtrise par ailleurs très bien le français et en a fait usage sur scène, ça passe crème.

On a eu droit à un invité spécial pour clôturer le set, Ralph Saenz de Steel Panther pour chanter sur I believe in a thing called Love. Bon, pour ma part je trouve que c’était bidon, le gars a juste beaucoup moins de talent que le chanteur initial, donc ça gâche le morceau. M’enfin, y’a que dans les gros festoches que tu peux te permettre d’avoir un guest d’un tel calibre, alors je vais pas jeter la pierre.

Pelican – Valley 

Pelican ça fait un moment que j’attendais l’occasion d’assister à un de leur concert. Pour dresser le portrait on est sur un Post Metal américain, un peu à la Russian Circles. Si je dois donner une image au set du groupe instrumental, c’est bien « The Beauty & The Beast », un savant mélange de puissance et de beauté. Les gars avaient l’air motivés pour en découdre avec la Valley, et je peux dire que le public a répondu présent. J’aurai pas cru, mais y’avait pas mal de fans bien déter, preuve qu’au Hellfest on trouve aussi des gens qui ont d’excellents goûts musicaux. Et bravo à l’ingé lumière, l’immersion ça passe aussi par les lights, et derrière les manettes on avait visiblement un gars dans la maîtrise.

Taake – Temple 

C’est reparti pour la Temple et le Trve Black Metal de Taake. Ils viennent de Bergen en Norvège, ça c’est trve. Bon sans blagues, la scène norvégienne est forcément ultime dès lors qu’il faut discuter black, Taake s’est fait un bon nom dans le milieu et faute de les avoir vu en 2016, je me rattrape sur cette édition.

Grosso merdo les norvégiens ont joué un set assez incisif mais sans jamais me faire décoller. Un démarrage très poussif alors que j’espérais un set d’une qualité proche de ce que l’on peut trouver chez un Emperor, on en est quand même assez éloigné. De plus, je ne maîtrise pas bien la discographie de Taake, alors ce qui m’a freiné peut tout autant être une setlist qui me sied moins, ou alors tout simplement que Taake est effectivement bien moins bon qu’Emperor. Mérite une autre chance ?

Steel Panther : Mainstage 02

La machine à boobs que l’on ne nomme plus. Steel Panther c’est des paroles obscènes, très sexistes, mais tellement décalées que l’on y retrouve la parfaite caricature du groupe 80’s dont la seule philosophie de vie est Sex, Drugs & Rock’n’Roll. Alors évidemment avec Steel Panther tu peux t’attendre à tout, ça parle de nichons et cocaïne sur scène, on est en terrain connu. Je suis pas forcément fana du groupe hein, à part 2 ou 3 morceaux ça reste quand même loin de la qualité d’un Motley Crüe, mais je ne rechigne pas à me marrer pendant une petite heure devant ces américains et leurs leggings sexy. L’apparition d’Ozzy Osbourne en guest était inattendue. Mais globalement le set a été sans grosses surprises, j’aurai tendance à dire qu’ils étaient trop bavards et qu’il aurait été opportun de laisser plus de place à la musique. Ah oui j’oubliais, on a eu droit au festival de boobies, comme d’hab.

Megadeth – Mainstage 01

Il est l’heure de faire un détour par la Mainstage, un groupe phare de mon adolescence, Megadeth. Evidemment Dave Mustaine commence à prendre de l’âge, sur scène sa voix est très limite, par contre il sait toujours faire chauffer son manche de guitare. Au niveau des titres joués, j’ai pris du bon, Hangar 18, A tout le monde ou encore Trust. Je m’étais positionné à bonne distance pour pouvoir enchaîner sur la Valley, même à mon niveau certaines personnes de l’audience chantaient à tue-tête les paroles du groupe mythique de Thrash. L’apport de Kiko Loureiro reste en revanche incroyablement peu soulignée, ce gars est un des tout meilleurs guitaristes de sa génération et l’on en entend peu parler. Bref, si l’on omet les vocales un peu fatiguées de notre rouquin préféré, Megadeth a tenu le rang.

Mono & The Jo Quail Quartet - Valley

Un tour par le Japon et le Post Rock de Mono. Ils sont accompagné par le Jo Quail Quartet timidement planqué en fond de scène. Un set tout en progression avec des morceaux qui montent en pression petit à petit. Pas grand chose de neuf je dirai, j’ai eu l’impression de voir le même set que lorsque je les ai vu en première partie d’Alcest il y a quelques années. Comme auparavant, madame la bassiste trône en milieu de scène entourée de ses deux messieurs guitaristes posés sur leur chaise en train de tweaker leur pédalier à effets. Cela n’enlève rien à la performance des artistes sur scène, bien au contraire, je suis ressorti de la Valley un peu plus léger, une expérience éthérée, un envol à la fois onirique et envoutant.

Envy - Valley

Lors de la dernière édition, Envy avait fait beaucoup de bruit. Un poto m’en avait dressé un portrait riche en superlatifs, il était donc nécessaire que j’aille découvrir ces géants du Post-Rock Tokyoïte. J’ai été bouche bée. Quelle patate ! Quelle originalité ! Une expérience unique quoi, j’ai senti mes tripes travailler pendant tout le set des japonais. Il y a dans leur musique beaucoup d’émotion, et c’est parfaitement retranscrit à la fois musicalement et scéniquement. Je ne peux que saluer la prestation d’Envy qui pendant un peu plus d’1h (on a eu droit a un peu de rab sur l’horaire prévu) aura fait rêver la Valley. Standing ovation, le public était fou. Au final, je me demande comment j’ai pu passer à côté d’un tel chef d’œuvre pendant tant d’années…

Hellfest Day 3

Vile Creature – Valley

Rien de mieux que du Doom salasse et pas gentil pour commencer sa dernière journée. Le trio canadien de Vile Creature ça frappe fort. Le concept est simple, tu prends une nana qui fait que beugler, un batteur qui tape comme un porc et un guitariste demeuré qui fait du gros riff bien gras, et t’arrose le tout avec une bière tiède à moitié éventée. A chaque morceau j’ai eu la sensation de faire péter mon bilan calorique, avec Vile Creature on mange bien. Les groupes un peu dingues comme ça, j’adhère, il y a quelque chose de spécial que l’on ne retrouve jamais dans les artistes mainstream. Une bonne surprise matinale, j’aurai bien commandé un 2e service.

Pénitence Onirique - Temple

Du Black Metal de chez nous. En France mine de rien, la scène Black Metal est plutôt bien installée, et Pénitence Onirique en sont d’excellents représentants. Une autre découverte de ce festival, un Black Metal aux sonorités ésotériques. Le jeu scénique, les tenues, l’univers déployé par le groupe m’ont emporté. Mention spéciale aux passages plus atmosphériques qui offre une palette très originale au groupe. Du Black Metal de ce type moi j’achète, et en plus c’est du local, que demande le peuple.

Lysistrata – Valley 

Pas mal de monde pour Lysystrata, un trio français qui s’est fait un ptit nom. Les gars jouent du Post-unpeutout, c’est à dire un mix de Post-Punk, Post-Rock, un ptit côté New Wave ou je ne sais quoi, ptet même du Goth Rock. En fait le trio joue quelque chose d’assez unique et sympathique. Mais j’ai été touché par un syndrome que je connais fort bien au Hellfest, il est très difficile d’apprécier un groupe « rock » si celui-ci passe après un groupe de gros bourrin. Et là en l’occurrence, après un Doom crado et un Black puissant, je me suis fais quasiment chier. Pourtant les qualités du groupes sont là, ça joue pas mal et les gars sur scène donnent l’impression d’être bien impliqués. Et pour ne rien leur enlever, ils ont des têtes de gentils gars. M’enfin bon, pas suffisant pour moi.

Lacuna Coil – Mainstage 01

Le groupe de milanais roule sa bosse depuis bientôt 30 ans mine de rien (même si originairement sous d’autres noms de groupes) . Lacuna Coil est le groupe de Metal italien le plus écouté si l’on se base sur les statistiques last.fm. C’est un mastodonte du sud de l’Europe. Et pourtant je pars avec un à priori négatif sur le groupe que je me traîne depuis l’adolescence. Sauf qu’aujourd’hui je ne me souviens pas pourquoi je n’ai jamais voulu écouter Lacuna Coil, ptet que dans mon esprit c’est un Evanescence bis, et que moi j’suis pas un fragile tu comprends ? Bref je me laisse tenter pour ne pas mourir bête et je dois dire que c’était plutôt un bon moment. Les gars ont une bonne gestion scénique, à la gratte c’est du riff lourd, le co-singer est un gars qui crache pas mal même si j’ai eu la sensation que sa voix portait un peu moins par moment. Cristina Scabbia est une chanteuse très douée, elle m’a semblé très juste. Gros respect, elle doit approcher la cinquantaine et visiblement l’âge n’a pas d’effet sur notre transalpine.

Car Bomb – Mainstage 01

Car Bomb je connais bien, c’est un peu l’équivalent de Meshuggah outre-atlantique. Du gros Djent / Metal Progressif bien technique et bien violent. Mais cette fois-ci c’était naze, le chanteur était absent, il y avait trop de basses, alors autant te dire qu’avec la masse de double kick que Car Bomb produit à la minute, fallait vraiment être patient pour pas péter un plomb. Un fiasco donc, je me suis cassé avant la fin.

Monuments - Altar

Malgré l’échec de Car Bomb je reste dans l’ambiance Djent / Metal Progressif avec Monuments à la Altar. C’est l’un des tout meilleurs groupes du genre. Les britanniques sont techniquement irréprochables, et si leur line-up a connu de gros changements, avec un nouveau chanteur il y a 2/3 ans, et leur 2e guitariste Olly qui a annoncé quitter la musique il y a tout juste 1 an, ils restent néanmoins parfaitement efficaces sur scène. Petite anecdote, Monuments a été le dernier concert que j’ai fais avant la fin du monde (Covid, tout ça, tout ça). John Browne à la guitare est l’un de mes artistes Metal Prog Moderne favori, techniquement intouchable, il sait faire des riffs assassins et syncopés. Derrière les fûts Mike Malyan fait un boulot extraordinaire alors que sa gestuelle est plutôt sobre. J’ai bien vu le bonheur dans les yeux du chanteur, qui était ravi de bouger la Altar comme ça. Les anglais ont reçu un bel accueil mérité, leur set a été impeccable.

Jinjer – Mainstage 01 

Un des groupes les plus attendus de cette édition. Les ukrainiens ont obtenus une autorisation spéciale de leur ministre de la culture pour quitter leur pays en guerre. Je m’attendais donc à pas mal d’émotion sur scène et il y en a eu, dans les regards, les attitudes, j’ai bien ressenti là que la musique est un vecteur de parole extrêmement fort. Les mots « Fuck The War » de Tatiana la si belle et si brutale chanteuse me resteront gravé. Jinjer reste quand même un groupe qui a connu une ascension extrêmement rapide. Il y a à peine quelques années je les ai vu dans une salle de 150 personnes, maintenant ils font headbanger plusieurs dizaines de milliers de personnes au Hellfest.

Bref, un set de Djent / Metal Progressif de haute volée si l’on omet les problèmes techniques sur écrans géants, pas de vidéo ce qui a dû être un peu gênant pour la foule au loin. Sinon ils méritent sans problème leur nouvelle notoriété. Je ne peux qu’espérer que la situation dans leur pays s’améliore rapidement, mais la politique ce n’est pas mon truc alors je vais en rester là.

Down – Mainstage 02

Monsieur Phil Anselmo quand même, dur de le louper, c’est une icône et surtout la voix de Pantera. Notre ami a tout de même pris un coup de vieux et ça se sent, y’a moins d’énergie, on sent qu’il s’économise, sa présence scénique est relativement limitée, sa voix tient difficilement. Je vais même dire que j’ai trouvé ça un peu molasson. Bon après Down c’est du Sludge, donc faut pas s’attendre non plus à un truc énervé et ultra dynamique comme le Groove Metal de Pantera. Au final je suis allé me positionner pour le prochain concert et j’ai passé la moitié du set assis à prendre l’apéro avec les collègues.

Korn - Mainstage 01

J’avais particulièrement accroché lors de leur dernière aventure clissonnaise, alors pas de raison qu’en 2022 on remette pas la même gamelle. J’ai eu le nez creux en me positionnant à l’avance, un véritable raz de marée est venue s’abattre sur la Mainstage 01, c’était pas facile de se trouver à bonne distance de la scène.

Jonathan Davies a une voix parfaitement opérationnelle, dès le démarrage avec Here to Stay il s’est mis le public dans la poche. Idem sur Got the Life, la nostalgie fait bien son effet. J’ai eu une petite baisse d’ambiance en milieu de set, probablement dû aux morceaux que je ne connais pas et que j’ai trouvé moins intéressants, probablement des titres sortis après la vague des 4/5 premiers albums.

Devin Townsend – Altar 

Le dieu canadien du Metal Progressif est dans la place. Et qui plus est, la setlist a été sélectionnée en fonction des votes des fans. Un set « By Request » donc qui annonce forcément quelque chose d’unique. Devin Townsend je suis grand fan, j’adore ce type, même sur instagram quand il se prend en photo sur la cuvette des chiottes. Ce gars est psychologiquement atteint, mais c’est ça qui fait son charme, en plus d’avoir un immense talent.

Première impression, ça joue fort ! Devin semble bien heureux d’être là, pour le coup la setlist a du ravir bon nombre de spectateurs tant elle a été piochée sur des albums différents. Bonus : on a eu droit à 2 morceaux de Strapping Young Lad, la version démoniaque de Devin Townsend. Visiblement je ne suis pas comme la meute car si je pouvais choisir les morceaux joués, j’en aurai échangé plus de la moitié. Grosso modo la part belle a été donnée à des morceaux « puissants » alors que je trouve que toute la magie de Devin Townsend se trouve dans ses morceaux les plus Progressifs et les plus Planants. Toutefois je me suis quand même éclaté hein, c’est pas tous les jours que j’ai la chance d’assister à un concert d’une telle qualité.

Alcest – Temple 

Je profite de la quarantaine de minutes battantes avant Gojira pour aller rendre visite à Neige de Alcest. Je rappelle que ce type viens de Bagnols-sur-Cèze, une petite ville du sud plus connue pour son festival de Reggae. Alcest produit du Blackgaze / Post Black, assez planant et musicalement abouti, les belles harmonies côtoient les ténèbres.

Bien que n’ayant pu qu’assister à une moitié de set, j’ai apprécié cette pause onirique, très rafraichissante.

Gojira - Mainstage 01

C’est l’heure de notre bijou national, Gojira. Du Death Metal Progressif qui cogne, qui fait vibrer et qui te donne envie de toujours y revenir. Pas avares en concerts, je ne compte plus le nombre de fois où j’ai pu les rencontrer. Et pourtant, à chaque fois, il y a un pas en avant dans la grandeur et la démesure du show.

Etant la grosse tête d’affiche de la soirée, il y avait grosse affluence. Le concert démarre avec un compte à rebours puis un titre de leur dernier album. Ca claque sévère, lance flamme, gros son, les écrans géants diffusent des images live en noir et blanc, très classe. Visuellement cela ne s’arrête pas là, nos frenchies vont également diffuser des visuels d’albums, bonne idée pour rassasier la rétine. J’ai particulièrement apprécié le visuel de la fusée qui décolle sur Another World, j’ai vraiment eu l’impression de partir avec eux.

Une édition XXL

Des décors somptueux et un feu d'artifice

Eh oui, le Hellfest n’est finalement pas qu’un festival de musique, c’est aussi un musée à ciel ouvert, de la nouvelle statue de Lemmy aux tours façons Seigneurs des anneaux, les décors ont encore fait mouche.

Le feu d’artifice initialement prévu le samedi soir a été reporté au dimanche à cause de l’alerte canicule, ce fut donc une bonne surprise.

Des festivaliers Rock'n'Roll

Pas de soucis pour se faire des copains, tu trouves toujours de la bonne humeur et des joyeux lurons avec qui faire la fête. Big up aussi à l’auto organisation de groupes comme les festivaliers solo pour se retrouver à plusieurs et partager de bons moments.

Merci

Pas de soucis pour se faire des copains, tu trouves toujours de la bonne humeur et des joyeux lurons avec qui faire la fête. Big up aussi à l’auto organisation de groupes comme les festivaliers solo pour se retrouver à plusieurs et partager de bons moments.

See you in Hell !

La note des lecteurs
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