[Live Report] Tops et Flops – Hellfest 2018

Plus grand rendez-vous des Metalheads en France, l'édition 2018 du Hellfest à réuni pas moins de 180.000 festivaliers sur 3 jours et l'on y compte un nouveau record de débit de bières avec 400.000 litres écoulés. Sous une météo estivale (mais bien plus supportable que l'édition 2017), le festival de l'enfer a tenu toutes ses promesses, et sa programmation au demeurant, très variée, a ravi les rockeurs et metalleux de tous genres confondus. La part belle cette année à été faîte au Heavy Metal avec la présence de mastodontes comme Accept, Judas Priest (plus ancienne formation présente au Hellfest crée en 1969) ou Iron Maiden (plus de 100 millions d'albums vendus).

Avec une telle quantité de groupe, il paraît évident que certaines formations ont plus marqué que d'autres, et pour cette édition je me lance dans un Tops et Flops, exercice périlleux mais qui reflète mon point de vue totalement subjectif. Si les grands groupes tels que Nightwish, Children of Bodom ou Body Count ont facilement tenu leur rang, d'autres ont réussi à marquer le festival de par leur prestation ou leur style, en bien ou en mal...

Les Tops

Je ne le cache pas, Steven Wilson est pour moi l'un des plus grand artiste Rock et Metal depuis les années 2000. En passant sur la Mainstage 02 le Vendredi à 19h40, l'occasion était rêvée pour montrer à un public en masse ce dont est capable la locomotive du Néo-Prog britannique. En une heure de set savamment sélectionné survolant la discographie de Steven Wilson et Porcupine Tree, l'audience a pu goûter au talent du londonien. Au menu nous retrouvons le titre "Pariah" où la voix de Ninet Tayeb résonne en puissance sans oublier en clôture le désormais culte "Sleep Together" de l'album Fear of The Blank Planet de Porcupine Tree. Taille patron.

Autre grande star du mouvement progressif, Maynard James Keenan s'est presenté au Hellfest avec sa formation A Perfect Circle. En clôture de la première soirée à partir de 1h du matin, la formation américaine a offert un set d'une petite quinzaine de titres. L'introduction très Nine Inch Nails (qui par ailleurs avait été approché par le Hellfest) du titre "Couting Bodies Like Sheep to the Rhythm of the War Drums" lance un concert qui se révélera solide à la fois dans son exécution mais également dans son jeu de lumières. Impossible d'oublier l'excellent "The Doomed" mais surtout "The Outsider" avec ses sonorités proche de Tool, un final parfait avant de renvoyer tout le monde dehors.

Énorme figure du Grindcore, les britanniques de Napalm Death n'en sont pas à leur premier coup d'essai, et comme à chaque fois c'est des gros coup de baffes qui martèle le cerveau. Sous une Altar moyennement pleine (Judas Priest jouait au même moment), Barney Greenway a fait vibrer ses cordes vocales pendant une grosse vingtaine de titres. Une nouvelle fois le groupe a joué le morceau le plus court de l'histoire (1,316 secondes) avec "You Suffer", simple et efficace. Toujours autant engagés, les britanniques ont envoyés du très lourd, "On The Brink of Extinction" ou la reprise des Dead Kennedys "Nazi Punk Fuck Off" en sont de parfait exemples.

Grande figure du Neo-Metal dans les années 90, Deftones a muté progressivement vers un Post Metal Alternatif qui est loin d'être de mauvaise qualité mais qui ne rencontre pas le même succès qu'à leur débuts. L'occasion était trop belle pour les américains de faire plaisir à un public qui n'a que rarement la chance de les voir passer en tournée dans l'hexagone. Et autant dire que la bande de Chino Moreno a renvoyé en adolescence une bonne partie de l'audience, de l'excellent "My Own Summer (Shove It)" à "Change (In The House of Flies)" et "Around the Fur", toute la recette du Deftones autant apprécié était là, une prestation énergétique où les artistes prennent plaisir à jouer et partager cette joie avec leur public, définitivement une superbe prestation.

Les Flops

S'il y a un groupe que je manque régulièrement pour X ou Y raisons, c'est bien Baroness, leur excellent Sludge/Stoner Progressif n'a cessé de m'impressionner ces dernières années, je les attendais donc de pied ferme pour cette édition du Hellfest. Malheureusement un incident grave est arrivé à l'un des membres de la famille du batteur, qui a dû quitter le festival dans l'urgence. Le groupe a dans la foulée fait le choix de réaliser un set acoustique. C'est avec une voix nouée et pleine d'émotion que nos protagonistes ont démarré leur concert. Malheureusement je préfère abandonner au bout de trois morceaux, il m'est impossible de voir Baroness dans ces conditions et préfère repousser ma rencontre avec les artistes à un moment où ils seront en pleine possession de leurs moyens. Dur de l'admettre mais dans ces conditions, la prestation était loin de ce que peut offrir le groupe, indépendamment de leur volonté, ils n'ont pas pu se présenter sous leur meilleur jour.

Autre grand ponte du Metal des années 90, Marilyn Manson est arrivée sur scène avec un costume XXL, celui d'une Rock Star planétaire successeur du Shock Rock lancé par Alice Cooper quelques décennies plus tôt. D'accord, Manson c'est "Sex, Drugs and Rock'N'Roll", oui il est décalé et n'hésite pas à s'affranchir et dénoncer les codes de nos sociétés modernes, je peux même dire que c'est selon moi l'un des principal attrait de sa musique. Par contre ce à quoi j'adhère moins, c'est la désinvolture, cette sensation que l'artiste qui vient prendre son chèque et fait le minimum était particulièrement forte. Le show était loin d'être irréprochable avec de trop longues poses entre chaque titres, changer de tenues tous les deux morceaux et imposer une minute de silence à chaque fois devient rapidement lassant. Dommage, pour un artiste de ce calibre, j'attendais beaucoup plus.

Membres du Big 4 du Thrash Metal, Megadeth a tant bien que mal essayé de s'élever au niveau que leur statut mythique impose. Avec un Dave Mustaine clairement plus proche de la fin de carrière qu'à ses débuts, la soupe passe mal... Avec une voix fatiguée depuis déjà trop longtemps (sérieusement, mes trois derniers concerts de Megadeth étaient de vrais flops à ce niveau là) il est peut être temps de partir à la retraite. Si le reste des musiciens reste excellent, dont l'excellent Kiko Loureiro à la guitare, Megadeth relève désormais plus du groupe que l'on va voir par nostalgie que par souhait d'une belle prestation. Cela n'aura néanmoins pas empêcher grand monde de chanter sur "A Tout Le Monde", c'est ce que je retiendrai de ce Megadeth.

Mentions Spéciales

Pionniers de ce qui deviendra le Djent, Meshuggah n'a pas fait dans la demi mesure. Pour je ne sais quelle raison, Fredrik Thordendal guitariste emblématique du groupe n'était pas présent, il a été remplacé par le non moins talentueux Per Nilsson (Scar Symmetry, Kaipa). S'il y a un groupe qui fait particulièrement attention à la qualité de leur son live, c'est bien Meshuggah, avec une avance d'une bonne dizaine d'année sur les autres groupes à ce niveau là (leur sons sont mixés en partie avant d'être renvoyé sur les haut parleurs) j'avais donc une attente particulière mais également une très grosse crainte car il est très difficile d'atteindre un même seuil de qualité sonore en salle fermée qu'en open air. Si le set était impeccable avec notamment pour boucler les très efficaces "Bleed" et "Demiurge", il aurait été appréciable de placer Meshuggah à heure plus tardive et sous une tente, pour profiter à la fois d'une meilleure qualité de son et de leur jeu de lumière qui est particulièrement efficace.

Seattle a accouché d'un grand nombre d'artistes à la renommée mondiale, dans les années 80 et 90 c'est notamment dans le grundge que la ville s'est fait un nom avec bien entendu Nirvana, Soundgarden et Alice in Chains. Ces derniers m'avait laissé une excellente impression en 2010 lors de leur tournée européenne. Leur prestation au Hellfest 2018 a été du même niveau. Avec des titres superbes tels que "Check My Brain", Alice in Chains a réussi à se renouveler malgré le décès de leur précédent chanteur Layne Staley. Depuis 2006 c'est William DuVall qui prend place au chant, et l'on peut dire avec brio. Si la performance est de très bon niveau, il aura manqué un je ne sais quoi pour embarquer tout le public dans l'univers d'Alice. Le final composé de "Would ?" et "Rooster" finira de ravir les fans de la première heure. Un show simple mais d'excellente qualité.

 

Cette édition 2018 aura donc tenu de belles promesses, de plus en plus populaire, le festival continu de s'inscrire dans l'histoire du Rock et du Metal en France. L'édition future aura certainement à cœur de faire à minima aussi bien, je serai certainement présent pour le vérifier.

 

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