Mercredi 18 février 2026 était une date spéciale au Rock’n’Eat. Alors que je digérais encore la frustration de l’annulation de A.A. Williams et Spotlights à Grenoble la veille, j’avais besoin d’un shoot de noirceur. Et merci, ce soir, le Doom a été au rendez-vous, dense et magnétique. Je savais que j’allais en prendre plein les oreilles, mais je n’étais pas préparé à ce niveau d’absorption sonore et émotionnelle. Bref, pour la première venue de Faetooth en terre lyonnaise, j’avais coché la date dans mon agenda depuis belle lurettes.
Coltaine
Une surprenante découverte. Dès l’entrée en scène de Coltaine, la pénombre nous enveloppe comme un rituel prêt à s’accomplir. Le quatuor allemand de blackened Doom impose immédiatement son univers ténébreux. Julia, magnétique, fait sonner ses cloches avec des incantations qui résonnent dans toute la salle. Tiefe Wasser démarre lentement, comme une messe occulte, comme un voile de fumée qui s’échappe vers nous dans le public. Le rythme est long, lent, mais terriblement hypnotique.
Puis Memories of Ice s’enchaîne naturellement et déploie un autre visage, plus dynamique, plus immédiat. Durant le set, Julia passe sans effort d’une voix claire déchirante à des hurlements abyssaux, elle dégage quelque chose, elle a un petit truc de ne je sais quoi qui la transforme en prêtresse ou sorcière, bref j’ai clairement été hypnotisé. Les passages instrumentaux alternent entre atmosphères éthérées et explosions Sludge bien grasses. J’ai vraiment kiffé ce set et regrette de ne pas avoir connu la formation avant. Depuis ce soir-là, Brandung leur dernier album tourne en boucle à la maison. Ce set fut une leçon de densité, de maîtrise et de tension parfaitement dosée, un voyage sombre et fascinant du début à la fin.
Faetooth
C’était l’une de mes révélations du dernier Hellfest alors quand le trio de Los Angeles a pris possession de la scène, l’excitation était palpable dans le public (et je devais certainement avoir du mal à cacher mon enthousiasme). Très rapidement je remarque que Jenna, Ari et Rah ne jouent pas seulement pour le public, elles jouent aussi pour elles, pour l’alchimie qui les lie, et ça se ressent à chaque regard qu’elles échangent régulièrement entre elles. Leur show a été par moments du Doom aérien, éthéré, presque surnaturel. Le terme « Fairy Doom » prend tout son sens en live. Mais c’est pas pour autant qu’elles oublient de t’envoyer des riffs d’assassins dans la bouille parce que ça aussi elles savent très bien faire.
Iron Gate en début de set m’a vraiment aspiré, les riffs Sludge se mêlent à des passages plutôt Post Rock, les voix claires et aériennes se posent sur la lourdeur des riffs comme un bout de lumière qui te montre le chemin. Death of Day a été joué avec une ambiance plus granuleuse, presque grungy, avec ce contraste constant entre lourdeur et légèreté qui reste la signature du groupe.
Puis avec White Noise, qui n’est autre qu’un de mes morceaux favoris de leur discographie, je me suis dit que le trio avait vraiment le pouvoir de t’enrouler dans leur univers. Le morceau démarre avec un riff lourd immédiatement accrocheur, presque hypnotique et répétitif. Les passages calmes font office de respiration entre deux murs de son, les harmonies aériennes volent comme une lumière dans la brume de Faetooth. La tension monte et ça commence à bien headbang autour de moi… Hole a été aussi un excellent moment. Le morceau alterne des phases où la lourdeur du Doom te colle au sol et des envolées quasi Shoegaze où les voix et la guitare se mêlent en un halo spectral. Les screams surgissent au moment parfait pour accentuer le côté dramatique et émotionnel du morceau. Je me suis senti totalement conquis par le contraste entre brutalité et délicatesse et cela retranscrit très bien mon ressenti à l’écoute de leur dernier album Labyrinthine.
Echolalia si je ne m’abuse en fin de set, du premier album. Les riffs sont plus linéaires, mais leur densité apporte quelque chose de bien prenant, c’est un titre plus excité aussi. Les californiennes ont envoyé ce soir des titres avec un crescendo émotionnel fort, une leçon de contraste. Le trio arrive à te faire planer en apesanteur et te faire redescendre illico à coup de riffs sauvages, et c’est exactement ce que leur Fairy Doom promet et délivre en live. La recette est simple mais hyper addictive, et visiblement j’ai pas été le seul a apprécier vu les hurlements du public pour un rappel qui a trainé un bon moment.
Entre la lourdeur hypnotique de Coltaine et le Fairy Doom de Faetooth, ce mercredi au Rock’n’Eat restera une date dont je me souviendrai un moment. Deux formations que j’ai trouvé parfaitement complémentaires. Merci au Rock’n’Eat et à Mediatone pour cette soirée occulte exceptionnelle !
![[Live Report] Faetooth + Coltaine - 18/02/2026 @Rock'n'Eat, Lyon 32 Djamel Profil](https://www.noise-injection.com/wp-content/uploads/2024/02/Retoucheprofile-pic-enhance-faceai-sharpen.jpg)
Originaire des Pyrénées, je traine mes pattes dans la scène Rock depuis plus de 20 ans. Je couvre les concerts avec mon vieux réflex d’une main et mon stylo de l’autre, toujours prêt à partager mon opinion. Que ce soit sur scène ou en festival, je balance mes chroniques et live reports capturant l’essence de ma propre expérience.


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