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[Live Report] The Limiñanas, Laurent Garnier et Bertrand Belin – 20/08/2018 au festival Vingt sur vingt

C’est après un mois de festivités que le festival Vingt sur vingt touche à sa fin. Pour la soirée de clôture, l’organisation orchestrée par Raphaël Dumas a laissé carte blanche aux Limiñanas, véritable fierté rock locale. Je suis arrivé à 18H00 et la foule déjà sur place laisse présager une soirée complète. La partie avec la grande scène n’est pas encore ouverte. J’entends au loin les balances et ça promet. L’absence de communication sur la journée et l’accès encore restreint cache forcément quelque chose : une scénographie particulière ? une guest star surprise ? Ce sera finalement la seconde option.

Une fois l’accès autorisé, je remarque une nouvelle scène à côté de la principale avec Laurent Garnier aux platines. Voilà la surprise ! J’ai quand même dû regarder à plusieurs reprises. Sait-on jamais, cela aurait pu être une énième hallucination. La légende de la musique électronique française ambiance tranquillement l’assistance avec des sonorités soul et funk, registre dans lequel on n’a pas l’habitude de le voir jouer. Le remix du morceau « Dimanche » par le Dj, sa présence au Brunch Electronik de Barcelone la veille et l’amitié tissée lors de la participation des Limiñanas au festival Yeah ! aurait dû me mettre la puce à l’oreille. Mais imaginer la présence d’un tel poids lourd relève souvent du fantasme. Face à la réalité, on sait déjà que le final sera grandiose.

La foule n’arrête pas de déferler sur le festival. Il est tout juste 21H00 et la question sur le succès de cette soirée ne se pose même pas. Bertrand Belin ouvre le bal avec un set acoustique. Cet écrivain et musicien breton a prêté sa voix sur le morceau « Dimanche » des Limiñanas : « J’ai une amie, Vicky, son vrai nom est Suzie. On l’appelle Sue, je l’appelle Vie ». Le côté acoustique a du mal à captiver l’ensemble du public occupé à boire, manger ou faire la queue pour des jetons. Mais ceux qui auront profité du concert ont pu entendre des compositions poignantes et sincères. Bertrand Belin et sa voix singulière manie le verbe avec une grande finesse. Le genre d’artistes qui donne ses lettres de noblesse à la musique. Une très bonne première partie, véritable moment d’accalmi avant la tempête.

L’ambiance est au beau fixe quand les Limiñanas montent sur scène. Le groupe commence avec « Ouverture. ». A la fin du morceau Lionel Liminana lance avec nonchalance un : « Bonsoir, nous sommes les Limiñanas de Cabestany ». Phrase qui me fait toujours autant sourire. Le concert est plus court qu'à l'habitude, mais la setlist est de qualité : « Istanbul Is Sleepy », « Funeral Baby », « Shadow People », « The Gift », ou encore « Garden Of Love ». Bertrand Belin rejoindra les perpignais sur scène pour interpréter « Dimanche ». Les Limiñanas clôturent le concert avec l’excellente montée instrumentale « The Train Creep A-Loopin ». Morceau durant lequel on peut observer Ivan Telefunken, en véritable architecte sonore, torturer sa guitare avec une petite cuillère. Ce dernier moment de grâce a de quoi propulser le public en orbite pendant un long moment. Nullement besoin de rappel après une telle déferlante. Les Limiñanas viennent encore de prouver que la technique du "mur du son" et les salves de distorsion arrivent à hypnotiser les foules.

Aussitôt le concert des Limiñanas terminé, Laurent Garnier commence son set toujours dans un registre soul et funk. Ma principale interrogation est de savoir s’il va nous balancer une sauce electronique comme il sait le faire. Sans que l’on s’en rende compte, il glisse subtilement vers des beats qui cognent de plus en plus fort. Le maître est en place et l’ambiance est au déchainement. Le pic de ce passage électronique sera, comme à l'accoutumée, le morceau « The Man With The Red Face ». Laurent Garnier retourne ensuite vers un registre plus léger mais avec une sélection de grande qualité. Le Dj assurera son rôle jusqu’au petit matin. Un set marathon mené d’une main de fer.

 

Cette soirée est, sans surprise, une véritable réussite. Le Vingt sur vingt replace les Pyrénées orientales sur la carte du bon goût en matière d’évènements culturels. Au milieu des festivals grand public à la direction artistique douteuse et opportuniste, il s’illustre par un final réunissant l’un des meilleurs groupes de rock français et l’un des meilleurs Dj de l’hexagone. Mais cette seule soirée ne doit pas occulter le mois de fête qui nous a été offert dans ce cadre idyllique au milieu des vignes. De nombreux artistes, musiciens et restaurateurs se sont succéder au domaine de Sainte Barbe pour nous faire vivre un été inoubliable. Un grand merci à cette initiative et longue vie à ce festival.

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What a long strange trip it's been

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