[Chronique] The KVB – Only Forever Now

The KVB est un couple londonien installé à Berlin qui se fait connaître depuis 2010 avec plusieurs albums et des prestations live remarquées dans les salles et autres clubs. Le groupe se compose de Nicholas Wood à la guitare et Kat Day au clavier. C’est d’ailleurs cette dernière qui réalise les excellents visuels projetés durant les concerts. Ces jeunes gens ont clairement gagné en assurance et maturité au fil des années et incarnent, assurément, le renouveau du genre. L’album précédent, « In Deep », avait fait l’objet d’un mastering par Sonic Boom du feu Spacemen 3 et Anton Newcombe, du Brian Jonestown Massacre, avait édité leur album « Minus One » en 2013 au travers de son label A Records. Une sorte de validation qui ne pouvait que les encourager. Ils commencent enfin à sortir de l’ombre.

« Only Forever Now » amorce un nouveau tournant pour le groupe, déjà perceptible sur « In Deep ». Les morceaux sont globalement plus "pop", et ce dans le bon sens du terme. Si la guitare pleine de reverb, les beats électroniques et les synthétiseurs sont toujours présents, les voix de Nicholas et Kat sont beaucoup moins noyées sous les effets. Les deux protagonistes s’exposent avec des vocalises calquées sur le mode « couplet/refrain ». L’amorce d’un tel virage n’est pas aisée car les groupes l'empruntant tombent souvent dans le mauvais goût. Mais c’est sans compter sur la maitrise de The KVB qui ont digérés leurs influences avec classe. Cet album est surement l’un de leurs meilleurs.

« Only Forever Now » débute avec le rythme accéléré et entêtant de « Above Us ». Les loops synthétiques accompagnent ensuite la voix de Nicholas mise en avant sur les presque trop "pop" « On My Skin » et « Tides ». Le titre « Only Forever Now » replonge l’auditeur dans des sonorités familières au groupe. Des morceaux comme « Afterglow » et « Into Life », sur lequel Kat assure seule le chant, sont très électroniques et communicatives. L’influence berlinoise ? La magnifique « Violet Noon » n’est pas sans rappeler certains morceaux de Slowdive. La guitare de Nicholas s’envole jusqu’à s’évaporer dans une douce vague sonore. L’album se termine sur l’excellente « Cerulean » qui transporte loin et donne envie de bouger.

Avec « Only Forever Now », The KVB pose un premier pas dans la cour des grands. Les sonorités cold wave et post-punk sont modernisées et ne tombent pas dans la redite. Les morceaux s’enchainent avec cohérence. Une certaine maturité se dégage de cet album. Quelque chose de plus clair en ressort. Comme si le groupe, toujours tapis dans l’obscurité, entrevoyait la lumière au loin. On est clairement face à un bon album mais auquel il manque le coté percutant du précédent. Les membres de The KVB sont encore jeunes et font clairement partie des références actuelles du genre. Jusqu’où ira le prochain essaie ?

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