Report: Steven Wilson – 06/02/2018 à Lyon

Le Transbordeur a été le théâtre pendant la soirée du 6 février 2018 du concert de Steven Wilson, qui comme le dit si bien Télérama, est "le musicien méconnu le plus populaire". Wilson peut se vanter d'avoir un public des plus fidèles, et le roi du Rock Progressif des années 20xx a eu droit à une salle comble, où les bruits de couloir annoncent que plus de tickets ont été vendus que de places disponibles... Notre protagoniste, en tournée suite à la parution de son dernier album "To The Bone" qui n'a pas rencontré les faveurs de certains des fans les plus nostalgiques de la période Porcupine Tree, propose un long set de 21 morceaux, sans première partie.

Le concert débute avec une courte vidéo très engagée, des mots forts et des images efficaces pour dénoncer les excès de nos sociétés contemporaines, noyées dans le terrorisme, la désinformation, la religion, la vérité, la famille, le tout en perte de repères. Le concept de son dernier album s'attache à des questions telles que "Qu'est ce que la vérité ?".

Les musiciens sur scène démarrent avec des morceaux de l'album "To The Bone" dont "Nowhere Now" et "Pariah" où la voix magnifique de Ninet Tayeb (malheureusement pas présente car en tournée américaine le lendemain) raisonne dans un transbordeur déjà enthousiaste. Steven Wilson plongera l'audience dans son univers riche de nombreuses influences, de Pink Floyd à David Bowie en passant par Kate Bush jusqu'à Rush ! Cela peut paraître très présomptueux de s'attaquer à ces mastodontes suscités, mais pour un artiste de cette trempe (qui vient de fêter ses 50 ans seulement !), rien n'est impossible et il est ainsi "normal" de mélanger les styles, du Progressif et Psychédélique au Post-rock, Electro, Jazz et Métal

La set-list intelligemment sélectionnée proposera un savant mélange de morceaux issus de la carrière solo de Wilson mais également de Porcupine Tree (1/4 du set). Grâce à cette variété le public ne se lassera pas et ne ménagera pas sa joie jusqu'à l'excellent et presque Metal "Ancestral" qui clôturera la première partie de la soirée.

La deuxième partie du set démarrera avec un morceau bien connu des fanatiques de Porcupine Tree, "Arriving Somewhere but Not Here", dont la performance live enregistrée à l'occasion du DVD éponyme représente finement les performances artistiques du virtuose. C'est avec un certain malin que Wilson présentera à la suite son oeuvre la plus critiquée de sa carrière "Permanating", assez malheureusement il a presque dû se justifier en expliquant que cette oeuvre était plus Pop que le reste de sa discographie mais que ce n'était pas un mauvais morceau pour autant... incroyable de voir qu'un artiste qui a le respect des plus grands (King Crimson, Jethro Tull, Yes, etc) justifie l'une de ses création...

On approche des 2h30 de set avec une des création les plus réussie de la sphère progressive, "Sleep Together" issu d'un album largement plébiscité de Porcupine Tree, "Fear of the Blank Planet". L'exécution magistrale de ce dernier titre clôture la deuxième partie du set. 

 

Bien que Steven Wilson joue pratiquement de tous les instruments (alternant donc entre claviers, guitares et basse) et monopolise l'attention sur scène, il serait injuste de ne pas féliciter les excellents membres du groupe. Adam Holzman (Miles Davis) et ses solos de Moog exceptionnels, Nick Beggs (Steve Hackett de Genesis) et sa basse Chapman Stick, Craig Blundell (Frost*) qui aura eu la lourde tâche de faire oublier Marco Minnemann et Alex Hutchings (Solo) qui aura eu la tâche encore plus lourde de faire oublier Guthrie Govan. Autres acteurs à féliciter, les ingénieurs du son, on est ici dans un travail d'orfèvre et quand bien même le Transbordeur est une salle avec une bonne acoustique, la multitude de pistes et d'instruments obligent les ingénieurs à être efficaces et attentifs. Seule ombre au tableau, la gestion de certains passages surround/5.1 qui semble être une excellente idée sur papier s'avère être juste désagréable pour les auditeurs situés à proximité des enceintes arrières.

Avant de nous quitter, nos musiciens reviennent pour un retour qui se terminera sur le sombre, triste mais pourtant si attachant "The Raven That Refused to Sing". Bruyante ovation et avis unanimes, le roi du Prog va encore garder son titre pendant quelques années. A noter que les acteurs de la soirée seront à l'affiche du Hellfest 2018 !

 

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