[Live Report ] Roger Hodgson de Supertramp + Toto – 11/07/2019 aux Arènes @Nîmes

Quoi de mieux que les belles arènes de Nîmes un soir d'été pour un concert Pop Prog avec deux géants ayant surfé sur presque deux décennies. Roger Hodgson de Supertramp et Toto, une affiche qui sent bon les 70's qui a s'est évidemment retrouvée sold out. Avec une capacité maximale de 13.000 places, les arènes combles sont déjà un spectacle en soit. Petite incompréhension concernant l'organisation: la présence de places assises en fosse ?!? Ok je veux bien comprendre que le public visé n'a pas tout à fait 20 ans mais quand même on est encore loin de l'EHPAD ! Bref venons-en au cœur du sujet, la musique.

Roger Hodgson de Supertramp

Le britannique, très apprécié en France (qui a reçu ses insignes de chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres cette année) a rendu la pareille en offrant un show plein de cœur et avec une forte volonté de faire plaisir à son audience. Pour preuve une setlist composée exclusivement de tubes, ceux qui ont rendu folles les quinquagénaires voire sexagénaires qui se trouvaient autour de moi. Assurément un artiste qui a fait vibrer toute une génération depuis 1969. Pour démarrer, Roger derrière les claviers propose un titre de Breakfast in America, "Take The Long Way Home" et son introduction iconique à l'harmonica. Première bonne nouvelle, Roger à plutôt bien entretenu sa voix malgré son âge avancé. Alternant à la guitare avec "School", Roger fait sonner sa douze cordes accompagné tantôt de flûte ou de saxophone. Avec "In Jeopardy", Roger enchaîne sur le seul titre de la soirée qui ne fera pas parti de la discographie de Supertramp mais de sa carrière solo.

Parmi les tubes planétaires de la soirée il y a bien entendu eu les pépites "Breakfast in America" et "The Logical Song" du même album (3e album le plus vendu en France), ça fait 40 ans que ces morceaux tournent et pourtant ça marche encore, exceptionnel. Toujours du même album, Roger exécute "Lord Is It Mine" avec un saxophone qui se glisse tout doucement entre tes deux oreilles et fait vibrer ton petit cœur, oui Supertramp c'est de l'émotion !

"Child Of Vision", toujours de Breakfast in America, est en bien des points un titre incroyable, la performance en live ajoute encore au plaisir de ce morceau varié aux sonorités diverses, aux mélodies indémodables et à l'organisation façon "jam session" jazzy, sans oublier ce solo de sax qui clôture la partie Breakfast comme sur l'album, de la plus belle des manière.

C'est le moment de la surprise, avec l'intervention de Mathieu Chedid qui s'invite sur scène pour accompagner le groupe sur "Don't Leave Me Now". -M- s'autorise ainsi un long solo dans la pure tradition Rock, je l'en pensais plus capable depuis ses délires un peu trop World Music. L'audience a visiblement apprécié au vu des applaudissements très fournis. Pour finir ce set, nous avons droit au long "Fools Overture", le chef d'oeuvre de Even In This Quietest Moments, mêlant duo de chant perçant et clavier avec des passages toujours aussi denses de saxophone, un moment intense (le titre traite de la Grande Bretagne sous la 2nde guerre mondiale) nécessitant une courte pause pour reprendre son souffle.

A l'heure du rappel, la troupe revient sur scène accompagné à nouveau de -M-, quoi d'autre que "Give a Little Bit" pour se replonger dans cet univers, une merveille. Hodgson termine son show part le très Pop et lumineux "It's Raining Again", un régal tout en simplicité et efficacité, la voilà la recette du succès du britannique. Mais en fait, Roger Hodgson ne serait-il pas au clavier ce que serait David Gilmour à la guitare?

Toto

Avec Toto, on fait quand même un sacré bond en termes de virtuosité. Les artistes présents sur scène sont tout simplement hors normes, il ne faut pas le laisser berner par les quelques tubes ultra cheesy qui faisaient danser dans les années 80. Toto c'est un délice, pas forcément le plus facile à aborder tant les influences sont diverses à la fois Pop, Jazz Fusion, et Rock Progressif, un genre parfois appelé Arena Rock pour ce mélange de balades et morceaux plus heavy produit par des groupes qui ont évidemment envoyé des décibels dans de nombreux stades autour du monde.

D'ailleurs Toto produit encore de nouveaux albums, et shame on me, je n'ai pas écouté les dernières galettes des américains, à une exception près, depuis les productions des années 90. Je m'en suis rendu compte fissa dès le premier titre du set "Devil's Tower" paru en 2018. C'est aussi le premier solo d'un des guitaristes les plus sous-coté de la planète, Steve Lukather, un guitar heroe qui bien que très respecté par l'ensemble des guitaristes Rock n'aura pas eu la même aura grand public que ses comparses shredders Heavy Metal en pleine bourre dans les années 80.

 

Les tubes ne tardent pas à se pointer avec notamment  "Hold The Line" en première partie de set. Parmi mes plus grandes attentes, "Lovers In The Night" de l'album Toto IV, avec un riff de guitare assez heavy tranchant avec les mondialement connus "Rosanna" et "Africa" du même album. Si tu ne connais pas Toto, tu connais au moins ces deux morceaux.

Belle montée avec "I Will Remember" où Steve Lukather démontre qu'il n'est pas seulement un guitariste hors pair mais également un chanteur très doué. On est clairement dans un moment voué au romantisme, c'est également un part importante de l'identité du groupe. Avec "Georgy Porgy", la troupe retourne dans les 70's avec un titre qui rappellera à la fois les débuts du disco et du R'n'B. "Human Nature", connu surtout pour son interprétation par Mickael Jackson, est à l'origine un titre composé par et pour Toto, l'interprétation live de ce titre m'a semblé un peu en deçà du reste mais qu'importe. On enchaîne avec une bonne chanson de lover comme les américains savent faire "I'll Be Over You", l’enchaînement de ces deux titres manque un peu de rythme mais dans le feu de l'action on se laisse prendre par sonorités presque clichés de Love Song des 80's.

On reprend un peu d'énergie avec "Stop Loving You", l'un des tubes de 1988 aux sonorités d'époque et surtout un solo incroyable du claviériste Dominique Taplin qui subjugua la scène durant de nombreuses minutes pour le plaisir de la virtuosité.

Avec des titres comme "Girl Goodbye" et "Lion", Toto prouve son aisance dans un registre plus Hard Rock sans jamais oublier d'intégrer subtilement des composantes progressives et/ou jazz fusion. En tant qu'amateur de science-fiction, quand Steve Lukather a annoncé jouer le thème du désert de Dune, je m'attendais forcément à un grand moment, et effectivement, l'instant était particulièrement appréciable, entièrement instrumental "Desert" est à la fois planant et étonnamment sombre pour Toto.

La fin du set approche et le très attendu "Africa" débarque sous de lourds applaudissements et un public chaud bouillant. Avec les improvisations et divers solos le titre double ou triple de durée, les solos de percussions apportent un réel plus et font naturelle bouger en rythme l'audience. Un titre entendu des centaines de fois sur les ondes radios mais qui réserve encore de réelles surprises grâce au talent des musiciens qui parviennent à modeler le morceau pour lui donner une touche différente à chaque fois. En guise de rappel "Home of The Brave", l'un des titres qui représente le mieux la discographie du band avec une infusion de tous les genres maîtrisés par le groupe, et il y en pas mal.

Bref, une soirée à plus de 100 millions d'albums vendus dans un cadre idyllique ça ne pouvait forcément que bien se passer.

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