[Live Report] Jacco Gardner + Le Comte – 07/03/2019 à l’Épicerie Moderne @ Feyzin

Dans le cadre de la 3e édition du festival toujours plus psychédélique, Transfer, le néerlandais Jacco Gardner s'est vu confier la tâche d'ouvrir le gala, il sera  accompagné du rennais Christophe Le Comte. Pour l'occasion, la scène de l’Épicerie Moderne a été remodelée avec la présence des musiciens au cœur de la salle, le public (de tout âge) entourant les artistes. Une atmosphère intimiste où l'audience est assise en cercle, certains sont allongés, yeux fermés pour pouvoir l'espace d'un temps, voyager dans un univers surréel.

Le Comte

Oniriques et envoûtantes, les sonorités électroniques proposé par Le Comte sont d'une rare délicatesse. J'ai ainsi bénéficié d'un moment relaxant, surprenant même, les envolées atmosphériques m'ont rappelé l'oeuvre de Vangelis avec la BO de Blade Runner, et ça, c'est une sacré performance.

Le Comte, assis à même le sol avec son rack analogue et synthé modulaire s'inscrit dans un mouvement électronique typique des années 70, il est facile de faire le lien entre sa musique et les mythiques Tangerine Dream. Avec des morceaux minimalistes et ambiants, chaque minute était un appel au laisser aller. Le public semble tout aussi absorbé que moi, il y a peu de mouvements, les regards sont fixés vers l'artiste et pendant une demi-heure, nous avons voyagé dans un univers éthéré. Une brillante première partie !

Jacco Gardner

Avec un 3e opus Somnium dont nous avons réalisé la chronique, Jacco Gardner s'est présenté au centre de la salle avec sa camarade Maria Pandiello. Et on peut dire que le néerlandais n'a pas joué petit bras, en jouant l'intégralité de son dernier album en quadriphonie (4 sets d'enceintes quadrillant la salle) le rendu sonore était volontairement grandiose, un clin d’œil aux fondateurs de la quadriphonie, Pink Floyd ?

Dès les premières notes de "Rising" puis "Volva", l'audience se retrouve plongée dans un univers rétro,  rappelant la vague Psyché/Prog allemande des 70s mais également l'illustre Mike Oldfield avec la présence d'une guitare et des mélodies dont le britannique a le secret. La qualité de composition des œuvres est remarquable et la prestation live retranscris parfaitement le propos. Nos deux artistes exploitent leurs synthétiseurs analogiques à la perfection, Maria prends à sa charge une grande partie des sonorités ambiantes et certaines parties solos lorsque Jacco se retrouve derrière la 6 cordes.

 

 

Avec Somnium, Jacco Gardner se concentre sur un set entièrement instrumental et clairement axé sur la présence des synthétiseurs, exit les chœurs et la présence de musiciens de formation rock classique (guitare/basse/batterie), une prise de risque qui place l'artiste dans une démarche novatrice que je ne peux que saluer, quand bien même je n'aurai pas été contre un vrai batteur pour jouer les sections rythmiques.

Les titres s'enchaînent avec une cohérence totale, dans un sens je considère l'oeuvre jouée comme un ensemble unique et indissociable, le dernier quart du set avec notamment "Descent" et "Somnium" termine de transporter le public dans une aventure onirique sans frontières créative. Jeune et pourtant déjà beaucoup de talent, Jacco Gardner a réalisé une démonstration qui l'inscrit parmi les artistes les plus prometteurs du moment.

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