[Chronique] Jacco Gardner – Somnium

Après les succès de « Cabinet Of Curiosities » et « Hypnophobia », le petit prodige hollandais revient avec un troisième album instrumental intitulé : « Somnium ». Pendant deux ans Jacco Gardner a fait plusieurs voyages musicaux. Il a joué en direct la musique du film Faust de Friedrich Wilhelm Murnau (1926) à la Cinémathèque française lors d’un ciné-concert organisé fin 2017. Il aura été également bassiste de Witch, un groupe de rock zambien des années 70’. Lorsque l’on connait le personnage et son amour pour les synthétiseurs, cet album sans chant coule de source.

« Somnium » est déroutant aux premiers abords. Car il faut le reconnaitre, Jacco Gardner chante très bien avec un sens de la mélodie remarquable. La réécoute de morceaux comme « Clear in The Air » ou « Another You » ne fait que le confirmer. Ne pas entendre sa voix peut décevoir mais c’est sans compter sur la profondeur de son nouvel essai. L’album est en effet basé sur l’un des premiers romans de science-fiction « Le songe ou l’astronomie lunaire » de Johannes Kepler écrit en 1608. Le livre conte l’histoire d’un jeune islandais qui apprend, par un démon, l’existence de l’ile de Levania (la Lune). La musique qui s’en dégage est une véritable ode au voyage de l’esprit.

L’album débute sur « Rising » qui croit lentement en puissance pour s’enchainer sur l’excellente « Volva ». Morceau sur lequel on reconnait d’emblée la patte de Jacco Gardner. Le musicien a le don de faire parler ses synthétiseurs. Chaque séquence nous plonge dans une ambiance sonore différente. « Past Navigator » a, par exemple, un effet électrisant. « Levania », étouffant. Une certaine légèreté se dégage de la mélodie atmosphérique de « Rain ». Jacco Gardner nous fait vivre un voyage émotionnel sur chacune des pistes. Traversée qui se termine dans les rêves de « Somnium ». Il réussit surtout à rendre accessible la musique expérimentale au travers de morceaux concis et mélodieux.

Avec « Somnium » Jacco Gardner ne fait pas dans la simplicité quitte à dérouter son public. Une prise de risque qui s’inclue dans une véritable démarche artistique. Quelque chose d’onirique se dégage de cet ensemble instrumental. « Somnium » sera intégralement joué en quadriphonie. Il est fort probable que l’album prenne une toute autre dimension sur scène. Avis aux plus sceptiques ! Quoiqu’on en pense, Jaco Gardner s’inscrit parmi les artistes les plus fascinants de l’année.

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What a long strange trip it's been

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