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[Chronique] Myrath – Wilderness of Mirrors

Djam - Progressive Metalhead par Djam - Progressive Metalhead
02/04/2026
dans Chroniques
Temp de lecture: 3 minutes
[Chronique] Myrath – Wilderness of Mirrors
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Il y a des groupes que je suis presque comme une vieille habitude, un rituel. Myrath, c’est clairement de ceux-là. Depuis ce fameux passage en tête d’affiche à Rillieux en 2016, où je les avais pris en pleine face avec cette excitation de les voir pour la première fois, jusqu’aux multiples retrouvailles depuis, j’ai vu leur mutation s’opérer en live, album après album. Et là, avec Wilderness of Mirrors, j’avais une vraie curiosité, presque une petite appréhension, je l’avoue.

Parce que bon… le virage amorcé depuis Karma avait déjà bien lissé les angles. Moins de démonstration prog, plus d’efficacité. Le genre de move qui peut faire grincer des dents les puristes mais remplir des salles. Et vu qu’ils repassent en octobre à La Rayonne, autant dire que j’écoute ça avec mes oreilles de chroniqueur certes… et de mec qui va quand même aller les revoir live.

Dès « The Funeral », je capte le délire. C’est cinématographique ! Les orchestrations prennent toute la place, ça respire la prod massive, ultra clean, presque hollywoodienne. On est loin de la rugosité des débuts, mais en même temps… ça fonctionne. Chaque élément est à sa place, les grattes de Malek Ben Arbia sont là pour servir le morceau plus que pour briller, et ça, c’est un choix artistique qui change avec leurs débuts. Pas forcément celui que j’attendais, mais cohérent.

Et puis il y a Zaher Zorgati. Ce lead singer charismatique porte l’album sur ses épaules. Sa voix est toujours aussi habitée et théâtrale, capable de te vendre un refrain comme un discours de fin du monde. 

Mais là où Wilderness of Mirrors devient intéressant, c’est dans ce contraste permanent. En surface, t’as ce côté héroïque, lumineux, presque euphorique. Le genre de morceaux qui te donnent envie de partir en quête épique avec une cape imaginaire. Et en creusant un peu, t’as une mélancolie diffuse, un truc plus introspectif, c’est assez bien équilibré dans ce sens.

“Les Enfants du Soleil”, par exemple. Clairement un des moments puissant de l’album. Ce chœur d’enfants en français, ça pourrait être cheesy à mort, et pourtant… ça marche. Y’a une saveur à nouveau cinématique dans cette introduction avant d’enclencher sur une partie plus épique. 

Musicalement, faut être honnête, on est sur un cru plutôt accessible qu’en face d’un Prog torturé. Les structures sont limpides, les refrains calibrés pour rester en tête, et les influences orientales sont là pour colorer, plus que pour bousculer. Ça groove, ça ondule, ça ajoute une identité, mais ça ne déborde jamais vraiment.

Et c’est peut-être là mon petit bémol. J’aurais aimé un peu plus de folie, un peu plus de prise de risque. Quelques moments où le groupe lâche les chevaux, comme à l’époque de Tales of the Sands. Là, tout est maîtrisé, parfois un peu trop. Même les drums, qui aurait pu amener plus d’impact, reste efficaces mais un peu sages.

Et en même temps… difficile de ne pas se laisser embarquer. Les hooks sont énormes, les arrangements ultra léchés, et l’ensemble dégage une confiance assez bluffante. C’est un album qui sait exactement ce qu’il veut être. Et qui y va à fond.

Au final, Wilderness of Mirrors ne révolutionne pas Myrath, mais il confirme leur capacité à évoluer sans perdre leur ADN. C’est moins Prog, plus chill, parfois presque « mainstream » (à défaut d’utiliser un autre mot) dans l’approche, mais toujours porté par ce mélange unique de metal mélodique et de textures orientales.

Et surtout, je sais déjà que certains de ces morceaux vont prendre une toute autre dimension en live. Parce que c’est là que le groupe excelle vraiment. Et vu leur historique sur scène, je ne me fais pas trop de souci pour octobre. Je râle un peu, je chipote, mais au fond… ça reste toujours un plaisir de faire tourner un nouveau Myrath à la maison.

En résumé

Myrath - Wilderness of Mirrors

4 Note

Un album ultra maîtrisé et accrocheur où Myrath privilégie l’efficacité et les émotions au détriment d’un certain grain de folie Prog

Les +

  • Refrains massifs et ambiance épique ultra immersive
  • Production riche et arrangements soignés

Les -

  • Manque de prise de risque et de technicité Prog

Review

  • 8
Djamel Profil
Djam - Progressive Metalhead

Originaire des Pyrénées, je traine mes pattes dans la scène Rock depuis plus de 20 ans. Je couvre les concerts avec mon vieux réflex d’une main et mon stylo de l’autre, toujours prêt à partager mon opinion. Que ce soit sur scène ou en festival, je balance mes chroniques et live reports capturant l’essence de ma propre expérience.

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