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Chronique

[Chronique] Keor – Petrichor

La vie est parfois dure chez les auditeurs de Néo Rock Progressif, j’ai poncé tous les albums de Porcupine Tree, Opeth et Pain of Salvation jusqu'à la moelle et les nouveaux entrants dans la sphère progressive ne m’emballent pas toujours. Heureusement des nouveaux ténors parviennent à tenir la distance, je pense notamment à Haken ou aux suédois de Carptree. Certains diraient que le genre s'essouffle, d'autres apprécieront la mutation vers des styles modernes et percutants dont le Djent en serait la matérialisation. Mais depuis le 7 décembre 2018 un vent d'air frais venu de nulle part a perturbé l’apparente monotonie du monde progressif. Keor vient de sortir son album Petrichor et déjà le très dynamique groupe Facebook Prog Snob s'est emballé, quel est ce band inconnu ? Pourquoi est-ce que c'est si bon ? Qui est derrière les manettes ? Trop de questions d'entrée de jeu qui me feront jeter une oreille particulièrement attentive sur Petrichor.

Déjà, le titre introductif "Petrichor" fait tapis, 11:28 de pur Prog aux influences variées, des riffs tantôt à la Opeth puis à la Devin Townsend, des chœurs à la Porcupine Tree, des arrangements parfaitement exécutés, une voix maîtrisée, des ambiances folks, des synthétiseurs aux sonorités 70's. Tous les codes sont respectés et c'est drôlement réussi. Le climax aux 2/3 avec une double pédale et blast beat accompagné d'une guitare Post Metal est redoutable. Ensuite l'auditeur se retrouve dans une session dont Steven Wilson aurait le secret. Belle entrée en matière. Le morceau suivant, "The Nest of Evil", après une introduction typiquement Rock Prog va laisser l'auditeur s'imprégner d'une ambiance relativement aérienne laissant place au talent du guitariste, encore une fois la partie vocale est parfaitement intégrée, les différentes pistes se côtoient et joignent leurs forces pour produire un univers sonore très plaisant. Le solo de 6 cordes démontre un talent certain avec un jeu tout en mesure et une technique propre faisant une belle union entre expression et virtuosité. Le dernier tiers rappellera Haken pendant un instant pour rapidement monter en agressivité, façon Xanthocroid et c'est un excellent compliment, la section symphonique rajoute également beaucoup à la richesse du titre.

"Snivel by the Pond", bien que plus calme et reposant est assurément un titre ambitieux, l’introduction intègre de nombreux éléments Classique, à la fois Symphonique et Traditionnel avec une mandoline jouée en tremolo qui rappellera tes vacances en Sicile. L’usage d’un instrument bois (clarinette ?) puis d’une panoplie d’instruments symphoniques à l’orchestration plutôt moderne fera penser aux œuvres de Danny Elfman (le compositeur attitré de Tim Burton). Le final aurait pu, lui, être composé par un Mike Oldfield version méditerranée. « Terence » est le titre qui reprendra le plus les codes du Rock Progressif produit par Porcupine Tree. Si la référence est là, ce n’en est pas pour autant une pâle copie, mais plutôt une appropriation de style, revu sous un angle plus lumineux.

Le pavé de l’album, d’une durée de 14 minutes clôture l’opus. "Abyssal Bloom" tient à effacer tous les doutes subsistants (s'il en restait) sur la qualité de l’album. La première partie démarre sur un riff saturé qui servira de base à la greffe de nombreux instruments symphoniques. La deuxième partie du titre finira de mettre en avant le talent certain du cerveau derrière ces compositions. Une apothéose à la voix claire soutenue par une partie rythmique accentuée par la puissance de la double pédale, une guitare aérée et des accords aux différents claviers prolongeant cette sensation de clarté, assurément "Abyssal Bloom" clôture en beauté cet opus de presque 50 minutes qui semble pourtant si court tellement on en redemande.

C'est le moment du bilan et je me dis, quel est ce groupe que j'ai loupé, qui est l'artiste que je connais forcément qui a décidé de faire son concept album ? Que nenni, Keor est un projet d'un artiste encore méconnu, qui plus est français ! La dernière fois que j'ai autant été surpris par un artiste Prog de l'hexagone cela remonte à "Building an Empire" en 2008 du projet de Nicolas Chapel, Demians, autant dire que ce n'est pas souvent le cas. Félicitation à Victor Miranda Martin, la tête derrière Keor, pour cette oeuvre qui devrait naturellement faire beaucoup parler tant la qualité est présente.

Note de l'album : 4,5/5

La note des lecteurs
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