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Chronique

[Chronique] Bent Knee – You Know What They Mean

Originaires de Boston, Bent Knee s'est formé il y a une dizaine d'années au sein de la prestigieuse Berklee College of Music. Après 4 albums fantastiques, leur dernier opus You Know What They Mean tourne en boucle sur mes playlists, c'est l'occasion d'en parler un petit peu. La formation de 6 musiciens puise ses caractéristiques auprès des deux leaders artistiques, Ben Levin à la guitare et Coutney Swain au chant, ce qui nous donne Ben + (Court)ney = Bent Knee. Bon, pas si original pour trouver son nom de groupe mais je peux déjà t'assurer que le contenu de leur discographie l'est, d'ailleurs tu n'as jamais entendu quelque chose comme ça ailleurs. Très typé, la musique de Bent Knee s'appréhende certainement soit comme un "coup de cœur" soit comme "c'est quoi ce son chelou". Bref, ça va pas plaire à tout le monde mais ceux qui y tendront une oreille peuvent littéralement être charmé par ce que les américains proposent, un melting pop de Prog Rock, Rock Expérimental ou encore Jazz Fusion et Pop. Leur dernier album paru en octobre 2019 prend un chemin plus rentre dedans que les précédentes créations, c'est tout le sujet d'aujourd'hui.

Un album osé et unique

Pas la peine d'y aller par 4 chemins, l'écoute de You Know What They Mean est certainement l'une des plus grosse claques que j'ai reçu ces derniers mois. Du bon Rock un peu barré, pleinement original et atypique. Cet album a de nombreuses qualités qui ne sautent pas aux yeux à la première écoute, signe d'une richesse plus profonde qu'il n'y paraît. Ce 5e album démarre avec le titre "Lansing" et son introduction type "prise de son dans le café concert du coin" pour enchaîner sur le vrai départ de l'album "Bone Rage". Ce titre se veut puissant avec des riffs bien heavy (toute proportion gardée, on est encore loin d'une ambiance Metal), la voix tourbillonnante de Courtney donne le ton, ça part dans tous les sens.

Avec "Give Us the Gold"Bent Knee propose quelque chose de plus facile à appréhender. Tout en progression avec une touche de rythme électronique, ce titre offre une belle place à la vocalise. Le violoniste soutient l'ensemble subtilement mais avec présence tandis que Ben Levin à la gratte fait le boulot. D'ailleurs ce type a un talent artistique hors norme, ayant eu l'occasion de le voir en première partie d'Haken je peux en attester. "Hold me In" est le morceau dont j'ai eu le plus de difficulté à apprécier toutes les nuances, c'est aujourd'hui mon titre favori de l'album, comme quoi... Son aspect fin des 80's donne un cachet certain à l'ensemble, le fondu vocal entre voix et clavier un peu avant la 2e minute est un coup de maître, un climax émotionnel. La voix toute en douceur de la bassiste Jessica prend place dans la 2e partie du titre.

"Cradle Of Rocks" porte bien son nom, le berceau des Rocks. Le titre, reste relativement simple d'accès et propose un riffing entraînant. Le mélange des différents instruments et des nappes de claviers s'accorde à merveille pour proposer un univers berçant entre le Pop et le Hard Rock. L'interlude "Lovell" pousse le concept encore plus loin, avec une session distordue (on pourrait croire à un enregistrement à bande où le Vu Meter danserait au delà de la zone rouge de saturation, souffle de la bande en supplément), avant d'attaquer "Lovemenot". Cette fois-ci le son est plus lourd et sombre, Courtney brille toujours autant avec son chant théâtral. Avec une première partie de titre manquant un peu d'originalité à mon goût, le dernier tiers propose quelque chose de plus cacophonique, et ça j'aime bien.

Le titre le plus (le seul?) relax de l'album est sans doute "Bird Song", sous ses airs de balade "Bird Song" permet à l'auditeur de reprendre son souffle pendant 3 petites minutes, cela pourrait paraître dispensable mais finalement cela permet à morceau suivant de détonner de meilleure manière. "Catchlight" est probablement le titre le plus réussi de l'album, c'est d'ailleurs celui qui m'avait fait le meilleur effet lors de la première écoute. Tout dans ce titre transpire l'efficacité, le groove est présent, le chant est moins hystérique et les accords s'enchaînent avec cohérence. Le final du titre est particulièrement réussi avec une montée vocale de Courtney et l'accompagnement de la gratte tout simplement brillant. Cette efficacité a un coût, "CatchLight" est peut être le morceau le moins original de l'album (attention c'est super original hein, mais avec Bent Knee on s'attend toujours à plus de folie) et donc le plus à même de servir de support de communication. Cela ne retire bien évidement rien à la beauté du titre.

 

Les titres qui clôturent l'album sont aussi les plus longs. "Garbage Shark" est intense et prend son temps façon Prog Rock. "Golden Hour" surprend avec un ton Pop Rock frais et moderne laissant beaucoup de place à l'orchestration, le titre est assez planant. You Know What They Mean termine sur "It Happens", du Jazz/Rock qui se veut là aussi plus aérien. Bent Knee laisse ainsi son auditeur retourner à la vie réelle tout en douceur.

Les américains proposent ainsi une galette d'un excellent niveau et d'une originalité certaine. Du Groove, du Rock, de l'Expérimental, tout y est. La musique de Bent Knee est très riche et variée sans jamais tomber dans le trop démonstratif. Une pépite à découvrir de toute urgence.

La note de la rédaction
 4,5/5

 

 

La note des lecteurs
[Total: 4 Moyenne: 4.8]
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Progressive Metalhead

Comments (1)

  1. Très belle chronique d’un album juste sublime.
    Je voudrais toutefois faire un focus sur la fin de l’album un peu “liquidée” : elle est tout aussi sublime avec une mention spéciale pour “Golden Hour” que je trouve aussi réussie que “Catch Light” bien que très différente.
    “Garbage Schark” est dans la lignée d’un rock progressif tel qu’on pouvait l’entendre dans les années 70 mais avec la patte unique du groupe : violon discret, chant intimiste, montée en puissance pour déboucher sur un coup de tonnerre avec une fin tonitruante ; du grand art.
    “Golden Hour” brille de mille feux avec son introduction planante où les vocalises de Coutney se fondent dans des nappes de clavier sublimes, suivie du démarrage réel de la chanson construite autour d’une mélodie aérienne confondante de beauté et pourtant assez simple. J’ai mis un peu de temps pour appréhender cette chanson mais j’ai reçu une claque comme rarement lorsque j’ai saisi le message musical.
    “It happens” est plus anecdotique mais reste une réussite. Accompagnement jazz/rock un peu distordu, mélodie un peu rigolote et fin à la Bent Knee, c’est-à-dire, différente du corps principal de la chanson mais en lui succédant de manière fluide…

    Cet album est un véritable bijou.

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