Anneke van Giersbergen n’est plus à présenter. Depuis ses années marquantes chez The Gathering jusqu’à ses collaborations avec Arjen Anthony Lucassen ou Devin Townsend, la Néerlandaise s’est imposée comme une voix incontournable du metal progressif. Avec VUUR, projet lancé en 2017, elle opère un virage plus frontal et résolument heavy, comme une envie assumée de durcir le ton sans renier son identité.
Le line-up qui l’accompagne n’a rien d’un casting de seconde zone. On retrouve Ed Warby derrière les fûts, Johan van Stratum à la basse, et le duo Jord Otto / Ferry Duijsens aux guitares. Une formation solide et expérimentée, taillée pour soutenir cette orientation métallique. Initialement, Marcela Bovio devait compléter le projet, mais son départ prématuré recentre encore davantage VUUR autour d’Anneke, véritable pilier du projet.
Le concept de In This Moment We Are Free - Cities repose sur une idée simple mais évocatrice, chaque morceau s’inspire d’une ville ayant marqué la chanteuse. Berlin, Paris, Istanbul, Mexico City ou encore San Francisco deviennent ainsi des reflets émotionnels plutôt que de simples cartes postales musicales. Pas de clichés sonores ici, mais une traduction sensible des expériences et souvenirs d’Anneke.

Dès “My Champion – Berlin”, VUUR pose les bases, riffs massifs, production moderne et énergie immédiate. Le ton est donné, on est clairement sur un metal direct et efficace. Anneke conserve son chant clair, mais le projette avec plus de puissance et d’impact, ce qui fonctionne parfaitement dans ce contexte.
“Time – Rotterdam” et “Freedom – Rio” viennent apporter une respiration plus mélodique et accessible, flirtant parfois avec des ambiances presque radiophoniques. À l’inverse, “The Fire – San Francisco” met en lumière toute la maîtrise vocale de la chanteuse, entre précision technique et intensité émotionnelle.
Mais malgré ces qualités évidentes, l’album peine à réellement surprendre. Les guitares, bien que solides, restent souvent ancrées dans des schémas assez classiques, sans s’aventurer vers des terrains plus audacieux. On est loin des envolées imprévisibles que l’on pourrait attendre en pensant à Devin Townsend, et l’aspect atmosphérique, pourtant signature de The Gathering, est ici largement mis de côté. VUUR fait le choix du metal frontal, parfois au détriment de la diversité.
Cela dit, difficile de bouder son plaisir. L’album est cohérent, fluide et sincère, porté par une Anneke pleinement investie. On sent une vraie volonté de se réinventer artistiquement, quitte à surprendre ses fans de la première heure.
Au final, In This Moment We Are Free – Cities s’impose comme un album solide et accessible, sans révolutionner le genre. Une sorte de déclaration d’intention, Anneke peut faire du metal heavy, et elle le fait bien.
Et pour prolonger l’expérience, VUUR part défendre l’album sur les routes européennes aux côtés de Epica, un pairing qui promet une belle montée en intensité en live.

Originaire des Pyrénées, je traine mes pattes dans la scène Rock depuis plus de 20 ans. Je couvre les concerts avec mon vieux réflex d’une main et mon stylo de l’autre, toujours prêt à partager mon opinion. Que ce soit sur scène ou en festival, je balance mes chroniques et live reports capturant l’essence de ma propre expérience.




