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Chronique

[Chronique] Vox Low – Vox Low

Vox Low est à la base un duo, Jean-Christophe Couderc (chant et synthétiseur) et Benoit Raymond (basse, guitare et synthétiseur), tous deux rescapés du groupe Think Twice. Ces derniers avait été signés par Laurent Garnier au milieu des années 2000, durant la seconde vague French Touch, sur F.Communications quelques temps avant sa fermeture. Hélas, ils connaitront le meme sort que le label déjà en perte de vitesse à l’époque. L’histoire aurait pu s’arrêter là mais les deux amis vont remettre le pied à l’étrier et le projet Vox Low va naitre en secret. Après une série d’EP qui voit le jour depuis 2015, le duo, rejoint par Mathieu Autin (batterie) et Guillaume Léglise (guitare), accouche de son premier album éponyme « Vox Low » publié chez Born Bad Records. Nous sommes en 2018 et cela fait déjà quelques années que les sonorités psychédéliques, shoegazing, krautrock, cold wave ou encore post-punk pointent le bout de leur nez. Un juste retour des choses pour ces genres qui ont fait les frais des groupes insipides que l’on a essayé de nous vendre à la fin des années 1990 et au début des années 2000. La bonne musique ne meurt jamais, elle est toujours terrée quelque part.

A l’image de la pochette avec son bâtiment industriel sur fond rouge, le son de Vox Low est étouffant, crasseux et synthétique. Les lignes de basse assez simples claquent une mélodie hypnotisante. Elles sont finalement plus complexes que ce que l’on pense. Et d’ailleurs, pour une fois, cet instrument fait intégralement partie de l’aspect mélodique des morceaux. La batterie martèle une rythmique en osmose parfaite avec la basse. Les guitares et synthétiseurs terminent de nous faire planer. La voix de Jean-Christophe Couderc a clairement un aspect synthétique avec peu d'émotion mais des timbres envoutants. L’ensemble de ces éléments crée une cohérence et un groove qui donne envie de danser. « Vox Low » est très bien construit et jamais lassant

L’album s’ouvre sur « New We’re Ready To Spend ». On vient tout juste de pousser les portes de cette usine imposante. La réalité s’évapore peu à peu au fil de l’exploration de ce bâtiment abandonné. On déambule de pièces en pièces à la recherche du cœur de l’édifice. Le morceau « Something Is Wrong » nous plonge dans une ambiance malsaine. Quelque chose ne va pas dans le son mais on prend un malin plaisir à s’abandonner, se laisser porter. « Rides Alone » et « Trapped on the Moon » témoignent de la juste utilisation de la guitare avec des sonorités psychédéliques. L’album se termine sur « Rejuvenation ». Ce morceau, qui est le plus long, est une sorte de transe chamanique. Le cœur de l’usine est dérangeant, moite et obscur.

A quarante ans et après un échec, on peut encore accomplir de grandes choses. Vox Low navigue entre la cold wave, le post-punk, le krautrock, le psychédélique et l’électronique sans jamais tomber dans une case. On est bien loin des écueils de mauvais goût sur ce type de projets. Le groupe dépasse les styles et les regarde d’au-dessus. L’album plaira autant aux fans de musique électronique que de rock. Il convient aussi relever que Born Bad Records, dans sa croisade musicale, met toujours le doigt là où il faut. Vox Low joueront notamment au « Pyramide Festival » à la Grande Motte organisé par Gonzai et Voulez-vous danser aux cotés de Christophe (solo), Zombie Zombie, Chloé, Perturbator ou encore Black Devil Disco Club. Un festival qui célèbre enfin la musique synthétique !

La note des lecteurs
[Total: 3 Moyenne: 4.3]
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What a long strange trip it's been

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