[Live Report] – Festival Transfer #2 – 02/03/2018 à Lyon

Le Festival Transfer revient au Transbordeur avec une première soirée à la programmation qui frôle la perfection. King Gizzard and The Lizard Wizard, The KVB, Zombie Zombie, BRNS, Mild High Club et Kcidy. De 19H00 à 2H30, les groupes vont se succéder entre la grande scène et la petite scène installée dans le hall à côté du bar. Un audacieux mélange de rock psychédélique et électronique. Les transports nous feront hélas louper le groupe Kcidy qui ouvrait la soirée.

Le temps de commander quelques pintes et Mild High Club prend place sur la grande scène. Le groupe assure la première partie de King Gizzard sur la tournée européenne actuelle. C’était d’ailleurs déjà le cas il y a deux ans. Ils sont également tributaires aux cotés des australiens de l’album « Sketches of Brunswick East » sorti durant l’été 2017. La musique très "chill" aux accents "jazzy" aura du mal à nous ambiancer. Néanmoins, les compositions ont l’air bien foutues. Au bord de l’eau avec un cocktail sera surement une meilleure occasion d'apprécier leur musique

Le couple londonien installé à Berlin, the KVB, entrent en scène à 21H30. Au programme un déluge sonore de shoegazing/dark-wave. Le groupe est composé de Nicholas Wood à la guitare et Kat Day au clavier. C’est d’ailleurs cette dernière qui réalise l’excellent visuel projeté durant le concert. Ces jeunes gens ont clairement gagné en assurance et maturité. Les projections sont du plus bel effet, le travail réalisé sur le son touche à la perfection, Nicholas et Kat se lâchent et des morceaux comme « White Wall », « In Deep » et « Never Enough » commencent à marquer les esprits. The KVB incarnent assurément le renouveau du genre. Le dernier album « Of Desire» a d’ailleurs fait l’objet d’un mastering par Sonic Boom de Spacemen 3 et Anton Newcombe du Brian Jonestown Massacre a édité leur album « Minus One » en 2013 au travers de son label A Records. Une sorte de validation qui ne peut que les encourager. Ils commencent enfin à sortir de l’ombre. Les années le diront, mais ils risquent d’aller loin.

Il est 22H30, The KVB viennent de terminer leur show et les gens se pressent dans la grande salle du Transbordeur pour assister au concert le plus attendu de la soirée. Les King Gizzard and The Lizard Wizard vont nous vaporiser durant 1H30. La foule devient de plus en plus compacte, les gens sont joyeux, imbibés et satellisés. Après tout, on est face à l’un des plus grands groupes de rock psychédélique de notre époque et ceux qui ont déjà assisté à l’un de leur live savent à quoi s’attendre. Stu Mackenzie et sa bande montent sur scène. Dès les premiers accords de « Rattlesnake » qui retentissent dans la salle, la foule sautille dans tous les sens, des slameurs font leur apparition, c’est un joyeux bordel. Le bordel est partout et à tous les niveaux, tant dans la fosse que dans les gradins. Plusieurs morceaux en micro tonalité vont être joués avant que la grande incursion dans le Gizzverse commence. Et c’est parti pour plus de 45 min de pur bonheur. On passe par « Robot Stop », « The Lord of Lightnning », « Crumbling Castle » ou encore « The Fouth Colour ».

Les King Gizzard ne laissent aucune seconde de répit. Les morceaux sont fusionnés et entrecoupés pour ne faire qu’un. On a l’impression d’être perdu dans un dédalle psychotique sans fin. Les projections psychédéliques sur l’écran ne font qu’accentuer cet effet. Telle une prise d’acide, les concerts de King Gizzard and The Lizard Wizard montent, explosent et redescendent. Le trip se termine sur la très "jazzy" « The River » qui continue de faire danser la foule en délire. Vous vous demandiez à quoi pouvait ressembler un concert de Sweet Smoke ? Avec « The River » en live vous avez la réponse ! L'assistance se déverse dans l’ensemble du Transbordeur et sur la terrasse. Les gens sont heureux, on voit des sourires et des paillettes sur les visages, on sent une bonne odeur d’herbe dans l’air, on se reçoit de la bière dessus et c'est l'extase. En fait, King Gizzard ont réussi à réhabiliter le rock malmené depuis des années par les médias et les maisons de disques. Les morceaux n’obéissent à aucun formatage, c’est sans compromis et subversif. Merci ! Grâce à vous et d’autres le rock est en train de retrouver sa véritable place et son identité.

La belle surprise de la soirée nous viendra de BRNS (prononcé Brains). Ces Bruxellois ont la difficile tâche de jouer entre King Gizzard et Zombie Zombie. Si une première écoute sur le trajet pouvait laisser croire qu’on allait s’ennuyer, c’est finalement tout l’inverse. Après le déluge psychédélique du Roi Gésier, on se retrouve dans la grande salle, un peu moins remplie, à écouter une musique qui oscille entre le rock et l’électronique dans des compositions aux sonorités "prog". Autrement dit, on est bien loin du mauvais gout habituel pour ce genre de crossover. Ce qui frappe dessuite ce sont les voix. Les chœurs sont puissants, ça prend aux tripes, on en aurait presque les larmes aux yeux. Des montées atmosphériques comme on en entend rarement. Une découverte assez inattendue qui ne donne qu’une envie : fermer les yeux et se perdre dans leur récent album « Sugar High ».

Zombie Zombie s’installent sur la petite scène pour clôturer la soirée. Il est déjà 1H30 et vu le nombre de personnes encore présentes, on sait que le groupe est très attendu. Le vaisseau spatial est entrain de décoller. Les propulseurs Cosmic Néman et Doc Shonberg sont déjà lancés pendant qu’Etienne Jaumet aux commandes de ses synthétiseurs se prépare à nous guider dans l’espace. Une transe générale s’empare du Transbordeur. Les Zombie Zombie nous livrent une performance encore plus dure que d’habitude pour se rapprocher de la techno. Ils savent bien qu’à cette heure-ci le public n’est pas là pour enfiler des perles. Ça bouge, ça danse, ça pogote et ça monte sur la scène. De la vraie musique électronique dans une ambiance rock. Etienne Jaumet et ses acolytes donnent vraiment l’impression de travailler la matière sonore. Cette transe répétitive, bel et bien vivante, ondule dans nos corps. Un excellent final qui nous laisse en orbite !

Une soirée réussie. Lévitation France, Paris International Festival of Psychedelic Music, Rock in The Barn, Festival Transfer...etc. Beaucoup d’évènements de ce genre fleurissent un peu partout dans le monde. Finalement on est à même de se demander si les termes psychédélique, rock et électronique ne sont pas dépassés ? Ces festivals sont tout simplement ce que devrait être un vrai festival de rock. On peut toujours se dire qu’on a loupé la grande période des années 60’/70’. Mais on peut aussi aller dans ce genre de soirées et constater que l’époque actuelle n’a rien à envier à celle de nos ainés.

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