[Live Report] Pascal Comelade – 19/05/2018 à Perpignan

Le samedi 19 mai 2018 se tenait à Perpignan, dans le Théâtre de l’Archipel, un concert unique de Pascal Comelade. C’est devant salle comble que l’inclassable musicien catalan est venu présenter une performance en forme de rétrospective de carrière. Des expérimentations avec Richard Pinhas, en passant par des collaborations avec PJ Harvey, Robert Wyatt ou encore Faust jusqu’au récent album « Traité de guitarres triolétiques (à l'usage des portugaises ensablées) » en collaboration avec le groupe perpignanais The Limiñanas, le spectre artistique est large. Vouloir le faire rentrer dans une case relève presque de l’impossible.

Pour cette soirée, Pascal Comelade aura invité de nombreux artistes et amis avec qui il a l’habitude de jouer. La Cobla Sant Jordi en provenance de Barcelone, Pep Pascual, Ivan Telefunken, Samy Surfer ou encore Lionel Liminana. Hervé Di Rosa a eu pour rôle de peindre en direct durant tout le concert. Les peintures et collages étaient rétroprojetés sur un écran derrière les musiciens. Une œuvre musicale et visuelle pour le plus grand plaisir des spectateurs. En véritable chef d’orchestre, Pascal Comelade a joué de dos sur son piano (sans oublier le piano jouet). L’occasion d’admirer son déhancher mais surtout une belle façon de rendre hommage à l’ensemble des musiciens qui l’entourent.

Les morceaux avec la Cobla Sant Jordi présentent une musique catalane contemporaine exécutée avec une grande délicatesse. Les passages bruitistes ont fait sensation avec notamment le génie de Pep Pascual qui sait aussi bien manier la cafetière que le ballon baudruche. L’utilisation de la paille et du ciseau sur l’excellente « Russian Roulette » fait toujours autant d'effet. Ivan Telefunken, qui officie aussi au sein des Limiñanas, aura su mettre l’ambiance avec sa bonne humeur, sa guitare colorée et son ukulélé. Il manie avec aisance la saturation avec ou sans bottlenek. On assiste à des allers et venues des différents musiciens selon les morceaux interprétés. Les deux heures passent vite tant la performance est fascinante.

Se perdre dans les peintures d’Hervé Di Rosa, fixer longuement chacun des intervenants présents sur scène ou encore fermer les yeux pour écouter la musique, il n’y a pas de règle pour apprécier une œuvre si touchante. La notion de répétition est surement le fil conducteur de la soirée. Mais quels que soient les mots que l’on essaie de poser pour décrire ce que l’on a entendu ce samedi, on peut s’accorder sur une chose : l’émotion. Pascal Comelade et l’ensemble des musiciens ont réussi le pari de transmettre de l’émotion à chaque note jouée. De grands artistes pour un grand moment. Décrire ce dernier n’est pas aisé, un seul mot suffit : Merci !

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