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[Live Report] Tangerine Dream – 16/10/2025 @Le Sucre, Lyon

Djam - Progressive Metalhead par Djam - Progressive Metalhead
19/10/2025
dans Live Reports, News
Temp de lecture: 6 minutes
Live Report Tangerine Dream Sucre Lyon
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Concert spécial des Nuits Sonores le 16/10/2025 dans l’écrin du Sucre à Lyon, et j’ai d’abord cru à une blague en découvrant cette date. Tangerine Dream à Lyon, sérieusement ? C’est presque irréel d’imaginer ce groupe mythique dans une telle configuration. Et pour moi, c’est un petit rêve que de pouvoir retranscrire cette soirée à travers ce live report. 

La formation remonte à 1967 avec à sa création Edgar Froese, disparu depuis mais toujours présent dans l’ADN du projet, ce projet germanique est une légende vivante du progressif et de la musique électronique, des millions d’albums vendus, mais surtout des œuvres fondatrices qui influencent encore de grands artistes. Et quand je pense à eux, ce sont toujours les trois mêmes disques qui me reviennent : Phaedra, Rubycon et Ricochet, parus entre 1974 et 1975, ce triangle doré du Krautrock qui a redéfini ma perception du Prog. Alors forcément, cette date, je n’allais pas la manquer.

Revisiter Phaedra, ce n’est pas anodin. C’est toucher à une pierre angulaire de la musique électronique. Et pourtant, Tangerine Dream s’y est attelé ce soir avec audace, réinventant pendant plus d’une heure cette odyssée sonore de 1974, non pas comme un simple hommage, mais comme une relecture vivante, mouvante, presque organique.

Dès les premières secondes, Thorsten Quaeschning donne le ton avec une flûte longuement réverbérée qui s’élève. Le signal du départ, ou plutot un plongeon dans un univers où chaque nappe de son semble respirer. Le trio pioche alors dans la matière de Phaedra, déconstruit ses séquences, en ressuscite des fragments pour en révéler la substance.

 

 

[Live Report] Tangerine Dream - 16/10/2025 @Le Sucre, Lyon 1

Sur scène, le dispositif impressionne autant qu’il intrigue. Thorsten alterne entre ses deux claviers Memotron, ressuscitant les timbres analogiques de la grande époque,  et un rack de synthés modulaires placé derrière lui, qu’il rejoint régulièrement pour “traficoter” de nouveaux sons. À voir le nombre de câbles qui s’entremêlent, on imagine le casse-tête d’un tel montage : un véritable organisme électronique.

 

À sa gauche, Paul Frick, concentré et précis, module les textures à travers un Korg D1 et un Electribe. Chaque geste est mesuré, au service de la cohésion globale. Il apporte à l’ensemble une dimension rythmique subtile, une tension constante entre fluidité et contrôle.

 

Hoshiko Yamane, elle, incarne ce lien fragile entre l’humain et la machine. Son violon, tantôt à l’archet, tantôt gratté, se fond dans la matière électronique sans jamais s’y dissoudre. À l’aide d’un petit multi-effet posé à ses pieds, elle varie les textures, injectant par moments une chaleur organique inattendue au cœur du flux synthétique.

Cette première session du soir s’inscrivait dans une veine contemplative, presque introspective. Tangerine Dream a exploré, revisité, Phaedra, en lui insufflant une dimension expérimentale et sensorielle fidèle à l’essence du groupe. C’était un très beau voyage.

[Live Report] Tangerine Dream - 16/10/2025 @Le Sucre, Lyon 2

La seconde moitié du concert a marqué un tournant. Après la lente dérive contemplative de Phaedra, les pulsations se sont faites plus nettes, plus physiques. Les têtes se sont mises à bouger, les corps ont quitté l’immobilité. Même sur scène, les musiciens semblaient animés d’une nouvelle énergie, après l’hommage à un monument, il est temps de se lâcher un peu plus.

 

Avec You’re Always on Time, extrait de Raum, la tension a pris forme. Je ne suis pas spécialiste de leur période récente, mais ce morceau m’a réellement captivé avec une rythmique souterraine, presque cardiaque, qui donne le tempo d’un éveil collectif. Les nappes se déploient, le thème s’installe, persistant, hypnotique. Ce morceau réussit ce que peu d’autres parviennent à faire, mêler le romantisme cosmique de la vieille école à une modernité presque cinématique.

[Live Report] Tangerine Dream - 16/10/2025 @Le Sucre, Lyon 3

Sur un morceau que je ne saurai reconnaître, pur vertige, un solo de “gratte” au clavier, littéralement hallucinant. Les sonorités tranchantes, saturées, rappelaient les excès virtuoses des guitar heroes des années 80, mais tout sortait d’un synthé et c’était bluffant. J’ai senti la salle presque incrédule devant cette démonstration.

 

Le voyage s’est prolongé avec Continuum, une pièce plus rythmique où Paul Frick s’est particulièrement illustré. Derrière son Korg D1, il faisait varier les textures avec une précision chirurgicale, injectant juste ce qu’il faut de tension pour maintenir l’équilibre entre transe et apaisement. Avec Portico, la tension s’est allégée, comme si le trio ouvrait une fenêtre vers un ailleurs plus aérien. Les boucles de Thorsten s’enroulaient sur elles-mêmes, dans un morceau d’électro plus classique, mais au thème étrangement captivant et lumineux.

[Live Report] Tangerine Dream - 16/10/2025 @Le Sucre, Lyon 4

Et puis vint Raum, le morceau qui pourrait sans pression remplacer un Vangelis sur la BO de Blade Runner, en guise de conclusion. Immense, expansif, presque liquide. J’ai pris une baffe. On a eu droit à une vingtaine de minutes supplémentaires de set, offertes comme un cadeau impromptu. Les musiciens semblaient apprécier leur moment.

 

Peu de mots furent échangés, évidemment, Tangerine Dream parle avant tout à travers ses machines. Mais Thorsten prit tout de même un instant pour rappeler que cela faisait plus de vingt-cinq ans que le groupe n’avait pas joué à Lyon. Un clin d’œil sobre, mais chargé de sens. L’accueil du public, lui, ne laissait aucun doute, de l’émotion, de la gratitude et de la fascination.

En revisitant Phaedra avant d’enchaîner sur des compositions plus récentes, Tangerine Dream a relié deux époques, deux visions d’un même infini.  Et le public, lui, formait le reflet parfait de cette continuité avec toutes les générations réunies. Un concert où j’ai eu des frissons à foisons, avec ce sentiment rare d’être à la fois dans le passé et dans l’avenir. Merci à Tangerine Dream d’avoir réalisé l’un de mes rêve d’ado, merci aux Nuits Sonores pour cette programmation audacieuse, et merci à Arty Farty de m’avoir permis de vivre et de raconter cet événement.

Djamel Profil
Djam - Progressive Metalhead

Originaire des Pyrénées, je traine mes pattes dans la scène Rock depuis plus de 20 ans. Je couvre les concerts avec mon vieux réflex d’une main et mon stylo de l’autre, toujours prêt à partager mon opinion. Que ce soit sur scène ou en festival, je balance mes chroniques et live reports capturant l’essence de ma propre expérience.

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