[Live Report] Michael Rother et Steeple Remove – 20/04/2019 à la Maroquinerie @Paris

Le samedi 20 avril 2019 se tenait le concert du trop rare Michael Rother, membre du groupe culte Neu! et fondateur d’Harmonia. La soirée est organisée par Gonzaï à la Maroquinerie. Je dois dire qu’ils ne font pas les choses à moitié. Après la parution d’un magasine contenant un dossier de plus de cent pages sur le Krautrock, ils nous offrent l’une de ses légendes. Pour ceux qui prennent le train en marche, ce terme un brin péjoratif désigne un courant expérimental allemand des années soixante-dix. Kosmische Musik est de fait plus approprié. Par ailleurs, le label Soul Jazz Records a publié une excellente compilation en plusieurs volumes nommée « Deutsche Elektronische Musik ». Le style a influencé le post-punk, le post-rock ou encore la musique électronique. Rien que ça !

Steeple Remove a pour tâche de lancer la soirée. Lorsque j’arrive à la Maroquinerie, la formation a déjà commencé. J’ai tout juste le temps d’attraper une pinte et me placer dans la fosse. A vrai dire, je ne connaissais pas ce groupe originaire de Rouen qui est dans les circuits depuis pratiquement vingt ans. En me renseignant un peu, j’apprends que leur dernier album « Vonal-Axis » a été publié en novembre 2018 sur l’excellent label anglais Fuzz Club Records et que Laurent Garnier a récemment remixé leur morceau « Oval Strii ». Autant dire que sans même écouter, il y un fort gage de qualité. Les sonorités vont du rock à l'électronique en passant par le garage-psychédélique. La voix du chanteur, présente par parcimonie, s’intègre parfaitement à cet ensemble musical. Les parties instrumentales offrent de nombreuses digressions. Autant dire qu’on est bien loin des groupes de rock-électronique sans saveur. Steeple Remove est une belle et agréable surprise. De quoi se plonger sérieusement dans leur discographie.

Lorsque Michael Rother et son groupe arrivent sur scène, la salle est comble. Le concert débute avec la suite Katzenmusik en guise de montée lancinante. Très vite les morceaux de Neu! font leur apparition, à commencer par « Neuschnee » et sa mélodie de guitare entêtante. Les fantastiques « Hallogallo » et « Für Immer » ouvrant respectivement le premier et le second album sont mélangées pour ne faire plus qu’une. Cela semble évident tant le lien est fort entre ces deux morceaux. « Negativeland » et son introduction au marteau piqueur est jouée en hommage au défunt batteur Klaus Dinger. Et quel hommage ! La distorsion se fracasse sur une batterie toujours aussi motorique. Certains morceaux nous rappellent clairement les sensations de la musique électronique. Une sorte de transe commence à se rependre dans le sous-sol de la Maroquinerie.

Hélas, c’est quand l’ambiance commence à monter que le concert se termine. Les quinze dernières minutes ont commencé à faire bouger un public presque trop calme. L’excellente « E-Musik » clôturera en beauté le concert. Ce genre musical mériterait de ne jamais s’arrêter. La répétition en est l’une des caractéristiques principales. C’est à ce moment que l’on se rend compte des influences du Krautrock sur des artistes comme Ripley Johnson, Steven Wilson ou encore John Dwyers pour ne citer qu’eux. Ce sont les premiers noms qui me viennent à l’esprit. En réalité, la liste est beaucoup plus longue et traverse les décennies. Un grand merci à Gonzaï de continuer à organiser des soirées pleines de découvertes. Mais celle-ci avait quelque chose de particulier. Elle a permis de prendre conscience d’où viennent certaines influences passées et actuelles. Après tout, la musique est un puits sans fond. Il faudrait plusieurs vies pour tout explorer.

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