[Live Report] J.C. Satàn, LAME et Pains – 05/08/2018 au festival Vingt sur vingt

C’est dans le cadre du festival Vingt sur vingt, alias le festival le plus cool du monde, que Down By The Reverb a eu carte blanche pour organiser une soirée rock aux relents démoniaques. Au programme, Pains, LAME et J.C. Satàn. Etant arrivé tardivement, j’ai loupé le groupe perpignanais Pains qui jouait à 18H00. Mais une vidéo qui traine sur internet montre la formation reprendre « Révolution » de Spacemen 3. Il ne m’en faut pas plus pour affirmer qu’ils ont bon goût et répondre présent à leur prochain concert. A 21H30 pétantes, le groupe LAME ouvre la soirée avec son blues rock crasseux. Le trio italien se compose de Stefano Isaia à la guitare et au chant, Maria Mallol Moya à la batterie et Massimo Scocca à la guitare. Le concert fut court mais plein d’intensité. La voix de Stefano s’accorde parfaitement aux sonorités garage et rock’n’roll du groupe. L’occasion de découvrir leur dernier album « Alone and Alright ».

 

Il est 22H30 passé et quelques verres tombés quand J.C. Satàn monte sur scène. La formation bordelaise se compose d’Arthur Larrègle à la guitare et au chant, Paula Scassa au clavier et au chant, Dorian Verdier au clavier, Romain Boutin à la batterie et Gaspard Borne à la basse. Comme je l’avais abordé dans ma chronique sur « Centaure Desire » sorti en mars dernier chez Born Bad Records, les morceaux de J.C. Satàn se révèlent en live. Ils se montrent beaucoup plus agressifs et plus étendus avec l’impression que le quintet joue le dernier concert de leur vie. Le coup de maître du groupe est de réaliser des albums "pop" dont les morceaux laissent paraître leur véritable nature sur scène. Satan bouffe clairement J.C., ça se voit, ça s’entend et c’est même rassurant.

Côté setlist, il n’y a rien à dire. On retrouve « Complex Situation », « Satan II », « Lies », « I won’t come back », ou encore « Dragons ». L’enchainement des morceaux est parfait. Le concert monte en intensité aussi vite que l’alcool coule à flot. Je dois avouer qu’il est difficile de restituer la composition exacte de la setlist. Le rouleau compresseur J.C. Satàn m’a atomisé sans que je puisse réfléchir. Souvent, dans les concerts, on a toujours un petit moment d’évasion propice à la réflexion. J.C. Satàn ne laisse clairement pas le temps aux songes. Admirer Arthur torturer sa guitare et Paula lancer des regards démoniaques arrive même à captiver les plus sceptiques. D’ailleurs la voix de cette dernière prend une toute autre ampleur sur scène. L’un des meilleurs groupes de rock français ? En proposant des albums accessibles et des lives aussi sauvages, on doit bien admettre que oui. La puissance des concerts de J.C. Satàn n’est pas sans rappeler celle des Oh Sees ou de Ty Segall.

 

Le festival Vingt sur vingt peut se targuer d’être le plus cool du monde. Une programmation éclectique, un prix d’entrée accessible à tous et un cadre des plus agréable sont des arguments de taille. L’organisation Down By The Reverb s’impose peu à peu comme incontournable dans le paysage rock local. Faire passer en quelques mois d’intervalle, dans les Pyrénées Orientales, Paint Fumes, King Khan & The Shrines, XYZ et J.C. Satàn force le respect. Quant à J.C. Satàn, ils propulsent à eux seuls le rock francais dans les hautes sphères. N’en déplaise à certains comme les passéistes ou les insulaires fanatiques nordiques vivants sur le continent, le rock made in France actuel a de beaux jours devant lui.

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