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Chronique

[Chronique] Oceans Of Slumber – Oceans Of Slumber

Un 4e opus qui part tout droit vers l'un des meilleurs albums de l'année.

Oceans of Slumber est un groupe de Texans qui est mené par Cammie Gilbert, une chanteuse afro-américaine qui sévie dans le groupe depuis 2014. Le succès fulgurant des américains en doit beaucoup à sa figure de proue, dont le charisme et le talent lui a dernièrement ouvert les portes de Ayreon. Après un The Banished Heart d'excellente facture produit en 2018, Oceans of Slumber revient avec une nouvelle galette qui, sans aucuns doutes, laissera une trace dans leur jeune discographie.

Un Doom/Death/Prog Metal 5 étoiles

En démarrant par "The Soundtrack to My Last Day", les texans me rappelle cette ambiance façon triste mélodie que l'on retrouverait dans un album d'Opeth (par ailleurs la comparaison ne s'arrêtera pas là). Les passages de guitares acoustiques rappelleront évidemment le mythique groupe suédois cité précédemment. La douce voix de Cammie ajoute un aspect éthéré qui tranche avec le chant guttural. Double pédale, palm mutting, la panoplie du Death Metal est également inclue au passage, c'est gratuit. Avec 7:35 premières minutes variées, je retrouve la patte qui fait tant mouche avec Oceans of Slumber. Une entrée en matière riche en saveur, qui navigue entre fragilité et énergie démesurée. J'adhère.

"Pray for Fire" est un titre qui visiblement fera plus appel à la sensibilité de chacun. Mon oreille ne peut se détacher de cette voix riche en soul, la tonalité unique de Cammie accompagnée par des riffs de guitares non envahissants donnent beaucoup d'espace à la voix. Telle une poésie, le morceau se délivre progressivement pour devenir plus sauvage dans sa deuxième partie. Le final aux tons incantatoires solidifie la qualité du morceau. "A Return to the Earth Below" est un titre que j'ai pas mal poncé avant la sortie de l'album. J'ai pas pu attendre, me fallait ma dose alors j'ai essayé de me faire un avis ce qu'allait nous livrer Oceans of Slumber en décryptant ce single diffusé sur Youtube. Le titre regorge de qualités et présente le talent (encore une fois) de cette lead singer unique. Le morceau se ressent crescendo avec un climax émotionnel parfaitement exécuté.

Du gros son, encore du gros son

Courte interlude avec "Imperfect Divinity" avant de se lancer du gros Death avec "The Adorned Fathomless Creation". Ce titre balance en 30 secondes une bonne baffe qui rappellera que les texans maîtrisent le Metal Extrême. Tout en maintenant cette alternance voix gutturale / voix claire, le morceau offre une dimension dramatique à l'album. Bestial, violent, menaçant, cette pièce fait office d'œuvre centrale dans l'album et sera sans doute le titre le plus impressionnant. Sans oublier l'excellent solo de guitare, les blast beats ravageur et le riff final qui donne une leçon à tous les groupes de Death qui essaient de se la jouer vintage, non y'a rien à dire, "The Adorned Fathomless Creation" frappe fort. "To the Sea" avec ses airs de ballade s'appuie sur des nappes de claviers et laisse la place centrale aux vocales. Un morceau qui reste de bonne facture et s'inscrit naturellement dans le flow de l'album. Pas celui qui me semble le plus mémorable, quand bien même la touche blues/chant du mississipi (ou quelque chose comme ça) donne du cachet au titre.

"The Color of Grace" est un titre où l'on retrouve Mick Moss de Antimatter, deux voix d'aussi bonne qualité dans un seul morceau ça ne peut que bien se passer non ? C'est bien le cas, le morceau est assez planant, la voix de Mick est un parfait complément à celle de Cammie. Ce duo de vocalistes colle parfaitement aux besoins du titre, celui-ci ne cherche jamais à tromper son auditeur et reste facilement abordable. "I Mourn These Yellowed Leaves" est le morceau le plus long de l'album, sans être le plus original de la discographie du groupe, il reprend tous les codes chers aux Texans, du Death, du Prog, du Doom et du Lyrique. Le deuxième interlude "September" offre une bouffée d'air avant le "Total Failure Apparatus" bien plus plongé dans la double pédale énervée. Certains passages plus symphoniques rappellerons un bon Dimmu Borgir. La section finale du titre ne se cache pas d'embrasser totalement l'univers du Black Metal. Et ça, ça titille des pulsions en moi que je ne saurai trop qualifier, mais c'est de la très bonne came.

Pour clôturer l'album, Oceans of Slumber remet en avant la voix tonique de Cammie sur "The Red Flower" et s'adonne à ce qui est une petite habitude, la cover ! "Wolf Moon" est une cover de Type O Negative. Etant du groupe O mais pas spécialement un auditeur de Type O Negative, je jugerai la qualité du titre par son écoute tout simplement, et je dois noter que l'utilisation d'un hang (une percussion inventée par un suisse je crois, ça offre de belles harmoniques) est une excellente idée. D'ailleurs le groupe a déjà produit l'une des meilleure cover de tous les temps avec "Nights in White Satin" et prouve qu'il excelle dans ce style d'exercice.

En bref, ce 4e opus offre du Oceans of Slumber sans concessions. Il y a de la beauté, de la violence et de la mélancolie, l'album est profond, loin des caricatures de groupe de Metal à frontwoman dont l'originalité n'a d'égal que le néant. Bonus : le package vinyle est à la hauteur des attentes, double LP + Cd inclus pour la modique somme de 20 balles, voilà bien un groupe qui se fout pas de ta gueule (ou le distributeur, va savoir qui fixe les tarifs).

 

Note de la rédaction : 4,5/5

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