[Chronique] L’Epée – Diabolique

 

Pour ceux qui suivent l’histoire depuis le début et qui s’intéressent aux Brian Jonestown Massacre et aux Limiñanas, cette collaboration n’est pas le fruit du hasard. Ce nom, L’Epée, imaginé par Anton Newcombe, a une connotation diabolique comme en témoigne la pochette. Et cela tombe bien, c’est le nom de l’album. Les quatre artistes ont déjà collaboré à plusieurs reprises. Emmanuelle Seigner sur le morceau « Shadow People » et Anton Newcombe, plus largement, sur la dernière production des cabestanyencs. Une certaine harmonie se dégage de l’album. Les touches personnelles de chacun fusionnement dans un ensemble cohérent. On pourra reconnaitre la touche Brian Jonestown Massacre comme la touche Limiñanas mais les dix titres de « Diabolique » ont une âme à part entière.

« Une lune étrange » ouvre ce bal nocturne et annonce d’emblée la couleur. Le morceau « Lou » prend la suite avec des sonorités mystiques et obscures. Les paroles sont signées Bertrand Belin tout comme « Grande » et « On Dansait avec Elle » sur laquelle il vient poser sa voix. Les percussions de ces deux pistes ne sont pas sans rappeler certaines sonorités de « Their Satanic Majestie’s Second Request ». Anton a toujours eu un faible pour les instruments exotiques. Le morceau « La Brigade des Maléfices » conte l’histoire de nos protagonistes, véritable fil directeur d’une approche cinématographique. « Springfield 61 » est le titre le plus enjoué de l’album, le refrain est entêtant et le coup de feu vise en plein dans le mille.

En juin dernier on a eu l’occasion d’écouter les morceaux « Dreams » et « Last Picture Show ». Immédiatement l’étiquette « yé-yé » a été placardée sur l’Epée. Alors évidemment, sur « Dreams », on peut y trouver certaines influences dans les vocalises, mais c’est bien réducteur par rapport au reste de l’album. Que dire lorsque l’on écoute « Un Rituel Inhabituel » qui promet une ampleur sonore sur scène à vous projeter en orbite ? « Ghost Rider » est également bien planante avec ce refrain épique et la voix d’Emmanuelle Seigner toujours sur le fil du rasoir. Le solo laisse apparaitre le jeu d’Anton Newcombe sans aucune hésitation. Le dernier coup de lame est donné sur « Last Picture Show » qui conclu cette épopée de manière fracassante.

« Diabolique » est une belle surprise. On a le sentiment profond que l’on est plus sur une entreprise collaborative qu’un supergroupe. L’album est homogène et s’écoute d’une traite avec la folle envie d’y retourner. C’est véritablement un petit bonbon acidulé. Lorsque que l’on connait les personnages, on sait que la démarche est sincère. Les mauvaises langues peuvent trouver à redire mais la passion et l’amitié se ressentent dans la musique. La tournée européenne commence le 30 novembre à Zurich pour se terminer le 20 décembre à Perpignan. Nous étions présents lors du premier concert au Lévitation France le 21 septembre. Concert qui fera l’objet d’une chronique prochainement. Reste à savoir si L’Epée sera une parenthèse ou un projet à plus long terme. Quoiqu’il en soit, le vinyle risque de tourner sur les platines jusqu’à la fin de l’année. L’automne 2019 sera diabolique ou ne sera pas.

La note de la rédaction
La note des lecteurs
[Total: 2 Moyenne: 4]
The following two tabs change content below.
What a long strange trip it's been

Derniers articles parBertrand (voir tous)

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.