Après 5 ans de travail, le serbe David Maxim Micic revient en force avec Bilo IV.
Bilo (que l’on pourrait traduire par « Battement de cœur ») est une suite, une 4e partie, 9 ans après un Bilo III extrêmement bien réussi et qui ne prend pas de rides, écoutes après écoutes.
La grande force de David est, en plus de son talent guitaristique absolument hors norme, de transmettre beaucoup d’émotions à travers ses compositions. Les constructions, à la fois cinématiques et au parfum parfois oriental, relèvent à mes yeux du génie, tout simplement.
![[Chronique] David Maxim Micic - BILO IV 2 [Chronique] David Maxim Micic - BILO IV 1](https://www.noise-injection.com/wp-content/uploads/2022/12/Bilo-IV-Album-1024x377.jpg)
Pour introduire sa nouvelle pépite, David offre une orchestration calme et aérée, le doux piano sur Crumbs invite à prendre le temps, se relaxer avant une écoute attentive, une excellente idée pour permettre à l’auditeur de se mettre en conditions. Of Bliss qui suit le premier titre introduit la gratte électrique. David, qui joue désormais chez Kiesel (anciennement la marque américaine Carvin), n’a pas perdu de sa tonalité si typique, une guitare qui peut s’avérer lourde quand il le faut, mais totalement subtile et riches en harmoniques la majeure partie du temps.
Itch_naOin_ ou quelque chose comme ça, est un morceau qui m’a tout de suite rappelé Jakub Zytecki. Les deux larrons se connaissent bien, ils ont par ailleurs déjà collaboré en semble. Ce premier « vrai » morceau de l’album sonne donc étonnamment différent, dans sa première moitié, de ce que le serbe a proposé jusqu’alors. La deuxième partie du morceau est plus expérimentale mais aussi plus intense, le lead guitar est d’abord amené par des napes électroniques avant d’être bien relevé par des guitares rythmiques assez simplistes. La dernière minute met en lumière les racines serbes de David, j’adore ce phrasé mélangeant parfaitement sonorités orientales et occidentales.
Dx2 is me, je le connaissais déjà et il m’avait bien hypé lors de sa mise en ligne il y a 3 mois. Un excellent teaser pour ce nouvel album. Pourtant c’est loin d’être le titre qui m’a le plus mis une claque à l’heure de faire le bilan de cet opus. Evidemment pas de soucis sur les qualités du titre, elles sont présentes à foison, dont notamment la gratte technique lors des parties solos, toujours au service de la mélodie. Le seul petit défaut que j’aurai à mentionner, me semble être la guitare rythmique qui manque d’originalité. Par contre, les effets sur la guitare lead sont magnifiques, comme par exemple, certains moments très aérées, genre tu peux croire entendre un synthé si tu ne fais pas trop gaffe. J’adhère à fond sur le final, j’ai pu ressentir tout le feeling de David derrière sa gratte, ce type te parle avec sa gratte en toute transparence et visiblement il n’a rien à cacher.
![[Chronique] David Maxim Micic - BILO IV 3 Bilo IV Artwork](https://www.noise-injection.com/wp-content/uploads/2022/12/Bilo-IV-Artwork-1024x1024.jpg)
Avec Of Grief on a droit à une petite interlude acoustique, très imagée par ailleurs, ce qui renforce encore le côté cinématique de l’œuvre. Fading Memories débute son récital avec un beau piano, je crois entendre les souffles de respiration de David, on est posé là, juste à côté de son piano, en toute intimité. Puis la guitare acoustique, la contrebasse, les cuivres et les violons prennent leurs envols. C’est beau. C’est aussi très mélancolique.
Jusqu’ici, l’album est purement instrumental. Away change la donne avec l’arrivée de la muse de David, je présente : Aleksandra Djelsmash (Destiny Potato / Sordid Pink). Aleksandra nous pose ainsi la question « Are we there yet ? », David répond avec des gros riffs de guitares bien Metal Prog entourés de chœurs et de nappes de claviers. On est typiquement dans un univers à la Devin Townsend, du coup je kiffe.
Cry c’est les retrouvailles avec Vladimir Lalic. Ce gars est un chanteur très talentueux, je lui trouve des similarités avec Devin Townsend que je viens tout juste de mentionner, autant dire que je parle de haut niveau. Le morceau démarre sagement, Vladimir fait parler sa voix claire, d’abord sur un piano rythmé, puis sur les riffs accrocheurs de David. Le morceau prend une dimension résolument Progressive. La gratte rugit et envoie des coups de bourrins dans les tympans. Quand Vladimir hausse la voix, c’est les chocottes, ça gueule fort mais avec une tenue de voix extraordinaire. La deuxième partie du morceau nous offre à nouveau, pour un instant, la belle voix d’Aleksandra. La guitare de David, très inspirée du jeu d’Animals as Leaders soutient parfaitement la présence de la chanteuse. Le final, avec des chœurs et des instruments à vents avant de réintroduire Vladimic est majestueux. Quelle puissance !
![[Chronique] David Maxim Micic - BILO IV 4 David Maxim Micic Live Bilo IV](https://www.noise-injection.com/wp-content/uploads/2022/12/David-Maxim-Micic-Live-Bilo-IV-1024x683.jpg)
Moment reposant avec of hope, David s’introduit avec une guitare électrique plutôt douce et calme. Puis, quand la saturation entre en jeu, les riffs sont bien plus grandiloquents. Le dernier tiers est parfait, les riffs, tout en progression, accompagnent ce qui semble être une guitare lead (encore une fois on pourrait croire à un synthé) qui me ferait presque penser à un lead d’Interstellar. La batterie, mixée façon « lo-fi » ajoute du caractère au morceau. Pas mal du tout.
Le titre Wedding, le plus long de l’album, est probablement mon favori. L’introduction reprend quelques samples de voix déjà entendues sur la discographie de David (certainement Dunja Markovic ou Aleksandra Radosavljevic, bref on reconnait là des traces de Daydreamers sur Bilo III). Puis d’un coup : Quel riff ! Un Palm muting de dingo, le son de la basse distordue est malade, sah quel plaisir ! Aleksandra Djelmash revient sur le devant de la scène pour appliquer toute sa palette vocale, dont notamment sa puissante voix qui sature légèrement. Que dire de son chant sur le dernier tiers, un phrasé jazzy à souhait, j’ai les frissons. Et le final ? Bah bordel, une batterie qui tabasse les fûts façon marche militaire, un saxo tranquille pépère qui se promène, un solo de guitare somptueux, sans oublier les notes qui reprennent Wrinckle Maze du précédent Bilo. Oui je ne peux m’empêcher d’augmenter le volume de façon déraisonnable.
Et c’est le moment de se retrouver à la fin de l’album, Are We There Yet ? Aleksandra, se présente cette fois-ci presque dans un style Pop Rock. On retrouve une petite touche d’accordéon, un instrument présent dans nombreuses œuvres du serbe. La progression de ce morceau est un sans-faute. Sur la fin du titre, David semble partager un enregistrement discret de son bébé, c’est mignon et donne un sens profond à cette question Are We There Yet ?
Album en écoute gratuite sur Youtube ou BandCamp
Quel album ! On retrouve des gimmicks à foison, des inserts de mélodies du précédent Bilo me rappellent que l’histoire de cet album, de cette vie, est un chemin qui continu d’être parcouru.
Il y a beaucoup de sérieux dans cet album, énormément d’émotions et de sueurs, des sentiments forts (perte d’un parent, mariage, arrivée d’un enfant, etc.) Un ascenseur émotionnel de 53 minutes somptueux et prenant. De fait, il y a moins de folies que sur les précédents opus, c’est un album mature réalisé par un artiste accompli. La progression de l’aventure sur cet album est impeccable. La première partie fait la part belle à un subtil piano et de nombreuses ambiances relaxantes. La dernière demi-heure plonge plus facilement dans un univers Rock/Metal d’une richesse tout bonnement incroyable.
Merci David pour ce partage de soi, cet album est conçu pour toucher au coeur l’auditeur, et c’est franchement une magnifique réussite. 5* c’est un minimum.
![[Chronique] David Maxim Micic - BILO IV 5 Djamel Profil](https://www.noise-injection.com/wp-content/uploads/2024/02/Retoucheprofile-pic-enhance-faceai-sharpen.jpg)
Originaire des Pyrénées, je traine mes pattes dans la scène Rock depuis plus de 20 ans. Je couvre les concerts avec mon vieux réflex d’une main et mon stylo de l’autre, toujours prêt à partager mon opinion. Que ce soit sur scène ou en festival, je balance mes chroniques et live reports capturant l’essence de ma propre expérience.


![[Chronique] David Maxim Micic - BILO IV 1 Chronique BILO IV David Maxim Micic](https://www.noise-injection.com/wp-content/uploads/2022/12/Chronique-BILO-IV-David-Maxim-Micic.jpg)

![[Chronique] Textures - Genotype 6 Chronique Textures Genotype](https://www.noise-injection.com/wp-content/uploads/2026/01/Chronique-Textures-Genotype-120x86.jpeg)