[Chronique] Bryan’s Magic Tears – 4 AM

Après un album sobrement intitulé « Bryan’s Magic Tears », le quintet parisien revient avec un second essai publié chez Born Bad Records qui a l’habitude des sans-fautes. Le groupe comprend des membres de Dame Blanche, La Secte Du Futur et Marietta. Des noms connus de ceux qui fréquentent les soirées rock de la capitale. Du beau monde en somme. Les Bryan’s Magic Tears sont déjà passés dans plusieurs festivals réputés comme la Villette Sonique, Le Levitation Festival ou encore le Paris International Festival Of Psychedelic Music. Deux ans après, « 4 AM » voit le jour. Dès les premières notes on sent que les fondations sont solides.

Le mixage de l’album est plus maîtrisé que le précédent. Les sonorités shoegaze et les envolées dream-pop ne sont pas sans rappeler une partie injustement boudée des années 90’. La distorsion enveloppe l’auditeur de sentiments tantôt mélancoliques, tantôt solaires. C’est en réalité un parfait équilibre entre les deux. Le morceau « Guetto Blaster » ouvre l’album avec un riff incisif. L’excellente version, il faut le reconnaître, de « Marry Me », nous plonge dans une calme ambiance de fin de monde avant de balancer une basse bien lourde et une tambourine filante. Le morceau « Change », qui dure plus de huit minutes, annonce la couleur dès les premiers impacts. Le refrain est clairement addictif et le final, un joyeux bordel entraînant.

Les morceaux sont gorgés de nombreuses subtilités. Les larsens prennent aux tripes, les mélodies poussent à la rêverie et les claquements de basse nous invitent à bouger. Après un déluge sonore, « 4 AM » nous fait voyager au cœur d’une fin d’après-midi ensoleillée. L’enchaînement avec les grooves de « Sweet Jesus » tombe à pic. Le rythme repart de plus belle avec « Slamino Day » et ses digressions hypnotiques. La mélancolie est plus en retrait sur cette seconde partie de l’album. Le chant monte plus haut tout en restant fondu avec le reste des instruments. Les mélodies vocales sont d’ailleurs l’une des principales réussites des compositions. Pour terminer, l’album se pose en douceur sur « Oscillo Trail ».

Avec « 4 AM » les Bryan’s Magic Tears visent juste. Ils nous proposent des sonorités souvent empreintes aux groupes anglo-saxons. L’album est cohérent et invite à y retourner. La sensation de spleen qui s’en dégage fini par devenir addictive. C’est encore une énième preuve que le rock français se porte bien. Il est fort probable que le groupe n’inonde pas les ondes radios. Mais pendant que les majors saccagent le rap et la musique électronique ou essaient de nous faire croire que Led Zeppelin tourne encore, l'essence même du rock demeure. Lorsque des déchets flottent à la surface, mieux vaut rester dans les profondeurs, de nombreux trésors s’y cachent. Bryan’s Magic Tears en font partis.

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What a long strange trip it's been

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